Des repreneurs sur les bancs de l’école

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Janvier 2020

Des repreneurs sur les bancs de l’école

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Édition du 22 Janvier 2020

Annie Contant PDG de Copie Rapide Montréal (Photo: Christian Gaudette)

FORMATION MBA POUR CADRES ET DIRIGEANTS. Alors qu’on estime que plus de 40 % des entrepreneurs au pays pourraient prendre leur retraite d’ici 2022, il faut former la relève. Pour ce faire, plusieurs optent pour le MBA. C’est le cas d’Annie Contant, qui s’est retrouvée en 2015 à la tête de Copie Rapide Montréal. Une reprise familiale imprévue dans le parcours de cette enseignante. Pour s’outiller en gestion, elle s’est inscrite au MBA de l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’Université du Québec à Montréal. « Cela permet d’avoir un aperçu de tout, sans devenir un expert dans un domaine en particulier, affirme-t-elle. Tu y apprends toutes les notions pour voir au bon développement et à l’évolution de l’entreprise. »

« Comme c’est une formation générale, les étudiants touchent à toutes les sphères de l’organisation, comme le marketing, la comptabilité ou les finances. Ce qui peut être un atout autant pour les gestionnaires que pour les entrepreneurs ou les repreneurs », confirme Guy Cucumel, directeur du MBA pour cadres à l’ESG.

S’il est difficile de déterminer avec précision le profil des étudiants au programme, il estime que ceux qui souhaitent reprendre les rênes d’une compagnie risquent d’être de plus en plus nombreux dans les prochaines années, alors que plusieurs propriétaires pensent à leur retraite. « Nous voyons également une augmentation du nombre d’inscrits qui sont identifiés comme relève dans leur organisation, que ce soit pour accéder à de hautes fonctions ou à la propriété de l’entreprise », note M. Cucumel. 

Une vision stratégique…

Pour Mme Contant, ce diplôme obtenu en 2018 lui a permis de développer une pensée plus globale de son entreprise. « Comme nous ne sommes que trois, je n’ai pas le choix de m’occuper des opérations, un aspect qui était moins abordé au MBA. Toutefois, avec cette formation, j’ai appris à développer une vision stratégique et j’ai maintenant les outils pour la mettre en œuvre. » Ainsi, elle sait maintenant quelle direction prendre pour augmenter ses ventes, quels clients cibler et quels services offrir pour croître. « Ça peut paraître simple, mais au quotidien, on n’arrive pas toujours à prendre ce recul », fait-elle valoir. Aujourd’hui, elle est non seulement capable d’identifier les enjeux et de les nommer, mais également de voir comment elle peut les utiliser pour progresser.

Même son de cloche du côté de Dany Michaud, lui aussi titulaire d’un MBA et propriétaire de Voghel depuis mai 2019. Ses études lui ont non seulement permis de réfléchir à sa vision pour l’avenir de cette entreprise spécialisée dans la distribution d’équipement lourd dans le domaine de la construction et de l’environnement, mais également de la partager efficacement avec ses employés. « La direction où on s’en va est souvent très claire dans notre esprit, mais pas toujours dans celui de notre équipe, souligne-t-il. Le MBA nous donne donc les outils pour transformer ces orientations en plan concret. »

… et humaine

« En contexte de repreneuriat, il faut aller chercher une crédibilité aux yeux des employés, ou à nos propres yeux, et c’est ce que le MBA apporte », soutient Maripier Tremblay, professeure agrégée et responsable académique du programme de MBA en entrepreneuriat et gestion de PME de l’Université Laval. « L’aspect humain est primordial, ajoute-t-elle. Il faut se comprendre soi-même, ainsi que le dirigeant de l’entreprise [que l’on reprend], pour que cela fonctionne. » C’est pourquoi les étudiants ont l’occasion de s’inscrire à un cours portant spécifiquement sur ce sujet.

Le fait d’avoir été sensibilisée aux enjeux entourant la relève est ce qui a permis à Annie Contant d’être plus zen durant la transition à la tête de son entreprise. « Quand tu reconnais que le cédant doit faire son deuil, tu prends conscience que ça peut brasser beaucoup d’émotions et que tu dois te montrer conciliante », explique-t-elle.

Isabelle Gagnon (Photo: Émilie-Tournevache)

D’ailleurs, le MBA pour cadres de l’ESG fait plus de place aux questions de savoir-être, primordiales en contexte de repreneuriat. Depuis septembre 2019, les étudiants sont conviés en début de cheminement à un séminaire de deux jours explorant des thèmes comme le travail d’équipe et le leadership. « Ils apprennent également à se connaître pour mieux communiquer, par le biais de ces activités, mais aussi d’un questionnaire qui leur permet d’identifier leur style », précise Isabelle Gagnon, coordonnatrice de ce programme. Autant de compétences essentielles pour réussir la transition avec doigté, tant avec l’ancien propriétaire qu’avec ses employés.


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