Les pays les plus dangereux pour votre entreprise

Publié le 08/11/2019 à 21:08

Les pays les plus dangereux pour votre entreprise

Publié le 08/11/2019 à 21:08

Un policier monte la garde lors de la reconstitution du meurtre d'Agatha Sales Felix, âgée de huit ans, au complexe Alemao Favelas de Rio de Janeiro, au Brésil, le 1er octobre 2019. (source photo: Getty Images)

ANALYSE GÉOPOLITIQUE – L’attentat sanglant contre des employés du producteur d’or québécois Semafo au Burkina Faso, cette semaine, rappelle à quel point il est dangereux de faire des affaires dans certaines régions du monde. Et les pays les plus à risque ne sont pas nécessairement ceux auxquels nous pensons habituellement.

Plusieurs questions demeurent sans réponse au sujet de cet attentat. Par contre, on sait qu’un groupe d’hommes lourdement armés a attaqué un convoi minier, tuant une quarantaine de personnes dans l’est du Burkina Faso, un pays d’Afrique de l’Ouest.

Plusieurs dizaines des victimes travaillaient pour la montréalaise Samafo.

Le lendemain de l’attaque, le 8 novembre, la minière a suspendu ses activités à sa mine de Boungou. Personne n’a revendiqué l’attentat pour l’instant, alors que l’est et le nord du Burkina Faso sont très instables en raison d’une insurrection islamique depuis 2015, souligne Radio-Canada.

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D’autres pays sont dangereux pour les employés locaux et les expatriés des multinationales aux quatre coins du monde. Et parmi ces États, on retrouve des pays comme le Brésil, l’Afrique du Sud, la Thaïlande, mais aussi des endroits comme le Royaume-Uni et les États-Unis.

Oui, oui, vous avez bien lu : le Royaume-Uni et les États-Unis, qui arrivent respectivement au 12e et au 16e rang des 20 pays considérés comme les plus dangereux au monde, selon le classement Expat Insider 2019.

Le réseau InterNations, une organisation internationale dont le siège social est en Allemagne, a réalisé ce classement en sondant plus de 20 000 expatriés de toutes les nationalités à propos d’une liste 64 pays.

Les personnes interrogées ont noté sur une échelle de 1 à 7 leur tranquillité, leur sécurité personnelle et la stabilité politique. La compilation des résultats donne ce classement des pays considérés comme les plus dangereux au monde :

1.Brésil

2.Afrique du Sud

3.Nigeria

4.Argentine

5.Inde

6.Pérou

7.Kenya

8.Ukraine

9.Turquie

10.Colombie

11.Mexique

12.Royaume-Uni

13.Égypte

14.Philippines

15.Italie

16.États-Unis

17.Indonésie

18.Grèce

19.Koweït

20.Thaïlande

Source : Expat Inside 2019

 

Un sentiment d’insécurité permanent

Le magazine américain Forbes a décortiqué le sondage réalisé par InterNation. 

C’est sans surprise que le Brésil figure au premier rang du classement, alors que le géant sud-américain de 210 millions d’habitants était considéré comme le pays le plus dangereux au monde dans l’édition 2018.

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Dans le cas du Brésil, un expatrié néo-zélandais qui vit dans le pays parle d’«un sentiment permanent de peur» dans le groupe de personnes qu’il fréquente, rapporte l’hebdomadaire français Courrier international, qui a aussi analysé le classement.

Un autre expatrié, un Allemand, déplore quant à lui d’«un niveau élevé d’inégalité» et de «brutalité», sans parler du chaos politique qui règne dans le pays.

Outre le Brésil, l’Afrique du Sud et le Nigéria figurent parmi les trois pays les plus dangereux.

Ce qui est plus surprenant -du moins, d’un point de vue canadien- est de voir apparaître des pays occidentaux comme le Royaume-Uni et les États-Unis dans le classement.

Chez nos voisins américains, un expatrié sur sept (14%) ne se sent pas en sécurité en raison de la violence, qui est une préoccupation majeure des employés d’entreprises étrangères implantées aux États-Unis.

Pas de contrôle des armes à feu aux États-Unis

Selon Forbes, plusieurs personnes déplorent le manque de contrôle des armes à feu dans un pays où les fusillades sont nombreuses, aléatoires et meurtrières. Un expatrié brésilien s’inquiète quant à lui du «racisme et de la xénophobie».

Quant au Royaume-Uni, le manque de stabilité politique depuis le vote en faveur du Brexit en 2016 explique en partie pourquoi le pays affiche un score si élevé pour une démocratie libérale, souligne le Courrier international.

Par contre, le Brexit n’explique pas tout.

Car le Royaume-Uni n’obtient pas non plus de bons résultats au chapitre du sentiment de tranquillité et de sécurité.

Si l’attentat commis au Burkina Faso est hors norme en raison de sa violence extrême, d’autres régions du monde sont considérées dangereuses par les expatriés.

Et les enjeux de sécurité ne concernent pas que les employés et leur famille. Les activités mêmes des entreprises peuvent être affectées ou carrément suspendues, comme dans le cas de Semafo.

C’est pourquoi l’analyse du risque de sécurité (lié à la protection des employés) et l’analyse du risque géopolitique (liée à la stabilité d’un pays d’une région) doivent devenir de plus en plus importantes dans la planification stratégique des entreprises canadiennes à l’étranger.

Autant que pour la planification financière pour rentabiliser un projet d’investissement afin de construire une mine, une usine ou implanter une nouvelle filiale dans un autre pays.

 

À propos de ce blogue

Dans son analyse hebdomadaire Zoom sur le monde, François Normand traite des enjeux géopolitiques qui sont trop souvent sous-estimés par les investisseurs et les exportateurs. Journaliste au journal Les Affaires depuis 2000 (il était au Devoir auparavant), François est spécialisé en commerce international, en entrepreneuriat, en énergie & ressources naturelles, de même qu'en analyse géopolitique. François est historien de formation, en plus de détenir un certificat en journalisme de l’Université Laval. Il a réussi le Cours sur le commerce des valeurs mobilières au Canada (CCVM) de l’Institut canadien des valeurs mobilières et il a fait des études de 2e cycle en gestion des risques financiers à l’Université de Sherbrooke durant 15 mois. Actuellement, il est inscrit au MBA à temps partiel à l'Université de Sherbrooke. Depuis une vingtaine d’années, François a réalisé plusieurs stages de formation à l’étranger: stage à l’École supérieure de journalisme de Lille, en France (1996); stage auprès des institutions de l'Union européenne, à Bruxelles (2002); stage auprès des institutions de Hong Kong (2008); participation à l'International Visitor Leadership Program du State Department, aux États-Unis (2009). En 2007, il a remporté le 2e prix d'excellence Caisse de dépôt et placement du Québec - Merrill Lynch en journalisme économique et financier pour sa série « Exporter aux États-Unis ».

François Normand

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