Mettre toutes ses dettes dans le même panier

Publié le 04/03/2015 à 08:00

Mettre toutes ses dettes dans le même panier

Publié le 04/03/2015 à 08:00

Par Véronique Champagne

Un an et une séparation plus tard, Chantal* faisait face à une dette personnelle de 11 000$, éparpillée ici et là sur sa marge et ses différentes cartes de crédit. « C’était un casse-tête. Je ne savais plus qui rembourser en premier », témoigne cette mère de deux enfants.

Une situation de plus en plus répandue, l’endettement moyen des familles québécoises a pratiquement doublé depuis 2012, selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Heureusement pour elles, leur niveau d’endettement se maintient, la valeur de leurs actifs ayant suivi la même courbe ascendante. Or, quand l’endettement devient trop difficile à gérer, plusieurs choisissent la consolidation.

« La consolidation de dettes est l’une des solutions que l’on propose aux personnes qui viennent vers nous chercher de l’aide », mentionne Olga Cherezova, conseillère budgétaire à l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF).

L’une, mais non la seule, et pas à n’importe quel prix. Quelques pistes pour évaluer si la consolidation de dettes est pour vous.

Une option, ni du premier ni du dernier recours

Avant de se présenter à une institution financière ou à une société de finance pour demander une consolidation de dette – c’est-à-dire pour céder toutes ses dettes personnelles (à l’exception de notre prêt hypothécaire) en échange d’un nouveau prêt personnel –, il faut étudier ses finances personnelles et rééquilibrer son budget.

« Il faut d’abord penser à vendre les actifs dont on peut se départir, à contacter nos créanciers et à négocier avec eux et, surtout à rééquilibrer ses finances personnelles, avec l’aide d’un conseiller, au besoin, prévient Mme Cherezova. C’est vrai qu’on dit que la consolidation de dettes n’a pas un grand impact négatif sur le dossier de crédit, mais elle n’a assurément pas un impact positif non plus! »

À l’inverse, attention de ne pas attendre que sa situation financière se dégrade trop avant de tenter la consolidation de dettes. Autrement, les chances de succès sont plutôt nulles. « La consolidation de dettes n’est pas toujours accessible. Les institutions financières acceptent – et donnent les meilleures conditions en taux d’intérêt et en terme– aux personnes ayant un emploi stable, des revenus satisfaisants et un dossier de crédit en bonne forme », prévient la conseillère budgétaire.

Comment « bien » consolider ses dettes

Bien qu’Olga Cherezova ne dirige jamais les personnes qui la rencontrent vers une institution financière précise, elle recommande d’aller d’abord à « sa » banque ou caisse. « Le facteur relationnel compte dans la balance, explique-t-elle. Si on est déjà client et qu’on a d’autres produits financiers, ce sera plus facile d’avoir des conditions avantageuses. »

Le réflexe de magasiner son taux en rencontrant plusieurs institutions financières est tentant. Mise en garde de madame Cherezova : « Tout est noté dans le dossier de crédit par les compagnies d’évaluation de crédit lorsqu’elles reçoivent des demandes des banques. Être en recherche de crédit, ce n’est pas toujours bien perçu... »

Quant aux sociétés de finance, les ACEF du Québec déconseillent de transiger avec ces compagnies qui chargent un taux d’intérêt deux à trois fois plus élevé que les banques et caisses populaires.

Sans surprise, le nouveau prêt contracté pour la consolidation de dettes devrait avoir un taux d’intérêt bas, et significativement plus bas que celui des cartes de crédit, pour que la démarche vaille le coup. La spécialiste propose aussi de ne jamais accepter un terme qui dépasse cinq ans, afin d’éviter de payer trop d’intérêts au bout du compte.

« Payer des intérêts nous appauvrit », résume la conseillère de l’ACEF. À partir de là, il faut évaluer les différentes options avant qu’elles nous glissent entre les doigts.

Pour Chantal, le paiement mensuel et unique de la consolidation de dettes a été la solution pour reprendre le dessus de sa situation financière, puis la confiance en ses moyens de la redresser.

*Nom fictif

 


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