Combien vaut votre «petit change»?

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Avril 2015

Combien vaut votre «petit change»?

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Édition du 11 Avril 2015

Par Stéphane Rolland
Les valeurs sûres et les valeurs spéculatives

Comme à la Bourse, les collectionneurs ont leurs valeurs sûres et leurs titres spéculatifs. Les propriétaires des grands classiques de la numismatique peuvent espérer un rendement constant à long terme, croit Marc Magoon. «Ce qui est encourageant, c'est que les pièces classiques continuent de s'apprécier.»

M. Magoon cite l'exemple du dollar canadien de 1948. «Dans un très bon état, cette pièce peut se vendre près de 2 000 $. Lorsque j'ai commencé, il y a 13 ans, elle s'échangeait aux alentours de 1 100 $», se souvient-il.

Lorsque vous vous écartez des classiques, la valeur de vos pièces peut suivre une trajectoire plus mouvementée. M. Magoon nous montre une pièce à l'effigie de Superman, dans une autre vitrine. En 2013, la Monnaie royale canadienne a émis des pièces en hommage au superhéros. Encouragée par le succès de la première série, elle a répété l'expérience en 2014. «Lorsqu'un produit commercial du genre sort, il peut se vendre de quatre à cinq fois sa valeur initiale, constate le vendeur. Surtout que dans ce cas, tant les collectionneurs de monnaie que les fans de Superman étaient interpellés. J'ai reçu des appels de la Suède au sujet de cette pièce.»

Malheureusement, la pièce colorée a vite rencontré sa kryptonite, l'infâme pierre qui fait perdre à Clark Kent sa force surhumaine. «Une fois que l'effet de nouveauté s'estompe, elle perd de sa valeur, constate M. Magoon. Les gens se rendent compte qu'ils peuvent en trouver facilement au prix de vente initial sur Internet.»

Gilles Lamoureux prévient que les articles de collection produits par la Monnaie royale canadienne n'ont pas le même potentiel que les pièces destinées à l'usage courant. L'organisme a vendu 201 produits de collections différents en 2013, selon son rapport annuel. «Si on collectionne pour le rendement, ça ne vaut pas la peine de ramasser ça, estime M. Lamoureux. C'est beau, c'est amusant, mais à long terme, le rendement sera négatif la plupart du temps.»

L'investisseur qui voudrait mettre la main sur la nouvelle pièce rare avant tout le monde pourrait lui aussi s'en mordre les doigts. En raison de sa rareté, le billet en polymère de 5 $ signé par Mark Carney est recherché des collectionneurs. «Les premiers à avoir ressurgi se sont vendus aux alentours des 700 $ sur eBay, raconte M. Gosselin, de la Société de numismatique de Québec. Ils valent maintenant 20 $.»

Monnaies internationales

Pour les monnaies internationales, la rareté reste l'élément clé. «Il n'y a pas beaucoup de pièces de valeur parmi celles en circulation en Amérique du Sud, explique M. Lamoureux. C'est joli, mais ça ne vaut pas grand-chose. Les pays de cette région en frappent beaucoup trop, et ils ne changent pas leur modèle.»

Ainsi, les pays d'Europe de l'Ouest, les États-Unis et le Canada ont traditionnellement les monnaies les plus convoitées. En raison de l'essor de la Chine, il y a un regain d'intérêt pour les pièces anciennes chinoises, note M. Lamoureux. «Les Chinois sont les collectionneurs les plus gourmands et les plus téméraires, constate-t-il. Maintenant qu'ils ont les moyens de dépenser, ils s'intéressent à leur patrimoine et veulent le récupérer.»

Le plaisir avant tout

Bien avant son potentiel de rendement, la numismatique est l'affaire de passionnés. M. Gosselin préfère acheter de la monnaie en vrac plutôt que les pièces de grande valeur. «Pour la pièce que vous payez 1 000 $, vous pourriez en acheter mille. C'est le plaisir d'identifier et de classer ce qui se trouve dans la boîte qui est amusant.»

La numismatique est également une façon originale d'approfondir ses connaissances historiques. «Lorsque j'ai une pièce ancienne, je m'intéresse à la façon dont elle a été trouvée, au contexte de sa création et à l'identité de ses anciens propriétaires, explique Serge Pelletier. Je m'intéresse à tout ce qui entoure la pièce.»

D'ailleurs, le collectionneur peut obtenir des informations particulièrement détaillées dans le cadre de ses recherches. M. Pelletier se passionne pour la guerre de la Succession d'Espagne, car on y a produit beaucoup de pièces obsidionales. Celles-ci ont été fabriquées dans des villes assiégées. «J'en ai une qui a été conçue à partir d'une statue d'argent de Saint-Nicolas qui se trouvait dans une église d'Amsterdam», raconte-t-il.

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