Avez-vous l'étoffe d'un day trader?

Publié le 31/10/2009 à 00:00

Avez-vous l'étoffe d'un day trader?

Publié le 31/10/2009 à 00:00

Qui n'a jamais rêvé de quitter un emploi ennuyeux pour tenter de faire fortune en gérant ses placements au quotidien dans le confort de son foyer ? L'idée de gagner un revenu en pariant le matin qu'un titre va monter et en encaissant un gain à la fin de la journée est alléchante.

Il faut dire que des exemples illustres donnent l'eau à la bouche. Des propriétaires de fonds spéculatifs milliardaires comme John Paulson et Steve Cohen ne sont rien d'autre que des day traders qui ont connu beaucoup de succès. Ce succès a amené des investisseurs à leur confier leur épargne. Aujourd'hui, ces gestionnaires de fonds sont en mesure de réclamer des frais de gestion élevés qui leur assurent un niveau de vie supérieur à la majorité des Américains. On rapporte que Steve Cohen dispose d'une patinoire intérieure dans sa maison de Greenwich, au Connecticut.

Ces cas sont évidemment exceptionnels, mais la possibilité de tirer un certain revenu d'une approche de placement à court terme est à la portée du commun des investisseurs, à condition de faire ses devoirs. Et se rappeler bien sûr que pas plus qu'un autre moyen de s'enrichir, la spéculation sur séance (day trading) ne propose de formule magique.

Assurez-vous de maîtriser les rouages de la négociation

 Pour Réjean Paul, président de DayTrader Canada, une entreprise qui offre de la formation aux investisseurs actifs, la profession de day trader n'est pas différente d'autres professions mieux connues. " C'est comme si on veut être avocat, médecin ou journaliste. Il faut avoir des connaissances, et ce n'est pas tout le monde qui est appelé à devenir une vedette ", explique-t-il.

Le danger du day trading est que, contrairement aux professions dont les barrières à l'entrée sont évidentes (admission à l'université, embauche par un employeur), il est apparemment possible pour tout le monde d'aller chercher un revenu supplémentaire en effectuant quelques clics de souris, dit M. Paul.

En théorie, vous n'avez besoin d'aucun diplôme pour exceller dans la négociation d'actions. L'ouverture d'un compte en ligne se fait en quelques étapes, et en moins de deux minutes, vous êtes en mesure d'acheter ou de vendre une panoplie de titres sur les marchés. Personne ne vous dira si vous avez tort ou raison de penser qu'une action va s'apprécier au cours des prochaines heures. Personne ne vous dédommagera si vous y engloutissez des milliers de dollars...

Réjean Paul souligne que la Bourse a beaucoup évolué au cours des dernières années; il est presque impossible d'y réussir à court terme sans avoir reçu une formation sur le fonctionnement d'opérations relativement complexes, comme l'achat d'options pour se couvrir en cas de placement erroné ou encore la vente à découvert de titres.

La connaissance de ces procédés est cruciale parce qu'elle vous permet de mieux gérer le risque en combinant la prise de positions longues et courtes dans votre portefeuille. C'est-à-dire que vous ne perdez pas tout si les marchés montent ou baissent. Vous gagnez même parfois si les marchés baissent.

" La profession de day trader est stressante seulement pour les gens qui ne gèrent pas le risque correctement ", explique M. Paul.

Il donne l'exemple d'une vente à découvert qu'on effectuerait sans prendre d'options pour freiner une éventuelle hausse du titre sur lequel on la pratique.

Les qualités du bon négociateur

Pour être un bon négociateur, il faut aussi posséder des qualités qui ne sont pas nécessairement enseignables, avance Réjean Paul. Parmi celles-ci, il mentionne la discipline, la rigueur, la curiosité intellectuelle et la capacité de se remettre en question.

" À la Bourse, tout change très vite. Ce qui a fonctionné dans le passé risque de ne plus fonctionner dans l'avenir ", dit-il. Pour les gens intéressés par la spéculation sur séance, M. Paul suggère une approche progressive. Demandez-vous d'abord quelles sont vos ambitions. Vous voulez acheter une poignée de titres auprès d'un courtier à commission réduite et les conserver plusieurs années ? Dans ce cas, vous n'avez pas besoin de connaissances exhaustives sur le fonctionnement des marchés au quotidien, et vous feriez mieux de vous concentrer sur l'analyse fondamentale d'entreprises.

En revanche, si vous désirez adopter une approche de placement véritablement active, vous gagneriez à explorer les arcanes de l'analyse technique et surtout quantitative, laquelle est " le nerf de la guerre ", selon M. Paul. C'est cette technique qui permet de profiter au maximum des tendances des marchés à court et moyen termes, selon lui.

Vous auriez tort également de vous lancer tête baissée dans la spéculation sur séance. Commencez plutôt en ouvrant un compte fictif auprès de votre institution, de façon à jauger et de peaufiner vos habiletés sans y perdre votre chemise.

Réjean Paul ajoute que seulement 20 % de ses anciens étudiants pratiquent la spéculation sur séance à temps plein et en tirent l'essentiel de leurs revenus. Les autres sont des gens qui conservent une autre profession et qui négocient au jour le jour en plaçant des ordres de transaction au début ou à la fin de la journée.

En effet, la technologie permet aujourd'hui de placer à l'avance des ordres de transaction en mettant des balises strictes sur le prix qu'on est prêt à payer un titre. L'ordinateur fait donc des opérations pour nous pendant la journée sans qu'il soit nécessaire d'être devant l'écran.

Tenté de gérer vous-même vos placements ? L'aventure peut être rentable, mais exige de la rigueur. Cette série de six articles vous donnera tous les outils pour éviter de commettre de coûteuses erreurs.

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