Des rendements positifs à espérer


Édition du 11 Juin 2016

Des rendements positifs à espérer


Édition du 11 Juin 2016

[Photo : Shutterstock]

Un rendement de 4 à 8 % à la Bourse est envisageable au cours de la prochaine décennie, dans un contexte où l'inflation variera de 1 à 2 %, et ce, même si les actions sont pleinement évaluées par rapport aux repères historiques. C'est l'opinion de Paul Moroz, cogestionnaire, avec Jim Hall et Christian Deckart, du Fonds d'actions mondiales Mawer.

Le gestionnaire constate que, malgré les interventions soutenues des banques centrales, l'économie mondiale semble continuer d'afficher un rythme de croissance lent, l'exception possible étant les États-Unis. Il juge que ces politiques monétaires ne produisent pas les effets escomptés parce que les leviers de crédit sont déjà poussés à leur limite : la croissance économique n'accélère pas, l'expansion du crédit est limitée au bilan des banques centrales et l'inflation est au mieux sporadique. Le seul effet clairement identifiable s'observe dans le prix des actifs financiers, qui a monté en flèche. Jusqu'à quel point l'évaluation des actions restera élevée dépend du temps pendant lequel les taux d'intérêt se maintiendront à leur niveau actuel. Sans croissance additionnelle, le message qu'il reçoit est que la marge de sécurité diminue. C'est pourquoi il est prudent quant aux évaluations qu'il est prêt à accorder aux actions.

Ça brasse au Brésil

Le ralentissement de la Chine, au moment où les prix des produits de base sont faibles et que la Réserve fédérale amorce un cycle de hausses de son taux directeur, crée des risques pour les sociétés et les pays exposés de manière importante à des dettes libellées en dollars américains et aux matières premières. C'est le cas pour plusieurs des économies sud-américaines. Le PIB du Brésil a chuté de 3,8 % en 2015 et il est maintenant question d'une dépression dans ce pays.

«Dans ce contexte, vous vous tenez loin des produits de base et des endroits qui arriment leur devise au dollar américain et qui pourraient être forcés de ne plus le faire pour des raisons concurrentielles. De même, vous évitez les pays à fort endettement en dollars américains, par exemple l'Indonésie», juge Paul Moroz.

Cela dit, il prévient qu'il ne faut pas lire dans la pondération de 2,5 % du fonds dans le secteur énergétique une seule opinion sur ce secteur. C'est plutôt que les titres qu'on y retrouve ne possèdent généralement pas les caractéristiques qu'il cherche, à savoir un rendement élevé du capital investi (rendement plus élevé que le coût de ce capital, une condition essentielle de création de richesse à long terme) qui découle d'un avantage concurrentiel durable.

À l'inverse, plusieurs titres du secteur financier, le plus important en portefeuille avec une pondération de 26,5 %, répondent à ses exigences. C'est notamment le cas de Wells Fargo, qui détient une part importante du marché hypothécaire américain et qui devrait être plus rentable dans un contexte d'augmentation des taux d'intérêt. De plus, elle est surtout exposée aux États-Unis, où il n'y aura aucun problème lié à la devise.

Un investissement de 10 000 $ dans le fonds d'actions mondiales Mawer à son lancement le 22 octobre 2009 valait 20 478 $ le 15 avril, comparativement à 20 984 $ s'ils avaient été investis dans l'indice mondial MSCI. Le fonds affichait toutefois le meilleur profil rendement-volatilité de sa catégorie parmi les fonds d'actions mondiales diversifiés pour la période de cinq ans terminée le 30 avril. Sous cet angle, il affichait aussi une performance supérieure à l'indice MSCI. Le ratio des frais de gestion n'est que de 1,34 %, en dessous de la moyenne de 2,01 % pour sa catégorie, selon les données de Morningstar.

«Depuis sa création, la performance de ce fonds a été constamment fonction de sa sélection d'actions, qui témoigne de l'efficacité de son processus ascendant. Le portefeuille a aussi fait preuve de constance, battant l'indice plus de 85 % du temps sur une base de trois années mobiles. M. Moroz est le premier à reconnaître qu'il est peu probable que ce soit toujours le cas. Le style axé sur la qualité de Mawer connaît la faveur du public depuis 2009, mais les résultats de cette démarche peuvent ne pas être aussi roses. Attendez-vous cependant à ce que ce fonds produise des résultats solides à long terme» écrit Shehryar Khan, analyste chez Morningstar Research, qui lui accorde la cote «Or».

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