Bourse: les investisseurs devraient tempérer leurs attentes

Publié le 01/01/2022 à 10:15

Bourse: les investisseurs devraient tempérer leurs attentes

Publié le 01/01/2022 à 10:15

Par La Presse Canadienne

Dans ce contexte, M. Marion surpondère les actions canadiennes. Il souligne que le S&P/TSX, l’indice phare de la Bourse de Toronto, s’échange à près de 14 fois les prévisions de bénéfices des analystes pour les 12 prochains mois. (Photo: La Presse Canadienne)

S’il risque d’amener des turbulences boursières, le variant Omicron ne devrait pas entraîner un choc boursier majeur. Les investisseurs devraient cependant tempérer leurs attentes après trois années exceptionnelles sur les marchés.

C’est le conseil de Michel Doucet et de son collègue Jean-René Ouellet, de Desjardins Gestion de patrimoine. Sur une période de dix ans, les deux stratèges croient qu’un épargnant avec un portefeuille équilibré (60% d’actions, 40% d’obligations) doit s’attendre à un rendement annuel moyen d’entre 3% et 4%. 

Au cours des trois dernières années, un portefeuille équilibré modèle aurait procuré un rendement annuel moyen supérieur à 10%, ce qui a créé une forme d’habitude pour les épargnants, selon eux.

«Les taux d’intérêt sont déjà très bas, dit M. Ouellet lors d’une entrevue faite quelques jours avant Noël. Ça va être difficile de demander à un portefeuille d’obligation de générer un rendement de 3% quand l’obligation gouvernementale canadienne de 10 ans a un taux de 1,50%. Du côté des actions américaines, on est à 21 fois les bénéfices des 12 prochains mois, ce n’est pas une aubaine.»

Un multiple élevé n’est pas nécessairement annonciateur d’une année 2022 décevante pour les marchés boursiers. Par contre, la corrélation entre les évaluations et les rendements est plus forte à long terme. «Plus on paie cher, moins les rendements futurs sont élevés», prévient M. Ouellet.

L’économiste en chef de la Banque Nationale, Stéfane Marion, envisage, lui aussi, l’année 2022 avec prudence. Pour l’instant, il ne voit toutefois pas de raison de réviser ses prévisions à la baisse, mais il surveillera de près comment la Chine s’ajustera au variant Omicron. 

«Le gros facteur de risque, c’est le comportement de la Chine étant donné sa politique de tolérance zéro [à l’égard de la propagation du virus], explique l’économiste. Si la Chine maintient cette politique, et il semble que ce soit le cas, cela pourrait avoir des impacts sur la chaîne d’approvisionnement étant donné sa position stratégique. Ceci étant dit, je suis prêt à vivre avec cette incertitude si la chaîne se désengorge après un premier trimestre plus difficile.»

 

Le mot en «i»

La Banque du Canada et la Réserve fédérale (Fed) aux États-Unis devraient également commencer à resserrer leur politique monétaire l’an prochain afin de freiner la montée de l’inflation, croit M. Marion. Les taux d’intérêt devraient cependant demeurer inférieurs au niveau de l’inflation, ce qui est considéré comme un facteur stimulant pour l’économie. 

«Je pense que les banques centrales vont faire preuve de prudence, prédit l’économiste. Elles sont au courant que l’inflation est plus élevée que prévu, mais elles vont monter les taux, peut-être un petit peu plus rapidement, mais de là à les amener en territoire plus élevé que l’inflation, ce serait étonnant.»

Pour le moment, le consensus des économistes prévoit cinq hausses de taux au Canada en 2022. Au Mouvement Desjardins, on n’en anticipe que deux. «Moi, je n’y crois pas, qu’on va réussir à insérer cinq augmentations du taux directeur et que l’économie canadienne va s’en sortir», commente M. Doucet.

Une hausse trop rapide des taux d’intérêt pourrait faire dérailler la reprise économique, selon lui. En 2021, il note que 50% des nouvelles hypothèques sont à taux variables. Avec autant de ménages exposés à l’augmentation des taux, la Banque du Canada ne peut pas aller trop vite, selon lui. 

 

Investir plus près de la maison

Dans ce contexte, M. Marion surpondère les actions canadiennes. Il souligne que le S&P/TSX, l’indice phare de la Bourse de Toronto, s’échange à près de 14 fois les prévisions de bénéfices des analystes pour les 12 prochains mois. Ce ratio est de 21 fois pour le S&P 500, qui compte les 500 plus grandes sociétés américaines cotées en Bourse. «Par le passé, le S&P/TSX est un indice qui s’en tire bien dans un contexte d’inflation plus élevé. C’est un indice qui donne une protection contre l’inflation, plus que l’indice américain», a-t-il souligné.

L’économiste s’attend aussi à une appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain, ce qui est défavorable pour les Canadiens qui détiennent des actifs libellés en dollars américains. 

M. Marion anticipe que les bénéfices des entreprises du S&P/TSX augmenteront en moyenne de 7% en 2022. Il croit que l’indice atteindra 22 500 points à la fin de l’année. Les grandes sociétés américaines du S&P 500, pour leur part, verraient leur bénéfice progresser à un rythme de 6,4% en moyenne. Sa cible pour l’indice new-yorkais est de 4900 points pour 2022. 

Les prévisions des stratèges de Desjardins sont un peu plus optimistes pour les deux indices. Leur cible est de 23 000 points pour le S&P/TSX et de 5200 points pour le S&P 500. 

En préférant le style valeur au style croissance, M. Ouellet favorise, pour sa part, plusieurs secteurs bien présents au Canada: les financières, les sociétés énergétiques et le secteur des matériaux. 

Pour les titres de croissance, comme le secteur de la technologie, la hausse des taux d’intérêt représente un «boulet», car elle diminue la valeur relative des bénéfices futurs par rapport aux obligations. «On va retourner aux actions de croissance, prédit M. Ouellet. On est dans l’élan économique post-COVID, mais reste que le rythme potentiel de nos économies va revenir à la normale en 2023 ou en 2024. Dans un monde à la croissance modeste, les entreprises qui arriveront à dégager une plus forte croissance vont mériter une prime d’évaluation.»

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