Rona peut-elle continuer de s'améliorer?


Édition du 28 Février 2015

Rona peut-elle continuer de s'améliorer?


Édition du 28 Février 2015

Par Stéphane Rolland

Les analystes lèvent leur chapeau à la direction de Rona. Le détaillant de Boucherville a affiché des chiffres bien meilleurs que ce qui était attendu au quatrième trimestre, la preuve que le plan de redressement porte ses fruits. La question est de savoir si leurs efforts seront suffisants pour affronter les difficultés économiques qui se profilent à l'horizon.

Richard Fortin, gestionnaire de portefeuille chez Gestion de placements Franklin Bissett, à Calgary, est satisfait du chemin parcouru par la nouvelle équipe de Rona. «La précédente direction concentrait ses efforts sur les revenus et les parts de marché, sans égard à la rentabilité», commente-t-il en entrevue téléphonique. «Il y a une nouvelle culture chez Rona. Ses dirigeants portent une plus grande attention à la rentabilité. On voit qu'ils tentent de mieux gérer les activités en magasins et d'utiliser le capital plus efficacement», ajoute le gestionnaire, dont la firme détient 2,3 millions d'actions, soit une participation de 2,09 %.

Les résultats sont apparents au quatrième trimestre. Rona a enregistré une croissance de 6 % de ses ventes comparables, une donnée clé pour mesurer la croissance interne des détaillants. C'est le deuxième trimestre consécutif de gains après quatre années de déclin.

Arrivés en poste en 2013, le pdg Robert Sawyer, un vétéran de Metro, et le président exécutif du conseil d'administration, Robert Chevrier, ont donné le coup de barre tant attendu des actionnaires, note Jim Durran, de Barclays. Néanmoins, l'action est chère. À 16 fois le ratio cours/bénéfice des 12 prochains mois, le titre se trouve 27 % au-dessus de sa moyenne historique à long terme. M. Duran maintient sa recommandation «neutre» et augmente sa cible de 13 $ à 14 $.

Une partie difficile

Rona a beau compter sur des joueurs étoiles au sein de sa direction, les prochains matchs seront encore plus serrés, prévient Mark Petrie, de Marchés mondiaux CIBC. Il est le seul des neuf analystes suivant le titre qui recommande de vendre l'action. Il augmente tout de même sa cible de 12 $ à 13 $, après la publication des résultats «impressionnants» du trimestre. «Nous avons des doutes quant à la capacité de l'entreprise d'accroître ses ventes dans l'ouest du pays, s'inquiète-t-il. Il est certain que l'économie de l'Alberta s'affaiblira.» Rona ne dévoile pas la répartition régionale de ses revenus, mais M. Petrie estime qu'elle représente 30 % des ventes.

L'impact de la dépréciation du huard constituera encore un vent contraire, ajoute Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux. «L'impact ne s'est pas encore fait sentir en raison de mesures de protection contre le risque de devises. Cependant, les coûts d'approvisionnement seront plus élevés à partir de la deuxième moitié de l'année 2015, prévient l'analyste. De plus, des prix plus élevés risquent de plomber la demande d'outils et de matériaux de construction.» Il maintient sa recommandation «performance de marché». Sa cible passe de 15 $ à 16 $.

L'environnement d'affaires représente un défi, admet M. Fortin. «Le marché de l'immobilier pourrait être au ralenti encore quelques années. De plus, la concurrence est assez forte en raison des projets d'expansion de Lowe's.»

Par contre, la direction a montré sa capacité à progresser en terrain hostile, défend le gestionnaire de portefeuille. Les bons résultats de Rona sont d'autant plus «remarquables» qu'ils ont été obtenus dans un contexte difficile. «Même si le marché reste défavorable, je crois que les dirigeants seront en mesure de trouver des avenues rentables.»

Ce que d'autres analystes ont dit :

«Nous sommes encore très hésitants par rapport à nos prévisions», commente Vishal Shreedhar, de la Financière Banque Nationale, qui demeure prudent après avoir fait passer sa recommandation de «performance de secteur» à «surperformance». Sa cible reste à 15 $. «Nous vous prévenons que nos prévisions sont incertaines en raison de l'environnement d'affaires.»

«Le repositionnement de l'enseigne Réno-Dépôt apporte de très bons résultats. Nous avons hâte de voir l'effet de son expansion en Ontario et en Alberta en 2015», s'enthousiasme Derek Dley, de Canaccord Genuity, qui fait passer sa recommandation de «vendre» à «conserver». La cible est augmentée de 12 $ à 13 $. «Bien que Rona ait été proactive pour affronter les vents contraires au cours des deux dernières années, nous croyons que le marché restera défavorable dans les prochains trimestres.»

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