Trop tôt, la hausse des taux


Édition du 21 Mai 2016

Trop tôt, la hausse des taux


Édition du 21 Mai 2016

Avec le recul, la hausse de taux de la Réserve fédérale (la Fed), le 17 décembre, était une erreur, et ses dirigeants auraient dû le savoir, selon Chris Kresic, gestionnaire du Fonds Jarislowsky Fraser Sélect revenu.

«Normalement, lorsque les taux d'intérêt montent, ce sont autant ceux à court, à moyen et à long terme qui s'élèvent du même pourcentage, parce que l'économie va bien et que l'inflation augmente. Mais, cette fois, les taux à long terme ont baissé alors que le rendement de l'obligation du Trésor de 10 ans est passé de 2,3 %, le 16 décembre, à 1,83 %, à la fin d'avril. C'est le marché obligataire qui a dit à la Fed "Vous avez agi trop tôt". Et qu'a fait Janet Yellen ? Elle a discuté avec le marché obligataire. Mais elle a vite appris ce qu'ont appris tous les directeurs de la Fed avant elle : c'est le marché obligataire qui contrôle les taux, pas la Fed. Je crois que ses déclarations subséquentes montrent qu'elle a appris la leçon : vous ne pouvez hausser les taux sans l'approbation du marché obligataire», tranche-t-il.

Puisque le marché obligataire ne prévoit qu'une hausse de taux de plus d'ici février 2017, il indique à la Fed qu'elle est trop agressive en prévoyant deux hausses. Mais le désaccord est moins important qu'il n'y paraît, alors que des membres influents de la Fed penchent plutôt pour une seule hausse.

«D'autant plus que la hausse de 18 % du dollar américain entre 2014 et 2015 a eu l'effet de hausses de taux allant de 150 à 200 points de base sur l'économie américaine. Il y a désormais 50 % des bénéfices des sociétés du S&P 500 qui proviennent de l'étranger. C'est cet impact qui a fait changer de ton Janet Yellen», affirme Chris Kresic, qui se dit optimiste quant à la croissance économique à court terme.

D'un point de vue cyclique, il juge que les excellents gains en Bourse des dernières années devraient inciter les investisseurs à réduire leur pondération en actions, bien que leur évaluation ne soit pas au stade de la «bulle».

Il admet que les rendements obligataires ne semblent guère alléchants pour les dix prochaines années, mais les obligations doivent être considérées comme de l'assurance. Le cycle des affaires ayant été faible depuis le creux de 2009, il peut durer plus longtemps que d'habitude.

«Ce sont nettement les politiques monétaires des banques centrales qui l'ont prolongé, et il y a une disparité entre l'état de l'économie réelle et le niveau des indices boursiers. Les banques centrales peuvent être encore plus accommodantes, et cela pourrait continuer de pousser les actions à la hausse. Mais ce sera la dernière manche de la partie, et nous sommes déjà au moins à la sixième», prévient-il.

Une pondération toujours défensive

La pondération du Fonds Jarislowsky Fraser Sélect revenu est toujours défensive. Son indice de référence est composé à 70 % de l'indice obligataire FTSE TMX, à 25 % de l'indice TSX et à 5 % de l'indice FTSE TMX Bons du Trésor de 91 jours. Sa composition récente était de 66 % en titres à revenu fixe, 4 % en actions privilégiées, 21 % en actions ordinaires canadiennes, 8 % en actions étrangères et le reste en encaisse. Les obligations de sociétés de première qualité comptent pour près de 70 % des obligations en portefeuille.

Le secteur des titres financiers et celui de l'énergie comptaient respectivement pour 28,7 % et 24,4 % des actions, récemment. Chris Kresic considère que les titres financiers sont certainement moins chers qu'ils ne l'ont été dernièrement, à l'exception des fiducies de placement immobilier (REITs) dont il juge les évaluations très élevées. La forte remontée des titres énergétiques les rend désormais moins attrayants qu'il y a quelques semaines, mais il prévoit qu'à long terme le prix du pétrole devrait être de 65 $ à 70 $ US. Les titres de matériaux de base ne comptent que pour 1,5 % de la portion en actions, ce qui n'est pas une surprise dans un portefeuille de cette firme. Ce qui n'est pas non plus une surprise, c'est la pondération de 11,8 % et 8,2 %, respectivement, dans les secteurs de la consommation de base et de la consommation discrétionnaire. La maison met l'accent sur les entreprises dont les bénéfices et les dividendes affichent une croissance solide.

Jarislowski Fraser est l'un des plus importants gestionnaires de caisses de retraite du Canada. Les trois fonds communs qu'elle offre au grand public permettent d'accéder à cette gestion à un coût relativement faible : la série E du fonds, destinée aux investisseurs autonomes, affiche un ratio des frais de gestion de 0,81 % pour un placement minimum de 10 000 $. Cela a certes contribué à ce qu'il se classe au 1er rang des fonds équilibrés canadiens à revenu fixe pour son profil rendement/volatilité (mesure de Sharpe) et lui vaut une cote 5 étoiles de Morningstar.

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