Bombardier, ou les risques associés à un régime d'achat d'actions

Offert par Les Affaires


Édition du 12 Septembre 2015

Bombardier, ou les risques associés à un régime d'achat d'actions

Offert par Les Affaires


Édition du 12 Septembre 2015

Par Yannick Clérouin
À mes yeux, participer à un régime d'achat d'actions peut être très rentable à long terme, à condition de s'assurer que cela s'inscrive dans une stratégie financière réfléchie. Comme une partie de son avenir financier repose déjà entre les mains de son employeur, le salarié qui achète en plus des actions de ce dernier s'expose au risque de concentration excessive de ses finances. Au même titre que s'il mettait le quart de son portefeuille d'actions dans une seule entreprise.

Ce n'est pas le seul problème. En investissant semaine après semaine une partie de ses revenus dans Bombardier, cet employé a un coût de renonciation : il ne peut allouer ce capital à l'achat d'autres titres aux perspectives plus solides que son employeur, ni au remboursement accéléré de sa maison par exemple. À long terme, ce coût de renonciation risque d'avoir des effets notables sur son enrichissement.

L'importance de connaître son entreprise

Je n'ai pas eu à poser beaucoup de questions à ce travailleur de l'aéronautique pour m'apercevoir qu'il était incapable d'évaluer le potentiel de son investissement dans le titre de Bombardier. Oui, il était bien au fait des difficultés de son entreprise à écouler les appareils de la gamme CSeries, mais il n'aurait pas pu me parler du potentiel de la division de trains. Au fait, l'employé qui est actionnaire de Bombardier ne peut même plus compter sur un dividende trimestriel pour assurer un certain rendement, étant donné que la société l'a éliminé en février dernier.

Comme l'horizon de Bombardier est encore chargé de gros nuages, il serait sage pour cet employé, comme pour les quelque 13 000 salariés qui se prévalent du programme d'achat d'actions de la multinationale, de réévaluer s'il est approprié d'y participer.

J'ai pris l'exemple de Bombardier, mais il y a au Québec d'autres cas tout aussi frappants. Les employés de Groupe Colabor (Tor., GCL) qui ont acheté des actions du distributeur alimentaire de Boucherville lorsque celui-ci est entré en Bourse, en 2005, ont aussi grandement souffert. Le titre a perdu 90 % de sa valeur au cours des 10 dernières années...

Même si vous participez au régime d'une entreprise en forte croissance, il faut analyser ses perspectives sur une base régulière. Comme pour tout autre titre que vous voudriez placer dans votre portefeuille.

Le régime de Bombardier, en chiffres

> 13 000 des 65 000 employés permanents de l'entreprise se prévalent du régime, soit environ 1 sur 51 ;

> Pour chaque dollar investi dans l'achat d'une action, Bombardier accorde un rabais de 0,20 $ ;

> Les employés peuvent souscrire de 1 % à 20 % de leur salaire, pour un maximum de 30 000 $ CA par année ;

> Les actions sont achetées sur le marché 24 fois l'an. Il n'y a pas de dilution pour les autres actionnaires.

1 Bombardier nous a fourni les chiffres datant de fin 2014. Le nombre d'employés a diminué depuis.

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