Favoriser la création de start-up dans le secteur de la santé

Publié le 21/10/2015 à 17:38

Favoriser la création de start-up dans le secteur de la santé

Publié le 21/10/2015 à 17:38

« Beaucoup d’étudiants au MBA veulent se lancer en affaires dans le domaine technologique. Mais dans la santé, il y a un mur entre les médecins qui voient les problèmes et les ingénieurs qui peuvent les aider à les résoudre », constate Vincent Duchaine, professeur au département de production automatisée à l’École de technologie supérieure (ÉTS).

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Pour stimuler la création de start-up technologiques dans le secteur de la santé, l’établissement a mis sur pied cet automne une formation reliant la chirurgie, le génie et les affaires : le cheminement Innovation en chirurgie pour les étudiants de 2e et 3e cycles. Une vingtaine d’étudiants en génie de l’ÉTS, en chirurgie de l’Université McGill et en MBA de l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia forment la première cohorte de ce nouveau parcours.

L’objectif : « Faire tomber le mur entre génie et médecine », explique Vincent Duchaine, coresponsable du nouveau cheminement à l’ÉTS, et promouvoir la création d’entreprises technologiques. Le Biodesign program de l’université Stanford en Californie, dont s’est inspirée l’ÉTS pour concevoir ce nouveau cheminement, a généré « la création de 38 start-up qui existent encore et dont plusieurs sont à succès », affirme Vincent Duchaine.

En alliant génie appliqué, innovation et entrepreneuriat, le nouveau programme illustre les orientations de l’ÉTS. « La formation, la recherche, l’innovation et les relations avec l’industrie demeurent au centre de nos stratégies, mais nous voulons également stimuler la fibre entrepreneuriale de nos étudiants et leur donner les outils pour créer des entreprises », a déclaré Pierre Dumouchel, le directeur général de l’École, lors du lancement du programme en septembre.

Mais le but n’est pas uniquement de créer des start-up. « Nous n’avons pas l’écosystème californien, notamment vis-à-vis des capitaux de risque dont profite l’université Stanford. Les produits ne seront donc pas forcément tous commercialisés par les étudiants, mais des brevets seront vendus », espère le professeur. Reste encore à régler le problème de la propriété intellectuelle qui « devrait revenir aux promoteurs, sinon ce serait démotivant », estime Vincent Duchaine.

Réunir les talents de spécialités différentes

Dans le secteur médical, l’innovation est d’autant plus difficile que « les normes sont sévères et que [les] innovations, souvent coûteuses, passent principalement par les grands joueurs », observe Vincent Duchaine.

D’où l’importance de regrouper dans la formation les spécialistes du génie, de la santé et des affaires. Leur mission : à l’issue de stages d’observation dans des services de chirurgie orthopédique, cardiaque et esthétique du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), dresser une liste de 100 besoins, les analyser et en conserver seulement un. Les étudiants s’attelleront à trouver une façon de le combler et présenteront à un groupe de cinq dragons leur solution, accompagnée d’un plan d’affaires, à la fin de leur parcours.

Les étudiants en génie, en chirurgie et au MBA auront par ailleurs des cours de même contenu durant leur année d’apprentissage. Ils apprendront à comprendre le marché et approfondiront leurs connaissances quant à l’innovation en santé, le prototypage rapide, le design, les matériaux, etc.

La première cohorte a été constituée sans difficulté étant donné l’intérêt pour le sujet d’étudiants de différents domaines d’étude. Mais « si la formation remporte trop de succès, nous devrons contingenter car, notamment à cause de la période d’observation à l’hôpital, on ne peut pas prendre plus d’étudiants », indique d’ores et déjà Vincent Duchaine. Si le succès est au rendez-vous, l’ÉTS pense déjà à appliquer le même type de programme à l’innovation en général, pas seulement au domaine de la santé.

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