Comment une jeune femme de 29 ans a ressuscité cette marque québécoise de manteaux

Publié le 01/11/2016 à 14:58

Comment une jeune femme de 29 ans a ressuscité cette marque québécoise de manteaux

Publié le 01/11/2016 à 14:58

Crédit: page Facebook de Sophie Boyer

Créée au Québec en 1979, la marque de manteaux d’hiver Audvik connaît un regain d’activité remarquable depuis son rachat par la jeune entrepreneuse Sophie Boyer, il y a cinq ans.

Aujourd’hui établie sur la rue Chabanel à Montréal, l’entreprise emploie cinq salariés à temps plein et réalise une croissance de 200% chaque année. Son chiffre d’affaires, passé de 100000 dollars en 2011 à un million cet automne, confirme la stratégie payante de la racheteuse de 29 ans qui a su dépoussiérer Audvik et compte bien lancer ses manteaux faits à Montréal à la conquête de l’Ouest canadien. 

Audvik, une entreprise québécoise trentenaire

L’histoire d’Audvik commence en 1979, quand deux professeurs d’éducation physique de la région de Montérégie décident de créer une ligne de manteaux pratiques pour la ville comme pour le sport, à un prix accessible aux étudiants. La marque s’exporte bien dans les années 1990, on peut acheter des manteaux Audvik partout au Québec, mais s’essouffle par la suite. Ses propriétaires manquent de temps pour s’en occuper et décident de la vendre en 2011.

«C’est là que j’ai embarqué!», dit Sophie Boyer, ancienne athlète de ski de fond au niveau canadien qui venait à l’époque de terminer ses études en administration des affaires et concentration marketing à l’Université de Sherbrooke. La future entrepreneuse, passionnée de sports d’hiver et forte d’une expérience de vente de 7 ans au Sports Experts de Saint-Bruno, rachète Audvik avec l’aide de sa famille. Une contribution financière et tactique puisque sa mère est elle-même designer de vêtements de sport. 

Le « made in Québec » devenu valeur ajoutée

Dès son rachat d’Audvik, il était clair pour Sophie que sa production resterait établie au Québec : « Cela donne une vraie valeur ajoutée au produit, les gens qui vont en boutique réclament du fait ici. Et puis on est la preuve qu’on peut faire des choses au Québec sans que les prix soient beaucoup plus élevés que d’autres produits importés. » Un manteau Audvik coûte entre 500 et 800 dollars.

La production a cependant été rapatriée du petit village de Saint Clet, en Montérégie, à Montréal pour se rapprocher de ses sous-traitants et accroitre sa capacité de production, jusqu’à 2000 manteaux créés l’hiver dernier. En sélectionnant ses partenaires directement sur la rue Chabanel où elle est elle-même établie, l’entrepreneuse ne pouvait pas mieux centraliser sa production ! C’est son voisin d’entrepôt qui fait la coupe des tissus au laser ; sa patronniste, sa designer, son comptable et ses préposés à la livraison quant à eux ne sont guère qu’à une centaine de mètres plus loin. 

Le bon dosage entre continuité et renouveau

Racheter Audvik au lieu de créer sa propre marque de manteaux a permis à Sophie de profiter de la popularité de son nom et de la dizaine de points de vente qu’il possédait alors. « J’ai totalement changé les coupes des manteaux, plus jeunes et plus élégantes, mais cette transition s’est faite en douceur pour que les clients qui achetaient déjà du Audvik continuent à s’y retrouver », explique-t-elle.

Durant cette transition, elle a aussi décidé de mettre en avant des arguments de plus en plus présents parmi les préoccupations des clients : un choix de fourrures synthétiques ou recyclées, une empreinte écologique réduite grâce à sa production centralisée et le fait qu’Audvik soit une entreprise d’ici.

Le nécessaire virage numérique

La relance d’Audvik s’est aussi grandement jouée sur les médias sociaux. « Je suis très à l’aise avec ces plateformes car elles font partie de ma génération, explique l’entrepreneuse. De toute façon elles sont devenues incontournables, il faut s’y faire ! » Un virage numérique qu’elle a aussi observé chez ses concurrents, Kanuk, Canada Goose en tête.

Sophie a créé un site web et un compte Facebook à sa marque. Mais c’est surtout sur Instagram que sa visibilité a décollé : « C’est un média super visuel, qui appelle à l’aventure et au voyage, idéal pour mettre en scène un produit tel que des manteaux d’hiver. »

Pour se procurer les visuels qui alimentent le compte Instagram d’Audvik, Sophie a fait appel à une dizaine d’influenceurs. Elle leur offre un manteau en échange d’un nombre convenu de clichés sur lesquels le produit est mis en valeur. « Je n’aurais vraiment pas le temps d’aller faire ces photos moi-même, et puis ils ont un vrai talent pour cela, explique-t-elle. Ils génèrent de beaux visuels à présenter à mes clients et me permettent d’en démarcher de nouveaux. » Par exemple, c’est sur Instagram que les acheteurs du magasin Sports Experts de Rockland ont découvert Audvik et décidé d’en devenir un point de vente.

A la conquête de l’Ouest!

Et maintenant ? Sophie Boyer espère que l’hiver arrivera vite pour commencer à vendre ses manteaux dès le début de la saison et continuer sa belle croissance. Elle prépare aussi sa conquête de l’Ouest canadien qui passera, une fois n’est pas coutume, par sa stratégie de médias sociaux et les influenceurs qu’elle a commencé à démarcher sur place. Et si les affaires continuent sur cette lancée, pourquoi ne pas viser le marché européen, un cliché Instagram à la fois!

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