Le développement économique du Québec passe par la bière!

Publié le 04/06/2019 à 14:31

Le développement économique du Québec passe par la bière!

Publié le 04/06/2019 à 14:31

Une bière de la microbrasserie Dieu du Ciel.

Une bière de la microbrasserie Dieu du Ciel. (Photo: Courtoisie)

BLOGUE INVITÉ. Je reviens d’un court séjour aux États-Unis où je suis allé visiter trois microbrasseries situées dans l’État de New York. Étant dans une industrie connexe à celle de la bière, je m’intéresse toujours aux nouvelles tendances qui émergent dans le monde de l’alcool.

La côte Est américaine est depuis quelques années l’un des épicentres de l’innovation brassicole. De Hudson Valley en passant par Brooklyn, les microbrasseries jouissent d’une popularité grandissante. Bien que la consommation totale de bière soit en baisse depuis quelques années et que les parts de marché des brasseries «traditionnelles» telles Molson et Labatt suivent cette tendance, la part des microbrasseries, elle, prend de plus en plus de place, malgré la concurrence féroce qui sévit dans l’industrie. 

Au Québec, nous voyons clairement un changement des habitudes de consommation. Depuis 2005, la consommation de bière par habitant a diminué de 15%, parallèlement celle du vin et des spiritueux a crû de plus de 40%.

Malgré ce portrait alarmant, de nouvelles microbrasseries voient le jour à un rythme effréné. En moins de six ans, le nombre de brasseries québécoises a doublé pour atteindre le nombre de 225! De Tadoussac à Val d’Espoir et de Coaticook à Val d’Or, tous peuvent se vanter d’avoir une bière bien de chez-eux! 

En 2007, l’Association des microbrasseries du Québec avait comme objectif d’atteindre, d'ici 2017, 12% de part de marché dans la province. Bien que cet objectif ne fut pas atteint, la part des microbrasseries a réussi à frôler la barre du 10%, ce qui représente une augmentation de 6 points de pourcentage. L’engouement du client pour la qualité, l’originalité et l’achat local a fortement aidé cette croissance.

Une opportunité de développement

Mais une microbrasserie, ce n’est pas juste de la bière, c’est avant tout une merveilleuse opportunité de développement pour les régions. Je m’oblige, lors de chacun de mes déplacements au Québec, à goûter, ou mieux, à visiter les installations brassicoles de la place. C’est grâce à mes discussions passionnantes avec les brasseurs des quatres coins de la province que j’ai découvert que souvent, lors de l’ouverture d’une microbrasserie, c’est la ville, voire la région toute entière qui en tire profit. 

En moins de trois ans, la microbrasserie Tadoussac est déjà rendue à une dizaine d’employés à temps plein et, en période estivale, ce nombre monte à 40. Savez-vous que la microbrasserie Saint-Pancrace de Baie-Comeau a revitalisé l’artère commerciale où elle a pignon sur rue, attirant même d’autres commerces à s’y installer? Je pourrais continuer comme ça pendant des pages et des pages, mais je crois que vous avez compris mon point. 

Pub, boutique, dégustations, visites, spectacles, les idées ne manquent pas pour créer un lieu convivial attirant une clientèle en quête de bon temps et de bonnes bières. À bien y penser, rares sont les commerces ou entreprises qui réussissent, a eux seuls, à revigorer une artère commerciale.

C’est pour cette raison que je crois beaucoup en la microbrasserie, malgré des signes inquiétants pour l’univers de la bière en général. Bien sûr, comme pour tout produit, je suis d’avis qu’il faille tout faire afin de s’assurer que la qualité du produit soit au rendez-vous et ne pas tomber dans l’exploitation purement commerciale sans réelle passion ou intérêt derrière.

La France a ses vignobles, l’Écosse a ses distilleries, pourquoi ne pas faire du Québec la destination par excellence pour les microbrasseries? Non seulement on se délecterait les papilles, on encouragerait en même temps le développement des régions!

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois