Prêt intrafamilial: éviter les chicanes à Noël

Publié le 14/12/2015 à 09:01

Prêt intrafamilial: éviter les chicanes à Noël

Publié le 14/12/2015 à 09:01

Reprise d’études, démarrage en affaires, achat immobilier ou simple mauvaise passe. La famille est parfois mise à contribution pour donner un coup de pouce financier. Une situation qui met souvent le débiteur dans une position inconfortable, surtout quand il retrouve son créancier autour de la dinde de Noël.


« Si tu veux vivre un mauvais party de Noël, emprunte de l’argent à ta famille », affirme, sans détour, Sylvain B. Tremblay, vice-président, gestion privée chez Optimum Gestion de placements. Pour ce planificateur financier, combiner émotions et argent est un mélange explosif, qui le devient encore plus quand l’alcool est de la partie.


Les conflits sont d’autant plus probables que le prêt intrafamilial est en général mal encadré et particulièrement risqué. « Souvent, la personne se tourne vers sa famille car elle n’a pas accès au crédit et que ses capacités de remboursement sont faibles, explique François Morency, président de Conseils financiers Aviso. Et, les termes du remboursement sont rarement définis dès le départ. »


Autre facteur contribuant à envenimer les relations : l’emprunteur tend à se montrer plus négligent dans ses remboursements quand le prêteur est un proche. « Au contraire, il faut se montrer encore plus rigoureux en raison du lien affectif qui existe », souligne Sylvain B. Tremblay.


Le silence est le meilleur ami de la chicane


Pour éviter que les retrouvailles de Noël ne soient les dernières avant longtemps, la clé de la réussite réside dans la communication. « L’argent fait toujours ressortir les problème de communication, observe François Morency. Les non-dits favorisent le jugement. »


Plutôt que de se taire ou de répondre évasivement quand Grand-Papa demande où en est le projet d’affaires auquel il a contribué, il vaut mieux expliquer clairement qu’une entreprise fait rarement des profits pendant ses premières années. Si le récent voyage dans le sud fait l’objet de remarques passives-agressives de la part de Tante Manon qui finance la formation, il est préférable de bien préciser le faible coût du voyage, acheté à rabais, et les efforts fournis en parallèle pour mettre de côté l’argent qui servira à s’acquitter de sa dette.


En parler entre la tourtière et le fromage est toujours délicat alors si on s’attend à des reproches, l’idéal est de les prendre les devants de sa situation dans la cuisine quand on se retrouve seul avec son proche ou de crever l’abcès en l’appelant quelques jours avant Noël.


Communiquer permet aussi de prendre conscience des contraintes financières du parent créancier et ainsi de mieux comprendre son inquiétude. « La personne qui prête l’argent le fait parfois plus par amour que par aisance financière et ne peut donc pas forcément faire face à un retard de paiement », indique-t-il.


La vérité, rien que la vérité


Quand il est impossible de rassurer le prêteur, assumer ses difficultés en les évoquant clairement avec lui est plus sain que de les cacher. « Il faut en parler ouvertement car, la vérité finira probablement par surgir », conseille Sylvain B. Tremblay. Un avis que partage son confrère : « c’est mieux d’aborder le sujet en disant, par exemple, qu’on ne peut pas rembourser pour le moment car on a pas encore été payé mais qu’il sera le premier à le savoir quand ce sera le cas ».


À défaut de pouvoir honorer sa promesse de payer sa dette, on peut mettre en confiance son créancier en lui prouvant sa bonne volonté. « Si on ne peut pas tout rembourser, on peut au moins payer les intérêts, recommande François Morency. Même si le montant est peu élevé, cela montre que l’on est responsable. » Et, s’exécuter quelques jours avant Noël évitera que le contentieux ne plombe l’ambiance.


Si aucune reconnaissance de dette n’a été conclue, il n’est pas trop pour en signer une. Mettre sur papier les montants et les échéances de remboursement ainsi que les intérêts dûs permet de clarifier les attentes et d’apaiser les esprits.


Même si le temps du remboursement n’est pas encore venu, certains proches profitent également de la dette pour s’immiscer dans les finances, voire parfois même dans la vie de l’emprunteur. Face aux critiques répétées sur la fréquence de ses visites au centre d’achat, il est parfois impossible d’y mettre fin tant que la somme n’est pas remboursée. Se départir de cette dette le plus rapidement possible reste alors encore la meilleure de façon vivre sereinement Noël en famille!

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