Est-ce le temps de vendre la RBC?

Publié le 02/12/2016 à 11:33

Est-ce le temps de vendre la RBC?

Publié le 02/12/2016 à 11:33

Par Jean Gagnon

Photo:123rf

Les actions de la Banque Royale ont fait le délice des investisseurs canadiens en 2016. Mais des résultats quelque peu en deçà des attentes au quatrième trimestre sont-ils le signal qu’il est temps de prendre une pause et de réduire ses positions?

Après avoir été secoué en début d’année comme l’ensemble du marché boursier, le cours de l’action de la Banque Royale est passé de 64 $ à la fin de février à 90 $ mardi dernier, la veille de la publication de ses résultats trimestriels. Il s’agit d’une progression de 40 % en à peine 9 mois. Depuis l’élection américaine il y a à peine trois semaines, le titre a gagné 8 $, soit une hausse de près de 10 %.

Mais après que la direction de la plus grosse institution financière canadienne eut annoncé mercredi que le bénéfice net était en baisse de 2 % au quatrième trimestre comparativement au même trimestre de l’année précédente, le titre s’est replié de 3 $.

Pour l’ensemble de l’exercice financier 2015-2016 qui se terminait le 31 octobre, la banque a réalisé un bénéfice net de 6,78 $ par action, soit 4 % de plus que l’année précédente.

Après une telle poussée du cours de l’action, et étant donné que les résultats ne sont pas nécessairement spectaculaires, détenir des actions de la Banque Royale devient-il un placement plus risqué ?

Les experts consultés par Les Affaires ne semblent pas trop inquiets. « D’abord, tant qu’il n’y a pas de crise immobilière au Canada, il n’y a pas de raison de réduire ses positions dans le titre de la Banque Royale », dit Jean-Paul Giacometti, gestionnaire de portefeuilles chez Corporation Gestion de placements Claret.

De plus, le gestionnaire rappelle que la hausse spectaculaire du titre cette année fait suite à une performance beaucoup moins brillante au cours des 12 à 15 mois qui ont précédé. En effet, de novembre 2014 à février 2016, le cours de l’action de la Banque Royale est passé de 77 $ à 64 $, un recul de 20 %. Somme toute, en se négociant aujourd’hui à 87 $, le titre n’a finalement gagné que 13 % depuis 2 ans.

Un autre facteur qui milite en faveur de conserver ses actions de la Banque Royale est le manque de solutions de rechange pour l’investisseur canadien autant dans le secteur financier qu’ailleurs, explique Jean Duguay, Directeur des placements pour le Group Eterna. « Est-ce que ça vaut la peine de vendre la Royale pour acheter une autre banque », dit-il. De plus, la bourse canadienne étant dominée par trois secteurs, soit les financières, les métaux et l’énergie, ça laisse peu de choix intéressants à ceux qui voudraient réduire leurs positions dans le secteur bancaire, selon lui.

Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuilles chez Cote 100, se dit confortable, quant à lui, à détenir les actions des banques canadiennes, car, malgré la hausse des cours des derniers mois, elles demeurent raisonnablement évaluées. Au cours actuel, l’action de la Banque Royale se négocie à 12,3 fois les bénéfices prévus pour les 12 prochains mois. Et elle verse un dividende de 3,3 %. « Et même si elle était un peu chère, que ferait-on avec l’argent si l’on décidait de réduire ses positions dans le secteur », demande-t-il.

La plupart des indicateurs techniques montraient à la clôture des négociations mardi que l’action de la Banque Royale était fortement surachetée, selon Monica Rizk, analyste senior chez Phases & Cycles et spécialiste de l’analyse technique. « Dans ces conditions, un repli est naturel et n’enlève rien à la solide tendance à la hausse du titre », dit-elle.

L’analyste identifie des niveaux de support importants, d’abord à 84-85 $, puis à 80 $. Ainsi, la correction ne devrait probablement pas excéder 5 %. Dans le pire des cas, elle pourrait atteindre 10 %.


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