À 3 km de profondeur dans la mine d'or LaRonde

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Octobre 2015

À 3 km de profondeur dans la mine d'or LaRonde

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Édition du 10 Octobre 2015

Avec LaRonde Extension, qui s’étend de 2,4 à 3,1 km de profondeur, Agnico-Eagle s’est assurée des réserves jusqu’en 2024. [Photo : Valerian Mazataud]

Quelque part dans l'obscurité d'un chantier «long trou», une chargeuse solitaire fonce à toute allure dans le minerai qui s'est accumulé au fond, puis recule, son godet dégoulinant de roches. Son chauffeur, Tommy Gagnon, n'est pas à bord, mais se tient plutôt en retrait, sur une courte plateforme d'où il contrôle son véhicule sans se mettre en danger : des roches pourraient chuter de la galerie supérieure.


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Tommy, 22 ans, sue à grosses gouttes. Non pas de gêne ou de stress, mais bien de chaleur. Il faut dire qu'au niveau 293 de la mine aurifère LaRonde, c'est-à-dire à 2,9 kilomètres de profondeur, ce sont les tropiques : la température avoisine les 35 degrés Celsius. En ce qui concerne les conditions de travail, cela n'a rien d'anecdotique.


«La température diminue sur les parois, mais le massif encaissant est toujours à 35 degrés Celsius autour de nous, rappelle Daniel Paré, directeur général. Si on ajoute à cela la chaleur produite par les équipements diesel, nous n'avons plus le choix : pour avoir des conditions de travail acceptables, il faut climatiser.»


Située entre Val-d'Or et Rouyn-Noranda, LaRonde compte déjà trois systèmes de climatisation souterraine. La plus importante, à 2,6 km de profondeur, a coûté entre 15 et 20 millions de dollars. Elle est munie de cinq compresseurs, capables de refroidir l'air ambiant de 10 à 12 degrés : l'équivalent, étant donné la surface à couvrir, de 11 000 climatiseurs résidentiels.


Aux 2 M$ que coûte en énergie la climatisation chaque année, il faut ajouter 6 M$ en ventilation, pour une facture totale de 8 M$ rien que pour assurer une aération convenable. Nul doute que la chaleur, qui augmente de 12 degrés à chaque kilomètre, constitue une variable déterminante dans la décision de descendre plus bas.


Descendre encore plus loin


Avec LaRonde Extension, qui s'étend de 2,4 à 3,1 km, Agnico-Eagle s'est assurée des réserves jusqu'en 2024. Mais voilà qu'elle louche déjà en dessous de sa limite actuelle de 3,1 km. Dès 2014, elle a décidé de lancer un programme de forage de trois ans, question de connaître le potentiel aurifère jusqu'à 3,7 km.


«L'exploration n'a jamais vraiment cessé, dit David Pitre, géologue minier. C'est juste que, dans la période allant de 2006 à 2014, on s'est concentrés sur l'entrée en production de LaRonde Extension. Ça a pris une dizaine d'années. Là, on est à l'étape de la production, mais on voit qu'on va finir de miner dans 10 ans. Donc on pense au prochain projet.»


Le prochain projet, c'est LaRonde3, qui s'étendrait de 3,1 à 3,7 km. «Depuis un an, on a foré 10 000 mètres, précise M. Pitre. On investit peut-être 1 ou 2 M$ par année, pour forer 10 000 à 15 000 m. Il s'agit donc d'une enveloppe totale de 3 à 6 M$ sur trois ans.» Des forages de conversion sous les 3,1 km ont déjà permis de transférer des ressources présumées vers les quelque 6,8 millions de tonnes de ressources indiquées que compte la mine.


«On confirme aussi dans cette portion [3,1 à 3,4 km] que les teneurs sont similaires à LaRonde Extension», souligne M. Pitre.


Mais il n'est pas aisé, dans un espace aussi restreint, de mener une campagne de forage sans se marcher sur les pieds. «Les activités d'exploration entrent un peu en conflit avec les activités de minage, admet M. Pitre. On veut accroître la durée de vie de la mine, mais on doit aussi maintenir la production à 6 000 tonnes par jour. On doit équilibrer nos équipes et nos budgets en conséquence.»


Quelque part à l'ouest du niveau 290, une unité de climatisation a été spécialement aménagée pour refroidir l'une des baies. C'est seulement à cette condition que Patrick Charest, 42 ans, et Francis Lessard, 23 ans, peuvent faire tourner leur foreuse au diamant. On en compte présentement sept à LaRonde, dont deux forent aussi loin que 3,7 km - la limite établie pour LaRonde3.


Mais rien n'est sûr, à cette profondeur. «En ce moment, on refroidit l'air avec de l'eau froide, explique M. Paré. Mais à 3,7 km, ça va être quoi, de la glace ?»


Parallèlement aux forages, LaRonde devra certes mener des études plus larges : aura-t-elle suffisamment de ventilation pour aérer si bas ? Combien cela coûtera-t-il ? Car, qu'il y ait de l'or ou pas, il faudra bien que des hommes puissent s'y rendre.


Les réserves prouvées et probables à LaRonde s'élèvent à 20,5 millions de tonnes ayant une teneur de 5,2 grammes par tonne, pour un total de 3,4 millions d'onces d'or. Elles doivent assurer la production jusqu'en 2024. L'objectif en 2015 est de 245 000 onces, à un coût de 576 $ chacune (net des sous-produits). L'once s'échange présentement à 1 515 $.


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