Travailler dans un pays en guerre

Publié le 16/03/2013 à 00:00, mis à jour le 14/03/2013 à 14:43

Travailler dans un pays en guerre

Publié le 16/03/2013 à 00:00, mis à jour le 14/03/2013 à 14:43

Myriam Desbiens occupe depis deux ans un poste de planificatrice pour Genivar au Mali.

Après avoir appris son métier à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, l'ingénieure en mécanique Myriam Desbiens est partie le pratiquer... au Mali. Choc culturel garanti.

En janvier 2012, la guerre éclate dans le nord du Mali, entre l'armée malienne et des groupes indépendantistes touareg, bientôt rejoints par des djihadistes. En mars, le gouvernement est renversé par un groupe de militaires maliens. En janvier 2013, l'armée française lance l'opération Serval visant à reconquérir le nord du pays et à en expulser les islamistes.

Comment, dans ces conditions, se concentrer sur son travail d'ingénieur ?

Myriam Desbiens explique que la localisation de la mine la tient pour l'instant à l'écart des troubles. Le coup d'État lui a tout de même valu d'être rapatriée au Québec pour six mois. Selon elle, ce sont surtout les proches qui s'inquiètent. Elle se rappelle avoir été réveillée en pleine nuit par le bureau de Montréal. «La mère d'un de mes collègues était inquiète, car elle n'arrivait pas à joindre son fils !»

L'attrait de l'Afrique

Myriam Desbiens a senti l'appel de l'étranger très rapidement après l'obtention de son diplôme de génie électromécanique, en 2007. Très actif à l'étranger, son employeur, Genivar, ne met pas de temps à dénicher un poste à même de satisfaire ses envies d'exotisme.

Direction Tabakoto, dans le sud-ouest du Mali. Là-bas, Genivar travaille à l'expansion de l'usine de traitement de minerai de la mine d'or exploitée par Endeavour Mining.

Mme Desbiens y occupe depuis deux ans le poste de contrôleuse et planificatrice.

Savoir s'adapter

Comme plusieurs Québécois qui ont travaillé en Afrique subsaharienne, Mme Desbiens a dû apprendre à composer avec le «temps africain». «Tout est plus lent, et il faut en tenir compte en planifiant les travaux», dit-elle. Les trous sont creusés habituellement au pic et à la pelle, et l'équipement est parfois désuet.

La gestion des délais se complique aussi en raison de l'éloignement de la mine. Lorsque l'ingénieure commande une pièce, il faut souvent composer avec deux ou trois semaines de transport par bateau pour la livraison qui s'effectue à Dakar, puis avec d'autres délais pour le dédouanement et la livraison à la mine. Et il faut s'assurer que les pièces commandées du Canada s'adapteront aux pièces utilisées au Mali.

Mme Desbiens doit aussi gérer une autre forme de choc culturel : ses relations avec les travailleurs maliens. «Une femme ingénieure en mécanique, c'est déjà rare au Québec. Imaginez au Mali !» Parmi les 300 travailleurs de la mine, on compte seulement quatre femmes.

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