Les courtiers immobiliers contre-attaquent

Publié le 17/12/2014 à 12:00

Les courtiers immobiliers contre-attaquent

Publié le 17/12/2014 à 12:00

Par Nafi Alibert

La montée des services de vente de propriétés sans agent rend les courtiers immobiliers nerveux. Autrefois incontournables, ceux-ci doivent maintenant justifier les avantages de passer par leurs services. Que gagne-t-on à faire affaire avec un courtier ?


Le torchon continue de brûler entre les courtiers et les sociétés qui offrent des services d’affichage et d’accompagnement à moindre coût aux propriétaires désirant vendre leur maison. Le dépôt d'une nouvelle requête en autorisation en recours collectif déposée cette fois par la Fédération des chambres immobilières du Québec accuse en effet DuProprio de « publicité trompeuse et concurrence déloyale ».


Des prix incomparables


« La requête se base principalement sur le fait que DuProprio promet des montants précis d’économie qui sont à notre avis à la fois exagérés et impossibles à supporter », commente Manon Stébenne, directrice des communications et des relations publiques à la Chambre immobilière du Grand Montréal.


C'est que les entreprises de service sans intermédiaire marquent effectivement un point en offrant des tarifs beaucoup plus bas aux propriétaires.


« Notre forfait le plus cher coûte moins de 1 000 $, peu importe le type de propriété mis en vente », annonce Marco Dodier, chef de direction chez DuProprio.


On est donc bien loin du 5 % du prix de vente (plus taxes) couramment exigé par les courtiers (compter des frais de 11 000 $ pour une propriété vendue à 200 000 $).


Manon Stébenne, de la Chambre immobilière du Grand Montréal (un organisme qui représente les courtiers immobiliers), apporte toutefois une nuance à cet avantage sur le plan économique.


« Si un consommateur dit avoir économisé 5 % de commission mais qu’il a vendu sa propriété 10 % moins cher parce que son prix a été mal fixé, que sa mise en marché a été déficiente, ou tout simplement parce qu’il a consenti à réduire son prix à la demande de l’acheteur, il n’a pas économisé 5 % avec DuProprio, mais bien perdu 5 %! », s’exclame-t-elle.


Différence de prix… même qualité de service?


Vendre sans intermédiaire ne revient pas pour autant à vendre son bien tout seul. Au même titre que les courtiers, les sociétés comme DuProprio offrent à leurs clients de la visibilité et un accompagnement tout au long du processus, car la vente d’une propriété nécessite un minimum de connaissance en immobilier.


« Lorsqu’on vend un bien par l’intermédiaire d’un courtier, on lui laisse la responsabilité de nous représenter, or les propriétaires sont souvent les mieux placés pour parler de leur propre domicile », prétend M. Dodier, qui met de l’avant l’importance de laisser au vendeur le contrôle de sa vente.


De son côté, Mme Stébenne explique respecter le choix des consommateurs qui préfèrent ne pas recourir à l’expertise de courtiers, mais elle tient à ajouter qu’un courtier est un professionnel qui garantit le bon déroulement des choses jusqu’à la transaction. « Le vendeur obtient plus de sécurité, car le savoir-faire et les compétences du courtier sont incontournables ».


Les courtiers : plus efficaces?


« De la mise en marché aux visites en passant par la gestion des offres ou la gestion des papiers, vous économiserez du temps en faisant affaire avec un courtier », avance Manon Stébenne.


Mais pour Marco Dodier, l’idée selon laquelle les courtiers immobiliers réussissent à vendre les propriétés plus vite est une « fausse impression », car les délais de vente sont d’abord influencés par la conjoncture économique, la mise en marché, le prix et la qualité des propriétés.


« C’était vrai, mais à une autre époque où les courtiers étaient quasiment les seuls à pouvoir garantir la visibilité du bien mis en vente. Aujourd’hui, avec Internet, ce n’est plus du tout le cas », justifie-t-il avant de spécifier que le site DuProprio est arrivé en tête du palmarès des sites les plus visités dans le domaine immobilier au Québec pendant les 11 premiers mois de l’année, comme en attestent les statistiques de la maison de recherche Comscore Media Metrix, qui mesure l’audience des sites en ligne.


L’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec avait aussi tenté d’attaquer DuPriorio en justice à deux reprises, mais sans succès.


La société avait alors été accusée d’offrir un service de courtage sans autorisation, or DuProprio a toujours revendiqué offrir un service particulier qui n’a rien à voir avec ceux d’un intermédiaire. Bref, une affaire à suivre…


 

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