Des outils incontournables pour réduire vos risques géopolitiques

Publié le 24/07/2015 à 18:18

Des outils incontournables pour réduire vos risques géopolitiques

Publié le 24/07/2015 à 18:18

Des sources d'information incontournables pour mieux comprendre les risques géopolitiques (source photo: Les Affaires)

ANALYSE DU RISQUE - Implosion du Moyen-Orient, intervention de la Russie en Ukraine, militarisation et tensions en mer de Chine méridionale... L'échiquier mondial sur lequel les investisseurs doivent jouer devient de plus en plus instable et imprévisible, disent les spécialistes.

Aussi, comme l’analyse Zoom sur le monde (qui traite de ces enjeux chaque semaine) fait relâche pour un mois, j'ai pensé partager avec vous - sans prétention - quelques outils pour vous aider à faire votre propre analyse du risque géopolitique.

En quoi consiste l'analyse du risque gépolitique? C'est d'essayer d'évaluer si des décisions, des événements ou des tendances (élections, lois, protectionnisme, terrorisme, guerre, etc.) peuvent avoir un impact négatif sur vos investissements à l'étranger.

Bref, c'est d'analyser leur vulnérabilité, et de voir si cette vulnérabilité peut se traduire en une perte en capital.

Analyser le risque géopolitique représente toutefois tout un défi, car il s'agit d'un risque qualitatif et non pas quantitatif, qui est donc difficilement mesurable contrairement aux risques économiques et financiers.

Vous devez par exemple vous poser ce genre de questions:

-la Russie dirigée par Vladimir Poutine va-t-elle cesser d'intervenir en Ukraine dans un avenir prévisible ?

-Et si ce n'est pas le cas, quel impact cela pourrait-il avoir sur les investissements étrangers en Europe orientale, comme en Pologne ou dans les pays baltes ?

Pas facile de répondre à ces questions, n'est-ce pas ? C'est pourquoi il faut lire beaucoup de choses pour arriver à se faire une idée sur un enjeu précis.

Tout d'abord les sources médiatiques.

Pour comprendre les risques potentiels auxquels vous êtes confrontés, il faut avoir la meilleure information possible. Et, surtout, il faut lire à gauche comme à droite, de manière à vous exposer à tous les points de vue.

Voici les incontournables que je lis assidûment:

- Le Financial Times de Londres (la bible des milieux financiers et politiques internationaux. C'est un quotidien mondial, qui couvre tous les continents)

- The Economist (chaque semaine, ce magazine fait une formidable synthèse de l'actualité politique, financière et économique dans le monde)

- Le Monde (une source d'information unique en français, qui traite des grands enjeux internationaux avec rigueur et profondeur)

- Le Monde diplomatique (ce mensuel est la bible de la gauche mondiale, traduit en plusieurs langues, un média incontournable pour avoir des points de vue alternatifs)

- Foreign Policy (publié six fois par année, ce magazine propose des analystes approfondies sur les grandes tendances mondiales)

- The Globe and Mail (pour ne pas manquer les décisions, les événements ou les tendances à l'étranger pouvant avoir directement un impact sur les investisseurs canadiens, ce que les médias étrangers ne couvrent pas vraiment)

Les médias, c'est bien, les livres, c'est mieux.

On peut difficilement se faire une bonne tête en matière de risque géopolitique sans des notions d'histoire et sans faire un peu de prospective politique et économique.

Aussi, si vous n'avez qu'un livre d'histoire à lire, je vous suggère fortement le classique Naissance et déclin des grandes puissances de Paul Kennedy.

Cet essai publié à la fin des années 1980 vous donnera une perspective historique mondiale sur 500 ans, et un nouvel éclairage sur l'actualité internationale, notamment en ce qui a trait à la renaissance de la Chine (et non pas son émergence, car c'était la première puissance économique de la planète au milieu du 18e siècle. Oui, oui, la première).

Si vous êtes partant (et si vous avez le temps), voici deux autres essais qui vous aideront à mieux cerner les risques géopolitiques potentiels qui pourraient avoir un impact sur vos investissements à l'étranger.

- Superpower: Three Choices for America's Role in the World, le nouvel essai de Ian Bremmer, fondateur et président de la firme new-yorkaise d'analyse politique Eurasia Group.

- Le choc des marchés (When Markets Collide, en anglais) de Mohamed A. El-Erian, l'économiste en chef chez Allianz. Son essai a d'ailleurs gagné en 2008 le prix du meilleur livre d'affaires (Financial Times-Goldman Sachs) dans le monde.

Enfin, les réseaux sociaux peuvent aussi être une source importante d'information, car les spécialistes et les organisations y publient souvent des analyses ou des études inédites.

Je vous suggère quatre comptes Twitter à suivre:

@ianbremmer (Ian Bremmer, Eurasia Group)

@elerianm (Mohamed El-Erian, Allianz)

@ForeignPolicy (on y propose une foule d'analyses sur des enjeux politiques, de la crise en Grèce à l'État islamique en passant par l'accord sur le nucléaire iranien et la politique étrangère de la Russie en Europe).

@CSIS (Center for Strategic & International Studies, un think tank américain qui s'intéresse aux enjeux liés aux relations internationales, au commerce, à la technologie, à la finance, à l'énergie et à la géostratégie).

Bonne lecture, et à bientôt!

 

 

 

 

 

 

 

À propos de ce blogue

Dans son analyse Zoom sur le monde, François Normand traite des enjeux géopolitiques qui sont trop souvent sous-estimés par les investisseurs et les exportateurs. Journaliste au journal Les Affaires depuis 2000 (il était au Devoir auparavant), François est spécialisé en commerce international, en entrepreneuriat, en énergie & ressources naturelles, de même qu'en analyse géopolitique. François est historien de formation, en plus de détenir un certificat en journalisme de l’Université Laval. Il a réussi le Cours sur le commerce des valeurs mobilières au Canada (CCVM) de l’Institut canadien des valeurs mobilières et il a fait des études de 2e cycle en gestion des risques financiers à l’Université de Sherbrooke durant 15 mois. Actuellement, il est inscrit au MBA à temps partiel à l'Université de Sherbrooke. Depuis une vingtaine d’années, François a réalisé plusieurs stages de formation à l’étranger: stage à l’École supérieure de journalisme de Lille, en France (1996); stage auprès des institutions de l'Union européenne, à Bruxelles (2002); stage auprès des institutions de Hong Kong (2008); participation à l'International Visitor Leadership Program du State Department, aux États-Unis (2009). En 2007, il a remporté le 2e prix d'excellence Caisse de dépôt et placement du Québec - Merrill Lynch en journalisme économique et financier pour sa série « Exporter aux États-Unis ».

François Normand