Le Québec intéresse les firmes de génie étrangères

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Septembre 2017

Le Québec intéresse les firmes de génie étrangères

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Édition du 23 Septembre 2017

Le PDG de la lyonnaise SIAF, Cédric ­Michel, est impliqué dans le projet de reconstruction de la capitainerie de ­Lac-Mégantic.

DOSSIER LES GRANDS DE L'INGÉNIERIE AU QCDe grandes comme de petites firmes voient dans le Québec une possibilité de développer leurs activités hors de leurs frontières. La consolidation de l'industrie à la suite du scandale de la corruption et le regain de l'activité économique attirent les firmes de génie étrangères. Elles sont tout de même prudentes et arrivent souvent sur la pointe des pieds.

La britannique Arup, aujourd'hui présente dans le monde entier, a pris un pied-à-terre à Montréal en 2013. En plein scandale de la corruption dans le milieu du génie. Même pas peur: la décision était réfléchie. La firme testait le territoire depuis quelque temps. Elle est spécialisée dans le bâtiment, les infrastructures et les services-conseils.

Ses projets préférés: «Ceux qui demandent de l'audace, auxquels les autres refusent de souscrire parce que ça semble irréalisable», dit Martin Landry, directeur du bureau de Montréal. Arup, c'est la société qui a fait la conception structurale de l'Opéra de Sydney, en Australie, et qui a collaboré à la conception du Centre Pompidou, à Paris.

Implantée au Canada depuis 1999, la société, qui compte 13000 employés dans 35 pays et 85 bureaux, avait déjà fait quelques contrats au Québec avec son équipe de Toronto. Dans la Ville reine, Arup s'est développée en acquérant une petite firme spécialisée dans le génie appliqué aux infrastructures aéroportuaires.

Dès l'éclosion des premiers projets en partenariat public-privé au Québec, elle a dépêché des ingénieurs d'autres bureaux dans la province. L'autoroute 25, l'autoroute 30, le pont Champlain, la participation au volet acoustique de la nouvelle salle de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM): elle a multiplié ses participations à divers degrés à des projets au Québec. «Ça nous a permis de bien comprendre le fonctionnement du marché et de voir ce qui pourrait représenter un intérêt pour nous», explique le Québécois Martin Landry.

Quand Arup a vu que la firme pouvait se développer au Québec, une équipe de quatre personnes a emménagé dans des bureaux loués. Très vite, des locaux plus grands ont été trouvés. Prochainement, Arup va encore déménager pour s'installer dans un lieu qui pourra accueillir les 35 employés actuels.

Miser sur les partenariats

Le chemin d'Arup pour trouver sa place au Québec est celui qui est fréquemment suivi par les firmes étrangères intéressées par des marchés locaux. Souvent, les premiers pas se font en partenariat avec des firmes québécoises. Pour mieux connaître le marché, mais aussi par obligation: un ingénieur doit être inscrit à l'Ordre des ingénieurs du Québec pour pratiquer sa profession dans la province et signer des documents qui engagent sa responsabilité professionnelle.

SIAF, une firme de génie française de 10 employés, a mis les pieds au Québec en 2013. «C'est d'abord l'élan du coeur qui m'a amené ici», raconte Cédric Michel, PDG de SIAF.

Le Lyonnais a découvert le centre-ville de Lac-Mégantic dévasté quelques semaines après l'explosion du train, lors d'un voyage professionnel. Il avait lui-même vu ses bureaux ravagés quelque temps plus tôt par un incendie. Il s'est alors engagé dans l'équipe de reconstruction.

Il est aujourd'hui le vice-président de Colibri, l'organisme responsable de la réalisation du projet de reconstruction de la capitainerie de Lac-Mégantic. Parallèlement, SIAF, spécialisée dans les infrastructures et dotée d'une expertise environnementale poussée, a noué des partenariats avec des firmes de génie locales et a pu participer à des projets à Montréal et à Québec. Elle a aussi introduit ses partenaires sur le marché français, où les ingénieurs québécois peuvent travailler sans contrainte.

«Ça nous a pris quatre ans pour comprendre le marché et créer un réseau», affirme Cédric Michel, qui est actuellement en discussion avec un partenaire québécois. Son but ultime est de créer un bureau au Québec avec des ingénieurs locaux. «Je suis favorable à un modèle d'acculturation. Ce qui me motive, c'est le partage de cultures», confie-t-il.

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