La Fed: du bon et du moins bon

Publié le 08/11/2018 à 17:33

La Fed: du bon et du moins bon

Publié le 08/11/2018 à 17:33

Par Dominique Beauchamp

Jerome Powell, président du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine.

L’importance accordée aux déclarations de la Fed américaine est bien sûr exagérée, mais les investisseurs cherchent un compas dans le tumulte des marchés.


Après tout, tant de marchés et d’actifs sont dans un marché baissier – un recul de plus de 20% - que ça soit les marchés émergents ou encore le bois d’œuvre ou le nickel.


Le pétrole américain a joint la liste aujourd’hui en tombant de 22% à 60,68$US le baril West Texas.


Les obligations américaines à long terme (représentées par le fonds iShares 20+ Year Treasury Bond, TLT, 112,51$US) avaient déjà touché la marque d’un marché baissier le 2 novembre, soit un recul de 20,9% pour ce fonds depuis juillet 2016.


L'indice ICE BoAML 15+ affiche un rendeent total négatif de 16,08%, sur la même période. 


Jerome Powell, le nouveau président de la Fed, reconnu pour son franc parler, n’a pas causé de surprise aujourd’hui.


Le grand argentier a tout de même déçu ceux qui espéraient encore qu’il glisserait un mot sur la chute des marchés en octobre.


Une allusion aurait suggéré qu’il est sensible à l’impact du resserrement des conditions monétaires sur la valeur des actifs financiers.


M. Powell n’a pas évoqué non plus le risque d’un ralentissement l’an prochain, un facteur qui aurait pu freiner la trajectoire haussière des taux.


Au contraire, il a utilisé trois fois le mot «solide» pour décrire l’économie américaine, avec une emphase sur la création d’emplois et la consommation.


Après tout, la croissance de 3,5% au troisième trimestre est nettement supérieure au rythme «naturel» de 2% de l’économie américaine.


Heureusement, la consommation procure les trois quarts de la croissance économique américaine. Plusieurs observateurs s’attendent d’ailleurs à un excellent Noël pour les détaillants.


«Son message est encore: les taux montent pour les bonnes raisons», a fait valoir Peter Cardillo, économiste en chef de Spartan Capital, à l’agence Reuters.


M. Powell a tout de même pris note d’une modération des dépenses fixes des entreprises par rapport au premier semestre.


Au troisième trimestre, les dépenses fixes des entreprises ont baissé à un rythme annuel de 0,8%, mais ce recul se compare au bond de 10% de ces dépenses, lors des six premiers mois de l’année, rappelle Douglas Porter, économiste en chef de BMO Marchés des capitaux.


La Fed attend probablement de voir si les entreprises deviendront moins attentistes l’an prochain en fonction de l’évolution de la guerre commerciale entre Washington et Pékin.


Plus important pour M. Powell et la trajectoire du taux directeur, sont les attentes des marchés à l’égard de l’inflation.


Encore là, une mesure des prévisions extraite de la valeur des obligations à rendement réel sur cinq ans, indique que les attentes tournent autour de 2,2%.


«Comme les attentes inflationnistes influencent historiquement les hausses salariales, qui à leur tour, entrent dans le calcul de l’inflation, les données les plus récentes ne donnent aucune raison à la Fed de ralentir ou d’accélérer ses hausses de taux», explique aussi M. Porter.


C’est le statuquo pour l’instant. «La Fed haussera son taux directeur de 25 points de base par trimestre, jusqu’à ce que la conjoncture lui dise autrement», a indiqué Bros Schlossberg, directeur de BK Asset Magement, à Reuters.


La prochaine hausse aura lieu le 18 décembre. Trois autres sont prévues en 2019, ce qui porterait le taux directeur à 3-3,25%, un seuil que la banque centrale considère neutre pour l'économie.


 


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