Analyse : la grippe aura peu d'effet sur l'économie

Publié le 24/11/2009 à 10:20

Analyse : la grippe aura peu d'effet sur l'économie

Publié le 24/11/2009 à 10:20

Par François Normand

La grippe bouscule les habitudes de bien des familles. Photo : Bloomberg

Si la grippe A (H1N1) chambarde le quotidien des parents et des entreprises, elle ne perturbera pas l'économie canadienne en 2009-2010, selon la Banque TD.

James Marple, économiste à la TD, évalue que la pandémie pourrait avoir un effet négatif de 0,4 à 0,8 point de pourcentage sur la croissance du PIB canadien. Aux États-Unis aussi, l'impact sera inférieur à 1 %, selon les experts sondés par Bloomberg.

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Mais si le Canada devait connaître à nouveau une situation catastrophique similaire à celle de la grippe espagnole en 1918-1919 - un scénario très peu probable, selon la TD -, l'effet sur l'économie serait alors de l'ordre de 1,3 à 2,8 points.

Retombées négligeables sur les heures travaillées

Dans le premier scénario (un faible impact), M. Marple postule que la grippe H1N1 aura sensiblement le même effet que la grippe asiatique, en 1957, et la grippe de Hong-Kong, en 1968.

Le virus pourrait rendre malade jusqu'à 30 % de la population, mais le taux de mortalité demeurerait bas, de sorte que l'impact serait négligeable sur le nombre total d'heures travaillées. " Pour la majorité des personnes infectées, il est raisonnable de s'attendre à ce que les symptômes ne se manifestent pas plus d'une semaine ", note James Marple.

Si 30 % des gens sont malades, leur absence aura un impact de 0,6 % sur le nombre d'heures travaillées.

M. Marple ne s'est pas penché sur l'impact de la grippe sur les Jeux olympiques de Vancouver à l'hiver 2010. Mais selon lui, il y aura une incidence sur le tourisme et la présence des spectateurs aux compétitions. " L'impact sur l'économie sera toutefois minime ", dit-il.

Effets limités sur la consommation

Dans le cas d'une pandémie modeste, l'expérience des grippes asiatique et de Hong-Kong est très instructive, selon la TD.

En 1968, aux États-Unis, la pandémie n'avait pas eu d'effet important sur les dépenses de consommation.

Le portrait était moins rose lors de l'épisode SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), qui avait particulièrement frappé l'Ontario en 2003. Ce nouveau virus avait eu un effet important sur plusieurs secteurs au pays, en particulier celui du transport aérien. " Au second trimestre de 2003, le PIB s'était contracté de 0,5 %, déclin attribuable en partie au SRAS ", rappelle James Marple.

D'autres facteurs pesaient sur l'économie canadienne, comme l'appréciation du huard par rapport au dollar américain.

Transat joue de prudence

Les transporteurs ont tiré des leçons de l'épisode du SRAS. Air Transat a renforcé ses mesures de précaution à bord de ses appareils. La société montréalaise n'est pas encore en mesure d'évaluer l'impact de la grippe sur ses finances. " Et même là, il sera difficile de séparer les effets liés à la conjoncture économique de ceux attribuables à la grippe ", dit le porte-parole Jacques Bouchard.

Transat joue néanmoins de prudence. Elle a recueilli en septembre 63 millions de dollars par l'entremise d'une émission d'actions. Cette somme aidera Transat à faire face à un événement externe, comme la pandémie de la grippe A (H1N1), nous avait expliqué Jean-Marc Eustache, président de l'entreprise, au début octobre.

Par ailleurs, la pandémie favorisera quelque peu le commerce électronique durant le magasinage des Fêtes, selon Jean-François Ouellet, professeur de marketing à HEC Montréal. Le magasinage en ligne durant les Fêtes progresse d'environ 30 % par année en Amérique du Nord depuis deux ou trois ans.

Une analyse beaucoup plus sombre

La firme américaine Challenger, Gray & Christmas est beaucoup moins optimiste que la Banque TD en ce qui à trait aux retombées de la grippe A (H1N1). La propagation du virus pourrait carrément faire dérailler la reprise économique qui se pointe.

" Non seulement une importante pandémie augmenterait le taux d'absentéisme dans les entreprises, mais elle hypothéquerait aussi une économie déjà anémique, en entravant les voyages d'affaires et le déplacement des consommateurs inquiets de se retrouver dans les endroits publics ", dit le président du cabinet, John A. Challenger.

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