Que mijote Alain Bédard, le PDG de l'ex-TransForce?

Publié le 16/11/2017 à 06:15

Que mijote Alain Bédard, le PDG de l'ex-TransForce?

Publié le 16/11/2017 à 06:15

Par Dominique Beauchamp

Le grand manitou de TFI, Alain Bédard, cumule les postes de président du conseil, président et chef de la direction de TFI International

Le grand patron du camionneur TFI International, Alain Bédard, se démène toujours autant pour donner plus de valeur en Bourse à son entreprise, dans une industrie impitoyable.


Après avoir fait miroiter la possibilité d’essaimer à la Bourse américaine sa filiale de transport de lots complets par camion depuis 2014, voilà que l’opportuniste dirigeant de TFI International(TFII,30,51$) songe plutôt à vendre ses activités américaines de livraison de colis le jour même.


C’est ce qu’a révélé celui qui a brassé plus d’une centaine de transactions chez l’ex-TransForce, lors d’une présentation aux clients de la Financière Banque Nationale moins de trois semaines après le dévoilement de résultats décevants, au troisième trimestre.


Pourquoi céder cette division au moment où le commerce en ligne fait exploser la livraison de colis? Justement parce que ces activités ont de la valeur aux yeux d’acquéreurs potentiels, explique un bref compte-rendu de l’analyste Cameron Doerksen.


Les transactions dans le transport de colis se réalisent à des multiples de plus de 10 fois le bénéfice d’exploitation. Un rival de TFI serait aussi actuellement à vendre et pourrait attirer une offre de 13 fois son bénéfice d’exploitation.


Les revenus de 1,38 milliard de dollars du transport de courrier et de colis représentent 29% du chiffre d’affaires de TFI.


Sans l’effet des acquisitions toutefois, les revenus de cette division ont reculé de 10% et le bénéfice de 4%, au troisième trimestre, en raison de la perte du contrat de livraison le jour même d’Amazon(AMZN,1126,69$US), au début de l’année.


L’action de TFI n’a pas bénéficié cette année de l’effet d’entraînement de la forte remontée des camionneurs américains, qui ont été emportés par l’accélération économique et le rebond observé de 22% des tarifs de camionnage en octobre.


Son action a effet perdu de 12,5% depuis le début de l’année.


Le titre de TFI se négocie donc à fort rabais par rapport à ceux de sociétés semblables, rappelle l'analyste. Son multiple de 11,3 fois le bénéfice prévu en de 2018 est 42% de moins que la moyenne de son groupe-repère.


M. Doersken accorde un multiple de 7,5 fois le bénéfice d’exploitation à la filiale de colis, ce qui lui donne une valeur de 1,26 milliard, à l’intérieur de TFI.


«Une vente pourrait donc mettre au jour beaucoup de valeur», écrit l’analyste.


Un multiple de 10 fois le bénéfice d’exploitation de 168 M$ lui donnerait une valeur de 1,6G$, un multiple de 13 fois de 2,2G$.


Cette vente serait envisagée seulement si une nouvelle opération de charme pour se faire connaître des investisseurs américains, avec l’embauche du cabinet-conseil en relations avec les investisseurs ICR, du Connecticut, ne réussit pas à relever la valeur de TFI en Bourse. 


«Nous sommes enthousiaste à l'idée de travailler en étroite colaboration avec ICR pour nous assurer que les investisseurs à l’échelle de l’Amérique du Nord sont bien au courant de nos progrès et de notre capacité à offrir de la valeur à nos actionnaires», a déclaré M. Bédard, dans un communiqué publié le 31 octobre.


Au menu: optimisation, désendettement et moins d'acquisitions


Dans l’intervalle, M. Bédard ne chôme pas. Il termine l’intégration et le changement d’image de marque très coûteux (20 à 25M$) des activités nord-américaines de transport de lots complets par camion de l’ex-XPO Logistics(XPO, 71,87$US) acquises pour 712M$.


Le dirigeant espère aussi bénéficier à son tour de la hausse émergente des tarifs de camionnage aux États-Unis, à l’échéance des contrats, à partir d’avril. 


TFI ralentit aussi le rythme des acquisitions, réduit ses coûts d’exploitations de ses multiples terminaux, et pourrait avoir vendu des bâtiments qu’elle reloue d’une valeur de 236M$, d’ici 12 mois.


Les flux de trésorerie ainsi libérés permettent le remboursement de la dette encore élevée, et finance les dividendes et les rachats d’actions.


La conjoncture canadienne sourit déjà à TFI. Le contexte au sud de la frontière devrait aussi s'améliorer.  M. Doersken espère toujours un relèvement des marges en 2018.


Pour 2017 toutefois, TFI prévoit désormais un bénéfice d’exploitation de 525 à 535M$, au lieu de 550 à 560M$, auparavant. La marque de 600M$ est de l’ordre du possible en 2018.


M. Doersken maintient son cours cible d’un an de 36$, qui offre un potentiel de gain généreux de 24%.


 


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