Gaz Métro voudrait accomplir 20% de l'objectif de réduction de Québec 2030

Offert par Les Affaires


Édition du 09 Septembre 2017

Gaz Métro voudrait accomplir 20% de l'objectif de réduction de Québec 2030

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Édition du 09 Septembre 2017

[Photo: Gaz Metro]

DOSSIER ÉNERGIE - Même si le Québec produit peu d’électricité thermique, le gouvernement a tout de même donné au gaz naturel un rôle significatif dans la transition énergétique 2030.

Gaz Métro se donne comme objectif de retrancher, entre 2001 et 2030, 2,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) des émissions de la province, soit 20 % de l’objectif total de 37,5 % sous le niveau de 1990.

Gaz Métro a pris une bonne longueur d’avance. Depuis 2001, elle a développé des dizaines de milliers de projets d’efficacité énergétique, qui ont déjà occasionné des réductions totalisant 900 000 tonnes de GES. Elle prévoit poursuivre ses efforts et ajouter, d’ici 2030, 320 000 tonnes à ses réductions, pour un total de 1,2 Mt.

Le reste de ses réductions (1,6 Mt) proviendront essentiellement du biométhane, du déplacement des produits pétroliers et de la conversion au gaz naturel dans les transports.

Exit le mazout?

Dans les secteurs industriel, commercial et institutionnel, plusieurs territoires du Québec dépendent encore des produits pétroliers tels le mazout ou le diesel, plus polluants et plus coûteux.

Les récents projets de prolongement de réseau de Gaz Métro à Thetford Mines, Saint-Éphrem-de-Beauce ou Saint-Marc-des-Carrières visent à réduire à la fois les coûts associés à l’énergie et les émissions de GES des entreprises de ces régions.

Car même avec un baril de pétrole à 47$, la molécule de gaz naturel demeure, pour les grands clients commerciaux ou industriels qui utilisent du mazout 6 par exemple, plus de 100 % moins cher. Il émet aussi 25 à 30 % moins d’émissions de GES. Ainsi, Gaz Métro prévoit que ces trois extensions occasionneront une économie annuelle de 2933 tonnes de GES.

C’est peu, mais d’autres gains restent à faire, dans les régions éloignées comme la Côte-Nord ou dans les zones de proximité qui ne sont pas encore raccordés au réseau. Gaz Métro s’est d’ailleurs donné comme objectif de déplacer, d’ici 2030, 75 % du potentiel total de produits pétroliers lourds, une économie de 580 000 tonnes de GES –l’équivalent de 100 000 nouveaux véhicules électriques sur les routes.

Le transport lourd, cancre de la lutte aux changements climatiques

Le gaz naturel pourrait également jouer un rôle significatif dans le secteur des transports, plus particulièrement dans le transport lourd de marchandises, qui n’est pas «électrifiable». Le gaz naturel pourrait donc venir «compléter» le plan d’électrification des transports, qui vise surtout les véhicules légers.

«Depuis 1990, dans le transport de marchandises, les émissions ont augmenté de 90 %, à contre-courant de notre objectif de réduire nos émissions totales de 20 % d’ici 2020», rappelle Stéphanie Trudeau, vice-présidente principale à la règlementation chez Gaz Métro. «On a donc 4 % de nos véhicules sur les routes qui émettent plus de 30 % des émissions du secteur.»

Il existe des technologies «matures et économiques» pour passer du diesel au gaz naturel comprimé (GNC) dans le transport lourd, mais elles demeurent sous-utilisées, croit Martin Imbleau, vice-président principal au transport et développement des énergies nouvelles. «Un camion au GNC, c’est 25 % moins de GES [soit 35 tonnes]», dit-il. «À chaque fois que tu en changes quatre, c’est comme si tu en enlevais un de la route.»

Pour Québec, c’est une aubaine, croit Gaz Métro. Selon les comptes du Fonds vert 2015-2016, le programme Roulez électrique, qui compte actuellement plus de 14 000 véhicules électriques, hybrides et hybrides rechargeables, avait occasionné au 31 mars 2015 une réduction totale de moins de 12 000 tonnes de GES. Bien sûr, la réduction annuelle augmentera à mesure que croit le parc automobile. Mais au 31 mars 2016, ces réductions avaient tout de même coûté plus de 62 millions de dollars à Québec.

Dans le cas du programme Éco-camionnage concernant les véhicules lourds, le Québec ne compte pour l’heure que 630 camions au gaz naturel comprimé (GNC), mais ceux-ci totalisent déjà une réduction annuelle de 21 000 tonnes de GES. Pas étonnant que Québec ait reconduit le programme et se soit donné, dans son Plan d’action paru en juillet, un objectif de 12 000 véhicules lourds au GNC d’ici 2020.

«Éco-camionnage a été le programme le plus rentable de tout le Fonds vert», estime Mme Trudeau. «En plus des réductions de 25 % grâce au GNC, on a des camions qui carburent au gaz naturel renouvelable, dont 150 camions à ordures. Dans ce cas, la réduction est de 99,4 %.»

Des transporteurs comme CAT, Groupe Robert, EBI et Gaudreau se sont déjà dotés de flottes au GNC.

La prime associée à l’achat d’un véhicule lourd au GNC est toutefois coûteuse, qui ralentit son adoption par les entreprises de transports. Ce surcoût se situe actuellement entre 45 000 et 80 000$, selon Mme Trudeau. L’objectif du programme Éco-camionnage est d’en subventionner une partie (30 % jusqu’à 30 000$ par véhicule lourd). Au 31 mars 2016, le programme avait coûté près de 15 M$ au Fonds vert.

Gaz Métro estime le coût de la réduction associée au GNC à 130$ la tonne. C’est bien en-deçà que du coût associé au programme Roulez électrique, que l’Institut économique de Montréal estimait récemment à 288$.

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