Devenez carboneutre grâce à un biocombustible fait avec de l’écorce

Publié le 18/12/2018 à 17:26

Devenez carboneutre grâce à un biocombustible fait avec de l’écorce

Publié le 18/12/2018 à 17:26

En exploitation depuis deux ans, l’usine de démonstration de Pyrobiom Énergies est en train de démontrer que la biomasse forestière peut être une solution de rechange aux combustibles fossiles. Implantée à proximité de la scierie Parent du Groupe Rémabec, en Mauricie, l’usine pourrait être la première de plusieurs autres. Mustapha Ouyed, directeur technique et développement, viendra présenter le projet lors du Sommet Énergie des Événements Les Affaires, qui aura lieu le 29 janvier prochain à Montréal.


Qu’est-ce que vous fabriquez et comment ?


Mustapha Ouyed : La biomasse forestière est broyée, séchée, puis chauffée à 500 degrés Celsius. Comme le procédé est effectué en l’absence d’oxygène, il n’y a pas de combustion, mais plutôt une décomposition de la biomasse sous l’effet de la chaleur. À la fin, on obtient trois produits : un gaz, un biocharbon sous forme de poudre noire, et l’huile pyrolytique.


Quels en sont les usages ?


M.O. : L’huile pyrolytique est ce que j’appelle du pétrole vert. Elle peut remplacer le mazout utilisé par certaines usines, comme les cimenteries. Elle peut aussi alimenter les centrales qui produisent de l’électricité avec du mazout ou du diesel, comme celle des Îles-de-la-Madeleine. Le biocharbon, lui, est un substitut au charbon. Quant au gaz, il est réutilisé dans notre procédé, mais on pourrait aussi le vendre.


Vous proposez donc une solution pour réduire les gaz à effet de serre ?


M.O. : Si une usine comble 20 % de ses besoins énergétiques par notre huile, elle réduit d’autant ses émissions de GES. Si elle remplace toutes les énergies fossiles qu’elle utilise par notre produit, elle devient carboneutre. Nous avons donc le potentiel d’être un acteur important de la transition énergétique. D’ailleurs, nous avons bénéficié d’un soutien financier du Fonds Vert.


Bannière Sommet Énergie


Vous cherchez d’autres applications pour votre produit, n’est-ce pas ?


M.O. : Notre huile renferme environ 20 % d’eau. Cette eau, qu’on appelle vinaigre de bois, peut stimuler la croissance des plantes. Nous sommes donc en train de développer un procédé pour séparer l’eau de l’huile et en faire un produit à valeur ajoutée. D’autres molécules ont des propriétés pesticides. Si nous parvenons à les extraire, nous valoriserons encore plus la biomasse. De plus, la vente de sous-produits permettrait de maintenir le prix de l’huile pyrolytique à un niveau compétitif. C’est bien beau les biocombustibles, mais s’ils sont plus chers que les combustibles fossiles, il sera plus difficile de réussir la transition.


Existe-t-il d’autres usines comme la vôtre ?


M.O. : Au Canada, une autre usine ontarienne produit de l’huile pyrolytique. Mais elles sont très rares partout dans le monde. Et la nôtre est la seule à traiter l’écorce, en plus de la sciure et des copeaux.


Quelle est la prochaine étape ?


M.O. : Passer à une usine de taille commerciale. Notre étude de préfaisabilité sera complétée bientôt et nous espérons faire une annonce en 2019. À plus long terme, nous souhaitons implanter plusieurs usines à proximité de scieries au Québec, à commencer par celles de Rémabec qui est actionnaire de Pyrobiom Énergies.


À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Chaque semaine, nous discutons avec certains des gestionnaires qui ont accepté d’être conférenciers à nos événements, afin de vous présenter des idées concrètes pour vous aider dans votre réflexion et répondre à vos préoccupations d'affaires.

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