Le Plan Nord cherche sa main-d'oeuvre au Sud

Publié le 08/10/2011 à 00:00, mis à jour le 06/10/2011 à 15:38

Le Plan Nord cherche sa main-d'oeuvre au Sud

Publié le 08/10/2011 à 00:00, mis à jour le 06/10/2011 à 15:38

Avec près de 80 milliards de dollars d'investissements à réaliser sur une période de 25 ans, le Plan Nord s'annonce comme un chantier de taille pour les entreprises québécoises, notamment pour les firmes de génie- conseil qui seront chargées de ces projets. Selon les chiffres du gouvernement du Québec, environ 20 000 emplois seront à pourvoir chaque année pour faire tourner ce vaste chantier.

Un recrutement qui s'annonce d'autant plus difficile que le secteur du génie est déjà soumis à une pénurie de main-d'oeuvre. "Le double défi que devront relever les firmes de génie-conseil sera de trouver des gens compétents, qui soient aussi prêts à vivre dans un contexte de chantier éloigné", explique Johanne Desrochers, présidente-directrice générale de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec (AICQ).

Et la demande se situera sur plusieurs fronts : génie-conseil, environnement, eau, énergie, infrastructures, mines et métaux... "Les entreprises devront trouver un certain équilibre en employant des ingénieurs expérimentés tout comme de jeunes diplômés", avance Mme Desrochers.

Si toutes les firmes de génie-conseil planchent sur la question, certaines ont déjà mis en place des outils pour relever le défi. Genivar (4 700 employés, dont 200 au Québec) a décidé de miser sur ses propres forces. "Nous avons choisi de nous positionner dans des domaines où nous possédons déjà de l'expertise, comme les projets miniers ou l'écoforesterie", dit Isabelle Adjahi, directrice des relations avec les investisseurs.

Elle espère tirer profit de l'acquisition récente de la société Optivert, spécialisée dans les domaines de l'environnement et de la foresterie, ainsi que sur la présence d'un bureau à Montréal orienté vers le génie nordique. "Ces défis viendront s'ajouter à ceux que l'on connaît déjà, puisque la main-d'oeuvre disponible est quasi inexistante dans le secteur et que nos meilleurs éléments sont parfois démarchés par nos clients", précise Mme Adhaji.

Si le recours à la main-d'oeuvre étrangère semble constituer une piste prometteuse, Genivar veut miser davantage sur sa politique de développement à l'interne pour générer sa relève. "Nous allons favoriser la mobilité interne et mettre en place des programmes de mentorat", ajoute-t-elle.

Capitaliser sur son image d'employeur

Cima + vient quant à elle d'obtenir un contrat concernant la réalisation du premier tronçon d'une route vers le Nord. "Le Plan Nord devrait générer des retombées positives pour toutes les firmes. Et il est toujours moins ardu de recruter lorsqu'on a de beaux projets", estime Kazimir Olechnowicz, associé et président-directeur général de la société de Laval.

Cette année, Cima + a embauché 350 personnes, pour total de 2 000 personnes. En plus de prendre en considération l'embauche d'ingénieurs étrangers provenant de pays comme l'Espagne ou la Grèce, où les chantiers sont au ralenti, la firme mise sur le ralentissement des projets municipaux au Québec. "En raison de la baisse des financements à venir, les équipes affectées à ces projets seront disponibles pour d'autres chantiers, comme ceux du Plan Nord", affirme M. Olechnowicz.

20 000

Emplois qui seront à pourvoir chaque année pour faire tourner le chantier du Plan Nord.

Source : Gouvernement du Québec

6 000

Nombre de travailleurs dont l'industrie minière aura besoin d'ici cinq ans pour faire face au boom minier, dont des ingénieurs géologues et des ingénieurs miniers.

Source : Association minière du Québec


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