Bourse: Wall Street désorientée face au calage de l'économie

Publié le 25/03/2019 à 09:49, mis à jour le 25/03/2019 à 17:06

Bourse: Wall Street désorientée face au calage de l'économie

Publié le 25/03/2019 à 09:49, mis à jour le 25/03/2019 à 17:06

Un employé de la Bourse regarde les écrans.

(Photo: Getty Images)

REVUE DES MARCHÉS. Wall Street a clôturé en ordre dispersé lundi, toujours déstabilisée par le ralentissement économique mondial, ces inquiétudes continuant à affecter le marché obligataire américain.

Indices

À Toronto le S&P/TSX a terminé sur un recul de 23 points, ou de 0,15%, à 16 065 points.

Le Dow Jones Industrial Average a progressé de 14 points, ou de 0,06%, à 25 516 points. 

L’indice composé S&P 500 a concédé 2 points, ou 0,08%, à 2 798 points. 

L’indice à forte coloration technologique, le Nasdaq a perdu 5 points, ou 0,07%, à 7 637 points. 

Contexte

«Il s'agit principalement des craintes sur l'économie», a affirmé Peter Cardillo de Spartan Capital pour justifier la séance instable lundi.

Après une fin de semaine très difficile, marquée par des indicateurs économiques en Europe jugés particulièrement décevants, l'humeur à Wall Street est restée plutôt morose lundi en l'absence de nouvelle d'importance.

Cet état d'esprit maussade s'est surtout observé sur le marché obligataire américain.

La différence entre le niveau du taux d'intérêt sur la dette à trois mois et à dix ans est restée à l'avantage du premier, un phénomène appelé dans le jargon financier «inversion de la courbe des taux».

Le taux d'intérêt à trois mois était passé au-dessus du taux à dix ans vendredi pour la première fois depuis 2007, avant la dernière crise financière.

Cette situation est regardée de près car le passage des taux à court terme au-dessus de ceux à long terme a précédé de quelques mois la quasi-totalité des récessions américaines ces cinquante dernières années.

«La courbe des taux sonne l'alerte dans l'esprit des courtiers. Pas forcément celle d'une récession imminente mais au moins d'une croissance morose», a affirmé Peter Cardillo.

Apple s'attaque à Netflix

Fait marquant lundi, le taux d'intérêt américain sur la dette à 10 ans, souvent perçu comme le reflet des perspectives de croissance américaine, est même passé en cours de séance sous la barre des 2,40% pour la première fois depuis décembre 2017. 

Indice supplémentaire de l'incertitude actuelle: selon une étude publiée lundi, les économistes américains ont drastiquement abaissé leurs prévisions de croissance 2019 pour les États-Unis, dans ce contexte de ralentissement mondial et de tensions commerciales internationales toujours fortes. 

Les marchés ont en revanche plutôt ignoré les conclusions de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller, pointant l'absence d'éléments prouvant une entente avec la Russie à la présidentielle de 2016.

Ces conclusions permettent au président américain d'envisager plus sereinement son avenir politique. Ce dernier s'est dit «totalement disculpé» dans cette affaire.

Sur le front des valeurs, Apple a perdu 1,21%. Entre Steven Spielberg, Oprah Winfrey, et Jennifer Aniston, la marque à la pomme n'a pas lésiné sur les stars pour dévoiler son service de vidéo en streaming à la Netflix, point d'orgue d'une série d'annonces dans les services, dont il veut faire son nouveau relais de croissance. Pas suffisant toutefois pour faire briller le titre à Wall Street.

Le groupe pharmaceutique Biogen (+1,64%) a annoncé un programme de rachat d'actions de 5 milliards de dollars, après l'effondrement du cours de 28% jeudi à la suite de l'arrêt du développement d'un traitement contre la maladie d'Alzheimer.

Boeing a pris 2,29% après un plongeon de 18% depuis le début du mois de mars. Le cours a surtout plongé après le crash d'un de ses 737 MAX 8 le 10 mars, le deuxième en cinq mois, qui a conduit à l'immobilisation de ce modèle à travers le monde.

Momentanément privée de ses 18 Boeing 737 MAX, la compagnie à bas coûts Norwegian Air Shuttle a annoncé lundi qu'elle suspendait la vente potentielle de six Boeing plus anciens sur laquelle elle comptait pour améliorer ses finances.

Ethiopian Airlines a de son côté gardé sa confiance dans le constructeur américain.


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