Banque du Canada : L'économie ralentira à 0,8 %

Publié le 26/10/2011 à 18:39

Banque du Canada : L'économie ralentira à 0,8 %

Publié le 26/10/2011 à 18:39

Par La Presse Canadienne

Touchée par la crise des dettes en Europe et le ralentissement mondial, l'économie canadienne ralentit de plus en plus à l'approche de la fin de l'année, mais elle devrait éviter une récession, prévoit la Banque du Canada.

La banque centrale a dévoilé mercredi ses nouvelles prévisions pour les économies locale et mondiale, affirmant que la croissance au Canada devrait reculer jusqu'à 0,8 pour cent dans les trois derniers mois de l'année, après avoir rebondi aux environs de deux pour cent pour le troisième trimestre.

Il s'agit d'une importante révision à la baisse par rapport à ce que la banque attendait pour la deuxième moitié de l'année. En juin, ses estimations au sujet du taux de croissance économique s'approchaient de trois pour cent.

Mais le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, a indiqué mercredi lors d'une conférence de presse que le paysage mondial s'était considérablement assombri ces derniers mois.

La confiance à travers le monde a été mise à rude épreuve par l'escalade de la crise des dettes en Europe et la faiblesse de l'économie américaine, deux éléments qui intensifient les risques pour le Canada, en plus de ralentir la croissance des pays émergents comme la Chine.

Les nouvelles prévisions de la banque centrale canadienne tablent sur une croissance mondiale ralentie à 3,1 pour cent pour 2012, après la faible croissance de 3,8 pour cent qu'elle devrait connaître cette année. La croissance économique aux États-Unis ne devrait pour sa part pas dépasser le cap du 1 pour cent avant le milieu de 2012.

Le Canada, bien qu'éclaboussé par ces multiples averses, reste relativement au sec.

Selon M. Carney, le quatrième trimestre _ les mois d'octobre à décembre _ semble plus faible qu'il ne le sera vraiment en raison de facteurs temporaires, et la croissance sera sur une piste plus vigoureuse à partir de l'an prochain, avec une progression de 1,9 pour cent entre janvier et mars.

"Nous nous attendons à ce que la situation en Europe et le retour des faiblesses aux États-Unis aient un impact sur la confiance au Canada, sur la consommation, sur les marges des investissements, et cela va aussi avoir un impact sur les exportations parce qu'il y a moins de demande à l'étranger", a-t-il expliqué.

"Mais lorsque ces éléments commenceront à disparaître, nous nous attendons

à une croissance modeste au Canada, puis à une reprise qui débutera au milieu de l'an prochain."

Selon les dernières prévisions de la banque centrale, l'économie canadienne avancera de 2,1 pour cent cette année, avant de ralentir à 1,9 pour cent l'an prochain et prendre de la vitesse en 2013, avec une croissance de 2,9 pour cent.

Prévisions plus "réalistes"

L'économiste Derek Holt de la Banque Scotia, qui n'est pas des plus optimistes dans ses perspectives à court terme, s'est réjoui de voir M. Carney être plus "réaliste" quant au potentiel de l'économie. Mais d'autres croient que le gouverneur est allé trop loin dans son changement de cap, lui qui avait présenté cet été un rapport teinté d'optimisme.

"Nous croyons que la banque est maintenant trop pessimiste au sujet de la croissance mondiale", a indiqué l'économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld. Les prévisions de la banque centrale sont légèrement inférieures au consensus des économistes privés que le gouvernement fédéral compte utiliser pour sa mise à jour économique de l'automne, attendue le mois prochain.

M. Carney a averti que ses prévisions prenaient pour acquis que l'Europe réussira à contenir sa crise financière afin qu'elle ne s'étende pas dans le système financier mondial, ce qui pourrait avoir pour effet de geler le crédit et possiblement entraîner une récession à double fond. Si cette contagion devait avoir lieu, il faudrait oublier toutes ces prévisions, a-t-il suggéré.

"C'est le plus grand risque à la baisse", a estimé M. Carney. "De toute évidence, cela aurait un effet sur le Canada (...) Nous sommes en meilleur position que virtuellement toutes les autres économies avancées en ce qui a trait au système financier, mais nous ne pouvons pas nous isoler complètement d'un mauvais résultat en Europe."

En outre, un échec en Europe ébranlerait vraisemblablement la confiance des ménages et des entreprises au Canada, ainsi qu'ailleurs dans le monde.

 

 

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