Bombardier: 5 justifications à l’envolée des rémunérations

Publié le 01/04/2017 à 14:02

Bombardier: 5 justifications à l’envolée des rémunérations

Publié le 01/04/2017 à 14:02

Par lesaffaires.com

Jean C. Monty, président du Comité de rémunération de Bombardier.

En pleines turbulences de l’opinion publique, le président du Comité de rémunération de Bombardier (Tor., BBD.B) a décidé de «rétablir les faits».

Ironie de l’agenda, c’est un 1er avril que Jean C. Monty a choisi pour livrer son plaidoyer en faveur des pratiques salariales «saines» employées chez Bombardier.

Le président du Comité des ressources humaines et de la rémunération de l’entreprise a adressé ce samedi une lettre ouverte intitulée «La compensation est entièrement conçue pour créer de la valeur».

Les initiés de Bombardier ne partagent pas tous cette analyse. Sur fond d'appel à la révolte des actionnaires, Pierre Beaudoin, le président du conseil d'administration, a renoncé vendredi soir à son augmentation. Le conseil lui avait alloué 6,8 millions de dollars (+36%).

Mais selon Jean Monty, le bruit médiatique et la grogne sociale passent sous silence des éléments essentiels à la bonne compréhension de la situation.

«Le grand absent de ce débat est le contexte qui justifie notre politique de rémunération basée sur la performance et la façon dont cette politique a été appliquée pour l’année 2016», estime Jean Monty.

Bombardier a connu une année exceptionnelle en 2016, note-t-il, ce qui a placé l’entreprise en position de générer des résultats solides et durables. Fort de ce constat, le président du Comité fournit 5 justifications principales à l’envolée des rémunérations.

1. L’envergure

Le dirigeant rappelle dans son courrier que Bombardier génère des revenus de 16 milliards de dollars et que sa croissance les portera à 25 milliards dans les trois prochaines années.

«C'est la plus grande entreprise industrielle au Canada, le navire amiral de l'industrie aéronautique canadienne, et elle emploie plus de 66 000 personnes dans le monde. Plus de 80 % de ses revenus sont générés par les ventes qu’elle réalise hors du Canada et nous exerçons nos activités dans plus de 70 pays», insiste celui qui a dirigé pendant près de trente ans le plus grand opérateur de télécommunication du pays.

2. L’équipage

Comme d’autres sociétés de cette envergure, la capacité de Bombardier à prendre de l’altitude par rapport à ses concurrents dans un marché aussi concurrentiel que l’aéronautique, dépend fortement de l’attraction et de la rétention des talents.

«Une équipe de hauts dirigeants de calibre international, basée au siège social, situé à Montréal, et composée des meilleurs talents du Canada et d’ailleurs», souligne Jean Monty.

En ce sens, la politique de rémunération de la haute direction de Bombardier reflète sa «nature internationale», comparable à d’autres géants contre lesquelles l’entreprise canadienne se bat.

3. Le pilotage

Autre argument important dans la défense de la politique salariale : l’alignement à la performance.

«75 %, de la rémunération de nos hauts dirigeants n’est pas garantie. Au contraire, elle est basée sur des cibles précises à court et à long terme», détaille le président du Comité de Bombardier

Des dizaines de millions de dollars ne seront donc pas versés aux hauts dirigeants si Bombardier n’obtient pas de bons résultats et ne crée pas de la valeur pour les actionnaires.

4. Les passagers

La direction veut «évidemment» gâter ses actionnaires. Mais ces derniers ne sont pas les seuls embarqués dans le vol vers les profits, les dividendes, les plus-values sur cession d’action.

Si Bombardier crée effectivement de la valeur pour ses actionnaires, elle conservera et créera des «milliers d'emplois de haute qualité», mais soutiendra aussi «la recherche et le développement des universités au Canada».

Sans oublier que cela augmentera «considérablement la valeur de l'investissement du Québec dans le C Series ainsi que celui de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans Bombardier Transport», poursuit Jean Monty.

5. Le détournement

Enfin, le président du Comité de rémunération juge «inexacte» la comparaison faite entre les niveaux de rémunérations d’une année à l’autre.

«Elle ne tient pas compte du fait que les six hauts dirigeants énumérés ont pris leurs fonctions à divers moments en 2015. On ne peut comparer la rémunération pour une année partielle avec celle pour une année complète», fait-il remarquer.

 


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