L'activiste Peltz ne réussit pas à faire plier Procter & Gamble

Publié le 10/10/2017 à 11:37

L'activiste Peltz ne réussit pas à faire plier Procter & Gamble

Publié le 10/10/2017 à 11:37

Par AFP

Procter&Gamble(NY., PG), le fabricant des rasoirs Gillette, du Tide et d'une multitude de produits de consommation, a annoncé que le milliardaire américain Nelson Peltz avait échoué à entrer au sein de son conseil d'administration dont il voulait bousculer la stratégie.


Lors d'une assemblée générale sous haute tension à Cincinnati (Ohio, nord-est), les actionnaires du fabricant de produits ménagers ont reconduit à une courte majorité les onze candidats proposés par la direction, engagée depuis de longs mois dans un bras de fer avec M. Peltz. Celui-ci réclamait un siège dans cette instance, qui valide les orientations stratégiques, nomme et démet le PDG. 


Dans la foulée, le titre perd 1,5% à 90,74$US à Wall Street. 


M. Peltz n'a pas pour autant reconnu sa défaite, estimant que le vote était «trop serré».


«Selon nos conseillers, le vote d'aujourd'hui est trop serré pour déclarer un vainqueur et ça prendra plus de temps pour en déterminer l'issue», a réagi Trian Fund Management, le fonds d'investissement du financier, une des voix les plus influentes de Wall Street.


La veille, Nelson Peltz avait remporté une importante victoire avec l'entrée d'un de ses fidèles au sein du conseil d'administration de General Electric(NY., GE), un autre fleuron de l'industrie américaine en perte de vitesse dans lequel il a investi 2,5 milliards de dollars fin 2015.


Si elle a crié victoire, P&G a toutefois prévenu dans un communiqué que les résultats annoncés étaient un décompte «préliminaire».


Les deux parties s'affrontent sur l'avenir de P&G: M. Peltz veut faire davantage d'économies et procéder éventuellement à des scissions, tandis que David Taylor, le PDG, affirme avoir engagé le groupe dans une transformation qui le rendrait compétitif face à ses rivaux Unilever, L'Oréal et de jeunes pousses aux dents longues tel Harry's.


Les enjeux sont importants de part et d'autre parce qu'une victoire de M. Peltz est susceptible de créer un précédent dans l'équilibre des pouvoirs entre les grands patrons des multinationales et les investisseurs « activistes ». Ces derniers veulent influer sur les décisions des entreprises, demandent des économies drastiques et des scissions d'activités pour doper les retours sur investissements aux actionnaires.


Depuis leur émergence, Procter&Gamble est la plus grosse entreprise en terme de capitalisation boursière–230G$US– attaquée lors d'une AG par un des leurs.


Signe des enjeux, les deux parties ont dépensé au total plus de 60 millions de dollars, du jamais-vu, pour convaincre les actionnaires de se ranger à leur cause.


Notre chroniqueur Yannick Clérouin s’est penché sur le cas de P&G et sur les autres récentes offensives des investisseurs activistes américains. À lire, sa chronique S’enrichir vite avec les investisseurs activistes, oubliez ça!


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