Gérer son risque de survie

Publié le 13/12/2019 à 07:46

Gérer son risque de survie

Publié le 13/12/2019 à 07:46

Par Institut québécois de planification financière
Deux retraités devant un conseiller

(Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. En planification financière de la retraite, il y a plusieurs risques à considérer et à gérer : risque de volatilité des placements choisis (risque de perte), risque d’inflation (si les placements choisis ne génèrent pas assez de rendement), risque de perte d’emploi ou d’invalidité (qui affecterait la capacité d’épargner), risque de divorce (qui pourrait avoir un impact très négatif sur l’épargne retraite)...

Parmi tous ces risques, il y a en un qui est fréquemment oublié ou ignoré : le risque de survie. Il peut sembler contre-intuitif de parler de risque de survie, et les risques cités plus haut apparaissent sûrement plus… risqués! Toutefois, si une bonne portion de vos revenus de retraite proviennent de vos propres actifs, vous devriez absolument vous soucier du risque de survie, c’est-à-dire le risque d’épuiser votre épargne retraite avant le décès, donc de survivre à votre épargne.

Le risque de survie se gère essentiellement de deux façons :

• en augmentant la proportion des revenus de retraite provenant de sources garanties et récurrentes

• en planifiant selon un âge approprié d’épuisement du capital

Augmenter la proportion des revenus de retraite provenant de sources garanties

On n’a pas tous le privilège de participer à de généreux régimes de retraite à prestations déterminées. Si ce n’est pas le cas, il y a tout de même deux options disponibles.

La première est de convertir une portion de ses épargnes en revenus viagers. Une telle conversion peut se faire par l’acquisition d’une rente viagère. Ces rentes sont payables tant et aussi longtemps que la personne reste en vie. Le budget fédéral 2019 présentait justement une nouvelle possibilité en ce sens : la rente viagère différée à un âge avancé (RVDAA). Le paiement de cette RVDAA pourrait commencer aussi tard qu’à l’âge de 85 ans. Ce même budget fédéral présentait aussi une nouvelle option réservée cette fois aux participants de régimes de retraite à cotisations déterminées : la rente viagère à paiement variable (RVPV). Enfin, sachez que l’acquisition d’une rente viagère peut constituer une bonne stratégie, mais elle peut s’avérer relativement coûteuse dans le contexte actuel de taux d’intérêt très bas.

La seconde option consiste à reporter le paiement des prestations des programmes de retraite gouvernementaux que sont le Régime de rentes du Québec (RRQ) et la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV). On peut reporter ces deux prestations jusqu’à un âge maximal de 70 ans. Leur report viendra bonifier leur montant de 7,2 % par année de report pour la PSV et jusqu’à 8,4 % par année de report pour le RRQ (attention à ceux qui ont cotisé peu d’années au RRQ, la bonification effective sera plus faible). Si vous reportez le paiement de ces prestations, vous devrez certes retirer des sommes plus importantes de vos propres épargnes au cours des premières années de retraite pour compenser, mais vous pourrez ensuite compter sur des revenus à vie, pour une proportion plus importante de vos revenus de retraite.

Âge approprié d’épuisement du capital

En planification de la retraite, une hypothèse sera fondamentale aux calculs : l’âge d’épuisement du capital. On pourrait penser qu’il faut utiliser l’espérance de vie pour établir l’âge auquel le capital retraite s’épuisera, dans les projections financières. L’espérance de vie est une donnée statistique qui se base sur un âge futur auquel 50 % des membres d’un groupe homogène (même âge atteint, même sexe) seront décédés. Par exemple, si on dit que l’espérance de vie d’un homme de 65 ans est de 24 ans, cela signifie que sur un groupe de 1 000 hommes de 65 ans observés aujourd’hui, 50 %, donc 500, devraient être décédés à 89 ans. Si on planifiait la retraite d’un enfant naissant, ce qui devrait être quand même assez rare, on utiliserait l’espérance de vie à la naissance. Comme cet exercice, assez théorique, aurait peu de valeur, on parle plutôt ici de l’espérance de vie de quelqu’un qui a déjà atteint l’âge de 65 ans.

Cependant, utiliser l’espérance de vie comme date cible d’épuisement des actifs expose à un certain risque (ou un risque certain!), puisque, statistiquement, 50 % des gens devraient dépasser cette durée. Cela implique qu’une planification de retraite basée sur l’espérance de vie aurait essentiellement une chance sur deux de ne pas tenir la route. La survie constitue donc réellement un risque financier à considérer pour la retraite.

Pour gérer ce risque, il serait prudent d’ajouter quelques années à l’espérance de vie dans la planification de la retraite. Cette nouvelle durée, c’est la durée raisonnable de décaissement. Elle représente un âge auquel 75 % (et non 50 %) des membres d’un groupe homogène (même âge atteint, même sexe) seront décédés. Une planification de retraite basée sur la durée raisonnable de décaissement plutôt que sur l’espérance de vie n’aurait que 25 % des probabilités de ne pas tenir la route et donc, à l’inverse, 75 % de chance de tenir la route.

Vous voulez en savoir un peu plus sur l’espérance de vie et la durée raisonnable de décaissement, et même calculer les vôtres ? L’IQPF a un outil en ligne pour ça!

En conclusion

Le décès constitue évidemment un risque, mais au moment de la retraite, la survie (ou la trop longue survie) constitue également un risque qu’il faut gérer. Pensez-y : préférez-vous posséder encore des épargnes lorsque vous mourrez, ou passer les dernières années de votre vie sans épargnes et avec un niveau de vie grandement diminué ?

 

Martin Dupras, A.S.A., Pl. Fin., M. Fisc., ASC

 

 


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