Ils voulaient une augmentation, ils ont eu les clés de l'entreprise

Publié le 16/03/2013 à 00:00, mis à jour le 14/03/2013 à 14:28

Ils voulaient une augmentation, ils ont eu les clés de l'entreprise

Publié le 16/03/2013 à 00:00, mis à jour le 14/03/2013 à 14:28

Par Julie Roy

Pour assurer une relève efficace à Laforest Nova Aqua, Yves Aubin a fait confiance à trois jeunes employés : Patrick Renaud, Julie Gauthier et Jean-Philippe Tremblay. [PHOTO : STEVENS LEBLANC]

À l'emploi de Laforest Nova Aqua, une société spécialisée en environnement, Julie Gauthier, 35 ans, ingénieure en hydrogéologie, connaissait sa valeur. Elle a donc demandé, il y a deux ans, une augmentation de salaire. Mais, surprise, les fondateurs de l'entreprise, Yves Aubin et André Laforest, ont refusé sa demande. Ils lui ont plutôt offert, ainsi qu'à deux autres employés clés, des parts dans l'entreprise.

«Mes employeurs ne voulaient pas me perdre et ils croyaient en mon potentiel. Quand ils m'ont fait cette proposition, je ne croyais pas cela possible, surtout que je n'avais jamais pensé devenir entrepreneure», dit-elle.

«Il aurait pu vendre à de grandes firmes de génie-conseil. Ils nous ont quand même choisis, même si cela leur faisait perdre de l'argent», ajoute-t-elle.

Pour assurer une relève à leur entreprise, les deux dirigeants avaient également ciblé Patrick Renaud, 44 ans, géologue, et Jean-Philippe Tremblay, 34 ans, géologue et hydrogéologue.

Les trois associés ont investi 45 000 $ et ont pu bénéficier d'un prêt de 400 000 $ d'Investissement Québec pour acquérir leurs parts.

«Ils croyaient que nous avions les traits de caractère et les habiletés pour prendre la direction. Ils ont tout simplement cru en nous», souligne celle qui est aujourd'hui vice-présidente, directrice au contrôle de qualité et directrice de projet.

Pour éviter les jalousies potentielles, M. Aubin a présenté sa relève aux autres employés lors d'une journée d'activités d'entreprise.

«C'est à ce moment qu'il nous a passé le flambeau. Il a expliqué à tout le monde pourquoi nous avions été choisis. De notre côté, nous avons parlé des valeurs de l'entreprise et avons rappelé que nous sommes ouverts aux discussions», explique Mme Gauthier.

Un an pour préparer le transfert

Après cela, pendant plus d'un an, elle et ses associés ont travaillé de concert avec leurs patrons pour effectuer le transfert.

«Au cours des derniers mois, on s'est dit ce qu'on avait à se dire. On s'est partagé les tâches administratives. Du côté technique, nous étions au niveau. Mais c'est tout le côté administratif que nous devons maintenant maîtriser. Pour y arriver, on demande des conseils au comptable, à l'avocat, aux amis... On est en apprentissage depuis six mois», dit en riant Mme Gauthier.

Aussitôt les clés en main, ces nouveaux entrepreneurs n'ont pas tardé à effectuer des changements. Ils ont embauché deux personnes. Ils ont investi dans un régime d'assurance pour la quinzaine d'employés et acheté de nouveaux équipements.

Ce n'est que le début. Le trio veut maintenant diversifier sa clientèle. Les mandats municipaux comptent pour 90 % de ses activités. «Nous sommes conscients que nous sommes très spécialisés et que nous devons développer de nouveaux liens d'affaires pour asseoir notre position. En ce moment, on regarde du côté minier et commercial», dit l'ingénieure.

D'ici cinq ans, les associés visent à avoir réussi à faire croître le chiffre d'affaires de 10 %, soit près de 100 000 $ par an, et prévoient embaucher cinq autres personnes.

L'eau, une richesse à préserver

Ces entrepreneurs considèrent que le rôle de leur entreprise est essentiel pour la société.

«Nous sommes l'équivalent des Indiana Jones de l'eau. Il est parfois très difficile de trouver de l'eau. Notre travail est de la dénicher, de vérifier sa qualité et de trouver des solutions pour les eaux de surface», explique Mme Gauthier.

Connaître la ressource est selon eux une manière de mieux la gérer et de la protéger. Pour y arriver, les trois associés rêvent de monter une base de données pour répertorier cette richesse collective. «Le but de l'entreprise n'est pas seulement de faire de l'argent. Il y a une cause sociale et environnementale derrière tout cela. On veut protéger les sols et la ressource.»

En attendant d'avoir cartographié toutes les eaux souterraines du Québec, le trio peut toujours compter sur la mémoire d'Yves Aubin. En effet, bien qu'il ne soit plus propriétaire, il demeure président de l'entreprise et agit à titre de mentor pour cette relève. «Il reste l'âme de l'entreprise. Sa présence est importante, car ses connaissances sont immenses et il connaît tout le monde», conclut Julie Gauthier.

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