Avez-vous peur du conseiller financier?

Publié le 29/05/2015 à 09:00

Avez-vous peur du conseiller financier?

Publié le 29/05/2015 à 09:00

Certains investisseurs opposent une résistance farouche à l'idée de consulter un conseiller financier depuis les scandales hyper médiatisés impliquant Vincent Lacroix et Earl Jones. Dommage, car ils se privent d’un précieux allié.

« 99,6 % des conseillers inscrits à l’AMF n’ont jamais causé de problème, annonce d’emblée Sylvain Théberge, porte-parole de l’Autorité des marchés financiers (AMF). De façon générale, ces professionnels sont des gens tout à fait honnêtes qui sont soumis à des obligations envers leurs clients », assure-t-il.

Paul Levasseur, conseiller depuis 15 ans chez SFL placements, est bien d’accord. « On ne parle pas des milliers de belles relations de confiance dans les journaux », se désole-t-il. « Pour ma part, j’essaie d’amener mes clients à prendre des décisions pour faire fructifier leur argent, afin qu’il dure le plus longtemps possible », explique le conseiller.

Le rôle d’un conseiller financier est d’effectuer, avec le client, la gestion de ses avoirs. Et c’est réellement lui, par son expertise, qui est à même de comprendre les différents produits financiers, souvent complexes, qui sont offerts sur le marché.

Il faut toutefois s’adresser à la bonne personne. Le planificateur financier aide à établir un plan financier avec des objectifs précis. Or, si on veut acheter des placements, on se trouve vers un courtier. Le courtier en épargne collective s’occupe de fonds communs de placement. Le courtier en placement, lui, couvre le marché plus large des actions, des obligations et des fonds communs.

Et demander conseil peut être payant : d’après une étude de la firme Morningstar, les investisseurs ayant recours aux services d’un conseiller financier ont obtenu un rendement annuel 1,82 % plus élevé que les investisseurs autonomes.

Parmi les avantages de recourir à un conseiller, l’Institut des fonds d’investissement du Canada mentionne dans un rapport de 2012 celui « d’éviter les comportements de placement dictés par l’émotion ».

La prudence, oui ; la peur, non

Pour Sylvie De Bellefeuille, conseillère juridique chez Options consommateurs, la méfiance a au moins comme avantage de faire en sorte que les gens sont plus prudents dans leurs démarches. « Il ne faut pas nécessairement avoir peur de consulter un conseiller financier, mais quelques précautions sont quand même à prendre », explique-t-elle. Elle donne ces deux conseils : poser des questions et user de son jugement. « Les rendements mirobolants n’existent pas. Il faut fuir ces gens-là comme la peste», dit-elle.

Vérifier que le conseiller est bien inscrit à l’AMF est une première étape primordiale. D’ailleurs, en visitant le site de l’AMF, on en profite pour consulter le « Guide personnel contre la fraude » que l’Autorité a conçu à l’intention des investisseurs.

Voici quelques conseils de base :

- Déterminer sa tolérance au risque. Certains produits peuvent rapporter plus, mais présenter un risque plus important.

- Ne pas faire de transactions en argent comptant.

- Libeller les chèques au nom du fonds d’investissement et non à celui du conseiller.

- Ne pas prendre de décisions impulsives, sous pression.

- Se fier à son instinct. S’il y a quelque chose qui cloche, même si vous n’arrivez pas à mettre le doigt dessus, mieux vaut s’abstenir.

 


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