Les Québécois recommencent à consommer

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Février 2017

Les Québécois recommencent à consommer

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Édition du 11 Février 2017

Les ventes au détail connaissent une croissance solide au Québec depuis un an, une poussée salutaire après des années de vaches maigres. Si cette performance risque peu de se répéter en 2017, les raisons d'être optimistes sont nombreuses.

Après avoir été une importante source de croissance au début des années 2000 et avoir aidé notre économie à bien résister à la crise de 2008-2009, la consommation des ménages québécois avait fortement ralenti depuis 2012. La croissance annuelle moyenne de la valeur des ventes au détail n'a ainsi été que de 1,5 % de 2012 à 2015, un résultat dépassant à peine l'inflation et un rythme deux fois moins rapide que la moyenne canadienne. On peut penser que les deux hausses de la TVQ et le ralentissement du secteur immobilier au Québec ont contribué à freiner l'appétit des ménages au cours de cette période.

Les ventes au détail ont toutefois repris beaucoup de vigueur dans les derniers mois. Les données de Statistique Canada montrent une poussée de 4,3 % de la valeur des ventes au détail au Québec pour les onze premiers mois de 2016 par rapport à la même période en 2015. Ce résultat, qui dépasse la moyenne canadienne, peut s'expliquer notamment par le taux d'inflation très faible qu'a connu le Québec l'an dernier (0,7 %). Peu d'observateurs auraient prédit au début de 2016 que le commerce québécois de détail afficherait une vigueur comparable à celle de l'Ontario. La performance canadienne, quant à elle, a décéléré sous l'effet d'un nouveau recul en Alberta.

Plusieurs facteurs ont contribué à raviver l'appétit des ménages québécois l'an dernier. En premier lieu, on note que leur revenu disponible a augmenté significativement au cours des derniers trimestres. Les efforts du nouveau gouvernement fédéral pour alléger le fardeau fiscal de la classe moyenne semblent avoir eu un certain impact : on note une diminution des transferts nets des ménages vers les administrations publiques après les trois premiers trimestres de 2016. Si la progression des salaires est demeurée modeste, la création d'emplois a permis une hausse des revenus des ménages québécois, notamment pendant la seconde moitié de 2016. Ces données, combinées à des facteurs comme la bonne performance des marchés, une baisse des prix de l'essence et l'amélioration des finances publiques québécoises, se sont traduites par une hausse notable de la confiance des ménages l'an dernier.

Que prévoir pour 2017 ?

La consommation québécoise poursuivra-t-elle sur sa lancée au cours des prochains trimestres ? Certains facteurs qui l'ont favorisée l'an dernier pourraient être absents cette année.

La progression du revenu disponible ne profitera pas autant de la réduction du fardeau fiscal, bien que l'abolition de la taxe santé constitue une autre mesure positive pour les contribuables. Des prix de l'essence plus élevés qu'en 2016 et le début d'une tendance haussière pour certains taux d'intérêt pourraient aussi freiner les ménages, surtout dans un contexte d'endettement élevé. L'accélération récente de la création d'emplois, bien qu'il faille prendre ces données avec un grain de sel lorsqu'elles portent sur une courte période, est quand même encourageante pour l'évolution des revenus et de la confiance des ménages. Si une répétition de la forte croissance de 2016 semble peu probable, les raisons sont nombreuses d'anticiper une croissance intéressante.


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