Le danger de se perdre dans le monde fantastique des start-ups

Publié le 18/07/2016 à 12:16

Le danger de se perdre dans le monde fantastique des start-ups

Publié le 18/07/2016 à 12:16

C’est extrêmement facile perdre de vue ses objectifs d'affaires et de faire des trucs de start-ups à la place, un piège dans lequel semble avoir tombé le personnage de la télésérie américaine Silicon Valley, Erlich Bachman.

Les bons entrepreneurs ne sont pas ceux qui ne font pas d’erreurs. Ce sont ceux qui savent identifier leurs erreurs rapidement et rectifier le tir. J’aspire à appartenir au second groupe.

Aussi, trois semaines après le début des activités de Hardbacon, je constate que j’ai commis une erreur en consacrant trop de temps à faire des trucs de start-ups et pas assez à créer de la valeur pour les utilisateurs de Hardbacon.

Il faut dire que c’est facile de se laisser distraire dans le merveilleux monde des start-ups où, par exemple, tout le monde croit aux licornes. Dans cet univers parallèle, la créature mythique prend la forme d’une entreprise qui perd beaucoup d’argent, mais qui, miraculeusement, est valorisée à plus d’un milliard de dollars.

Au courant des derniers jours, je n’ai pourtant pas perdu mon temps à chercher des licornes ou, pire encore, des Pokemons.

Cependant, j’ai fait l’erreur d’aller prendre des cafés avec des gens sans avoir déterminé au préalable ce que je voulais tirer de ces rencontres.

Certes, le fait qu’il y ait beaucoup d’entraide dans le milieu des start-ups est un avantage, qui permet aux entrepreneurs de sortir de l’isolement et de bénéficier de l’expérience des autres. Toutefois, ça peut rapidement devenir un piège, surtout pour ceux qui perdent de vue leurs objectifs d’affaires. 

J’estime aussi avoir consacré trop d’efforts pour mettre en valeur Hardbacon dans le cadre de Startupfest, un événement auquel je ne regrette pourtant pas d’avoir participé. Après tout, j’ai échangé 0,05% de Hardbacon pour y participer!

En effet, Hardbacon est parvenu à se faire remarquer en créant un jeu de cartes permettant aux participants Startupfest d’identifier facilement les juges décernant le grand prix de 200 000 $.

La campagne a été couronnée de succès. De nombreux participants ont imprimé nos cartes, conçues par mon épouse, ou encore utilisé l’application mobile créée par mes voisins de bureau chez Git.Market. Le microsite hardbacon.ca/startupfest a généré 691 visites uniques, et notre vidéo promotionnelle a été vue par 2400 personnes sur Facebook, sans dépenser un cent en publicité.

Cette initiative a permis à Hardbacon de se faire connaître auprès d’une audience de jeunes influenceurs et j’en suis fier. Par contre, lorsque je me suis lancé dans ce projet, j’avais mal évalué la quantité d’heures nécessaires à sa réalisation. Si c’était à refaire, j’investirais ces heures dans un projet contribuant directement à la mission première de Hardbacon, qui n’est pas d’aider les entrepreneurs à repérer des investisseurs, mais d’aider les gens ordinaires à faire croître leur argent durement gagné.

Lorsqu’on se lance en affaires, la question n’est pas seulement d’éliminer les tâches inutiles. En fait, je pourrais effectuer 100 heures de tâches relativement utiles chaque jour… si j’avais une machine capable de modifier la courbe de l’espace-temps. 

Le défi est d’identifier rapidement les tâches ayant le plus d’impact et d’accepter qu’on a pas le temps d’effectuer les autres. Bref, dans un contexte où les ressources sont limitées, on n’a pas d’autre choix que de faire jouer en sa faveur le principe des 80-20, qui veut que 80% de l’impact soit généré par 20% des efforts.

Aux cafés sans objectifs clairs et aux nombreux événements de réseautage, s’ajoute dans le milieu des start-ups une panoplie de programmes d’aide, d’incubateurs, d’accélérateurs et de gens d’affaires pleins de bonnes intentions qui ne demandent qu’à donner au suivant. Toutes ces initiatives sont positives et peuvent être d’une grande utilité pour un entrepreneur, pourvu qu’il soit capable d’identifier clairement comment cette aide le rapproche de ses objectifs d’affaires et combien de temps il y mettra.

Sans ce préalable, c’est extrêmement facile de perdre de vue la destination et de se mettre à travailler 100 heures par semaine pour devenir la start-up la mieux en vue en ville, par opposition à l’entreprise créant la plus de valeur pour ses clients. Jusqu’à ce que la musique s’arrête et qu’on se rende compte que toutes les chaises sont occupées. Vous savez, quand la bulle éclate et que les capital-risqueurs se rendent compte que les licornes n’existent pas.

Principaux accomplissements:

  • Recrutement de deux nouveaux stagiaires/co-fondateurs
  • 80% des données recueillies pour le premier comparateur
  • Premières définitions de notre encyclopédie des termes financiers livrées
  • Réalisation des maquettes du thème Wordpress de Hardbacon
  • 4 entrevues accordées à différents médias
  • Première prise de contact avec des investisseurs potentiels à Startupfest

Métriques de croissance :

  • Revenus: 0$
  • Nouveaux abonnés à l’infolettre : 314 (total: 1197, croissance hebdo: 36%)
  • Nouveaux abonnés sur Snapchat : 13 (total 62, croissance hebdo: 27%)
  • Nouveaux abonnés sur Instagram : 75 (total: 215, croissance hebdo: 54%)
  • Nouveaux J’aime sur Facebook : 198 (total: 1090, croissance hebdo: 22%)

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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