FNB d'obligations ou obligations échelonnées individuelles?

Publié le 12/01/2019 à 13:04

FNB d'obligations ou obligations échelonnées individuelles?

Publié le 12/01/2019 à 13:04

Une femme se pose des questions.

(Photo: 123rf)

Plusieurs investisseurs se demandent s’il n’est pas préférable de détenir un portefeuille d’obligations échelonnées, par exemple 10 obligations d’échéances de 1 à 10 ans, plutôt qu’un FNB d’obligations. Les investisseurs y voient deux principaux avantages soit l’absence de frais de gestion et le fait que le rendement à échéance de chacun des titres est connu à l’avance (en supposant qu’il n’y a pas de faillite d’un émetteur).


Les frais


Ces avantages peuvent sembler intéressants à première vue, mais méritent une analyse un peu plus poussée. Tout d’abord, l’achat de ces obligations entraînera des frais qui sont généralement bien plus importants que de faire une transaction d’actions gratuitement ou à 9.95$ avec un courtier à escompte. Un investisseur pourrait très bien payer des frais de plus de 1% pour mettre en place son portefeuille d’obligations, tout en devant payer 1% sur 1/10 du portefeuille qui sera renouvelé chaque année. En comparant ces frais à ceux d’un FNB d’obligations échelonnées, environ 0.15% pour le FNB CLF d’obligations canadiennes, il n’est pas clair que d’acheter soi-même des obligations est la meilleure option à cet égard.


Le rendement


 Ensuite, il est vrai que le rendement à l’échéance de chacune des obligations achetées individuellement est connu d’avance, mais ça n’a pas vraiment d’importance. Dès le lendemain de l’achat, la valeur de ses obligations évoluera en fonction des taux d’intérêt tout comme un FNB d’obligations. Après 1 an, il faudra acheter une autre obligation de 10 ans dont le prix sera fonction des taux d’intérêt en vigueur à ce moment. Les taux d’intérêt auront donc un impact similaire sur le rendement d’un portefeuille constitué par un investisseur que sur celui d’un FNB d’obligations.


La diversification


Un autre point à ne pas négliger est le manque de diversification d’un portefeuille composé de seulement 10 titres. Un tel portefeuille ne permet pas de bien diversifier le risque de crédit et devra préférablement être constitué de titres de très hautes qualités telles que des obligations gouvernementales, ce qui peut contribuer à diminuer le rendement espéré à long terme d’un portefeuille obligataire.


Enfin, les obligations représentent souvent la partie défensive d’un portefeuille qui comporte généralement aussi une exposition au marché des actions. L’avantage de détenir ainsi plusieurs classes d’actifs et de pouvoir rééquilibrer le portefeuille lorsque les conditions de marchés le justifient. Or, en détenant des obligations individuelles, il devient bien plus coûteux de procéder à un rééquilibrage de portefeuille, ce qui, à long terme, peut nuire au rendement global du portefeuille.


Afin de maximiser le rendement à long terme d’un portefeuille obligataire, il est, à mon avis, préférable de très bien diversifier (donc avec un nombre élevé d’obligations) les risques de crédits, de durée et de taux d’intérêt. Il est possible d’obtenir une exposition intéressante à ces risques par le biais de FNB représentant le marché élargi des obligations canadiennes avec des FNB tels que XBB, ZAG ou VAB dont les frais de gestion sont tous inférieurs à 0.15%. Mais, il est aussi possible de mieux diversifier son portefeuille obligataire en contrôlant davantage le risque de durée ou le risque de crédit par le biais d’une sélection de FNB d’obligations plus spécifiques, par exemple en choisissant un FNB d’obligations à haut risque ou une exposition à des obligations d’autres pays. Un portefeuille d’obligations n’est jamais trop diversifié!


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À propos de ce blogue

Ian Gascon est président de Placements Idema (www.idema.ca), un gestionnaire de portefeuille qui propose des solutions de placements personnalisées, à faible coût et utilisant des fonds négociés en bourse (FNB). «Les FNB démystifiés» est le premier blogue francophone dédié aux fonds négociés en bourse au Canada et Placements Idema est la première société au Canada à avoir lancé un service en ligne de gestion de portefeuille, maintenant mieux connu sous le terme «robot-conseiller».

Ian Gascon

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