En cas de sinistre, sauriez-vous la valeur de vos biens?

Publié le 24/10/2016 à 10:57

En cas de sinistre, sauriez-vous la valeur de vos biens?

Publié le 24/10/2016 à 10:57

Par Nafi Alibert

Un inventaire des biens n’est pas indispensable pour se faire dédommager, mais il simplifiera la vie d’un sinistré en cas de réclamation, en lui faisant gagner du temps, et peut-être même de l’argent.

« En ayant déjà un inventaire, c’est plusieurs semaines que l’on peut gagner pour obtenir son remboursement », confirme Marie-Christine Fortin, une évaluatrice de biens certifiée C.A.P.P.A.

« C’est une tâche qui devra de toute façon être effectuée s’il y a dommage », indique quant à elle Maya Raic, la présidente-directrice générale de la Chambre de l’assurance de dommages (ChAD).

Mais ce n’est pas nécessairement un exercice simple, considère la PDG de cet organisme qui veille aux droits des citoyens en matière d’assurance de dommages et en règlement de sinistres.

« Les dommages comme un feu, peuvent rendre la tâche difficile et ce type d’événement peut causer beaucoup de stress, il est donc recommandé de tenir un inventaire le plus tôt possible afin d’éviter de sous-estimer la valeur de ses biens », ajoute-t-elle.

Mais comment tenir cet inventaire et évaluer ses biens?

Un aide-mémoire

C’est le consommateur qui est responsable d’évaluer la valeur de ses biens. Pour ce faire, il doit se constituer une base de données, comme dans un tableau Excel où chaque item sera décrit.

« On s’attaque à une pièce à la fois en prenant en photo ou en filmant chaque item. On indique aussi un petit descriptif de l’objet ainsi que son prix, voire la facture d’achat si on l’a conservée », partage Mme Fortin.

Pour aider les consommateurs dans cette démarche, la ChAD offre un formulaire Inventaire de vos biens téléchargeable gratuitement en ligne.

« Il existe aussi de nombreuses applications pour faire cela ou on peut juste prendre son cellulaire, faire des photos des biens et des factures et mettre le tout dans les nuages », suggère aussi Maya Raic.

Par mesure de sécurité la ChAd conseille de s’envoyer une copie par courriel ou de conserver un exemplaire de cet inventaire à l’extérieur du domicile.

« Il faut répertorier tout ce qui a de la valeur, qui est rare ou unique », précise Mme Fortin qui dresse l’inventaire des biens de ses clients dès 100 $.

Selon la ChAD, tout le monde devrait se plier à cet exercice. « Il ne faut jamais se dire qu’on n’a pas de biens de grande valeur, car s’il arrive un sinistre, cela risque de coûter plus cher qu’on le croit de se rééquiper entièrement », souligne Mme Raic.

L’évaluation

C’est là que les choses peuvent se corser pour Monsieur et Madame tout le monde. « Dans 9 cas sur 10, la perception des gens est erronée : ils pensent qu’ils ont des choses de grande valeur alors que ce n’est pas le cas ou l’inverse. Ils sont donc souvent sous-assurés ou sur-assurés », partage Mme Fortin qui ne compte plus les commodes, vases asiatiques, livres, et autres montres qu’elles évaluent pour le compte des particuliers.

C’est pourquoi l’Industrielle Alliance (IA) invite ses clients à dresser cet inventaire dès qu’ils souscrivent à leur assurance habitation pour avoir une protection qui corresponde à la valeur de leurs biens.

« En principe l’assurance rembourse en fonction de la valeur de l’évaluation sauf pour les biens à valeurs dépréciatives », dit Stéphanie Béland, conseillère principale en communication chez IA.

Au moment de la réclamation, les factures ne sont pas indispensables. « S’il s’agit d’un objet récent comme une télévision, on communiquera avec les marchands pour valider la valeur », expose Stéphanie Béland.

Pour certains objets spécifiques comme les bijoux, les œuvres d’art, les meubles antiques, ou les collections particulières, il existe des bases de données spécialisées, souvent payantes. Pour les antiquités, il s’agit par exemple de liveauctioneers.com ou d’artprice.com pour les œuvres d’art.

Sinon, il faut faire affaire avec des évaluateurs indépendants comme Marie-Christine Fortin, qui sont au courant de l’évolution des marchés.

Une de ses clientes était par exemple assurée pour 100 000 $ en œuvre d’art pendant 30 ans. Après évaluation, ses œuvres coûtaient en fait 600 000 $. En cas de réclamation, elle aurait donc perdu 500 000 $.

« Cet inventaire doit être mis à jour à chaque fois que l’on acquiert un nouveau bien ou au minimum tous les cinq ans toujours pour être sûr d’être assuré à la juste valeur de ses biens », conclut Mme Béland.

 


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