Canada inc. : le meilleur est-il à venir ?


Édition du 19 Mai 2018

Canada inc. : le meilleur est-il à venir ?


Édition du 19 Mai 2018

Par Dominique Beauchamp

Les problèmes majeurs de congestion au ­Canadien ­National ont aussi freiné l’activité économique ces derniers mois. [Photo: 123RF]

Les résultats de bien des entreprises québécoises et canadiennes n'ont pas été à la hauteur des attentes, au premier trimestre.

Le taux de croissance ou les marges ont déçu, faisant fléchir bien des titres, comme ceux d'Uni-Sélect, SNC-Lavalin, Groupe CGI, Stella-Jones, Vêtements de sport Gildan et George Weston, pour ne nommer que ceux-là. Jusqu'à maintenant, 154 des 248 sociétés ont dévoilé leurs résultats. En moyenne, leur bénéfice recule de 1,65 %. C'est 7,38 % moins que prévu par les analystes pour ce trimestre.

Les résultats influents des banques restent à venir.

La hausse des coûts semble en cause puisque les revenus ont été conformes aux attentes, signale Matthieu Arseneau, économiste de la Financière Banque Nationale.

Plusieurs d'entre elles promettent de mieux performer au deuxième semestre de 2018.

Les analystes sont aussi nombreux à prévoir une amélioration des bénéfices à la deuxième moitié de l'année grâce aux mesures internes de productivité implantées par les dirigeants et une conjoncture moins morose.

Peut-on donner à ces entreprises le bénéfice du doute ?

Mathieu d'Anjou, économiste principal au Mouvement Desjardins, est disposé à les croire, même si les dirigeants ont tendance à faire preuve d'optimisme.

D'abord, l'hiver rigoureux est derrière nous. La cadence de l'économie canadienne devrait donc passer d'un rythme inférieur à 2 % à une cadence légèrement au-dessus de 2 %, dès le deuxième trimestre.

M. D'Anjou s'attend aussi à ce que le rythme des exportations se rétablisse un peu à partir du printemps.

Le secteur résidentiel devrait en outre se remettre de l'impact des nouvelles restrictions hypothécaires, une fois que l'effet de choc initial se sera dissipé, et ce, même si les taux augmentent.

Chaîne d'approvisionnement perturbée

Les problèmes majeurs de congestion au Canadien National ont aussi freiné l'activité économique ces derniers mois, en empêchant les entreprises d'écouler leurs produits.

Des ventes perdues ont notamment amputé 40 millions de dollars au bénéfice d'exploitation de West Fraser Timber, au premier trimestre, a déploré le principal producteur nord-américain de bois d'oeuvre. Sa rivale Canfor Corp. estime le manque à gagner à 20 M$.

Le producteur d'engrais Nutrien a accordé un congé forcé à des employés et a fermé deux mines le mois dernier, en raison des problèmes de transport.

Cenovus Energy a ralenti sa production au premier trimestre, car elle ne pouvait pas acheminer son pétrole ni par train ni par oléoduc, s'est plaint son PDG, Alex Pourbaix.

Plus de revenus, moins de coûts

Si le CN restaure la fluidité de son réseau comme il le promet d'ici la fin de l'année, les entreprises pourront engranger plus de revenus, même si le cours de certaines matières premières baissera à mesure que l'effet de rareté se dissipera.

« Le pétrole canadien pourrait en bénéficier, car il trouvera son chemin jusqu'aux acheteurs. Les cours des céréales et du bois seraient plus vulnérables, mais leurs producteurs y gagneraient au change grâce au rebond des livraisons », évoque Vincent Delisle, stratège chez Banque Scotia.

Son collègue Martin Roberge, de Canaccord Genuity, adapte sa stratégie sectorielle à plus court terme au désengorgement ferroviaire.

« Le bras de fer concernant les tarifs et la durée des contrats entre les producteurs de pétrole et les chemins de fer n'est pas réglé, mais nous préférons les transporteurs ferroviaires et l'énergie aux producteurs de bois en ce moment », dit-il.

Quant à l'important secteur pétrolier, qui pèse lourd dans l'économie et dans le S&P/TSX, il prend déjà du mieux.

Non seulement les cours internationaux du pétrole ont-ils passé le cap des 70 $ US le baril, mais le cours du pétrole Western Canadian Select (WSC) n'est plus aussi soldé qu'avant.

L'écart entre le cours du baril West Texas et le WSC s'est rétréci de 30 $ US à 19 $ US le baril au cours des derniers mois.

Le cours du pétrole WCS est le plus élevé depuis 2014. Le rebond de ce secteur jouera un rôle crucial dans la hausse prévue de 10 % des profits du S&P/TSX en 2018, croit M. Arseneau.

De bonnes nouvelles derrière le déficit commercial

Le déficit commercial canadien record en février retranchera 20 % au PIB canadien au premier trimestre, mais il cache de bonnes nouvelles, indique Jocelyn Paquet, économiste à la Financière Banque Nationale.

Le bond des importations de véhicules et de pièces, de biens de consommation, de machinerie et d'équipements électroniques révèle que les consommateurs et les entreprises canadiennes ont assez confiance pour dépenser.

« Il est cependant difficile d'imaginer un rebond soutenu du commerce sans la résolution de l'Accord nord-américain de libre-échange, au moment où la réforme fiscale améliore la compétitivité des entreprises américaines », écrit-il.

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