Projet Maxi-Flashfood: la fin de l'épicerie hebdomadaire

Publié le 22/02/2019 à 14:14

Projet Maxi-Flashfood: la fin de l'épicerie hebdomadaire

Publié le 22/02/2019 à 14:14

Ce frigo contient des denrées en fin de vie que Maxi solde quotidiennement sur l'application Flashfood

BLOGUE. Chaque samedi matin, Bob élabore LA liste d’épicerie. Bob, c'est mon conjoint. Il choisit les repas de la semaine et identifie les aliments qu’il faudra se procurer pour les réaliser.


Archi discipliné, il ne déroge pas de LA liste, convaincu que c’est la meilleure façon d’éviter une facture gonflée par des achats impulsifs.


Pauvre conjoint… ce billet va lui apprendre qu’il vit peut-être la fin d’une époque. LA liste d’épicerie hebdomadaire pourrait devenir chose du passé.


Cette semaine, Maxi annonce son association avec l’Ontarienne Flashfood, afin de donner accès aux consommateurs à des denrées alimentaires en fin de vie, en temps réel.


Je m’explique. Le consommateur télécharge l’application Flashfood. Celle-ci lui indique, chaque matin, les denrées en fin de vie disponibles à rabais dans les établissements participants. Vous me direz que les épiceries soldent déjà leurs denrées en fin de vie. Oui mais…


Maxi innove de trois façons


1-Les soldes sont affichés chaque matin sur l’application. Vous accédez à tout ce qui est disponible dans tous les établissements du réseau qui offriront ce service;


2-Vous payez les produits sur-le-champ et vous passez les prendre dans la journée, quand cela vous convient. Vous êtes donc certain que l’aliment que vous souhaitez ne soit pas épuisé;


3-Les soldes sont rassemblés au même endroit, et non disséminés dans tous les départements du magasin: un frigo pour les aliments périssables, et des tablettes pour les autres.


Le consommateur paie Flashfood qui, elle, redirige une partie de la somme vers Maxi.


C’est au Maxi de Longueuil que le premier déploiement a été réalisé. D’ici demain (samedi le 23 février), huit autres épiceries offriront ce service.


Au 28 mars, 113 succursales Maxi et Maxi & Cie et 25 succursales Provigo, l’offriront aussi.



Comment ça se passe concrètement?


C’est au gérant du département des viandes de chaque établissement participant qu’incombe la responsabilité du programme. Chaque matin, il y consacrera entre 30 et 45 minutes. Il doit s’assurer que les produits du jour sont inscrits dans l’application et qu’ils sont placés dans le frigo et sur les tablettes dédiés.


«Nous visons un ratio de 50%, la moitié des produits en fin de vie seront disponibles sur Flashfood pour un préachat. L’autre moitié continuera d’être offerte en magasin pour achats sur place», explique Patrick Blanchette, vp pour la bannière Maxi.


Le soir, les denrées offertes sur Flashfood et non vendues prendront le chemin régulier des aliments en fin de vie: vers les banques alimentaires, lorsque possible, sinon vers les sites d’enfouissement. Ce programme vise la lutte au gaspillage alimentaire, et aux pertes financières qui y sont associées. «Nous espérons réduire considérablement cette dernière avenue grâce à ce nouveau programme», poursuit Patrick Blanchette.


Comment les aliments sont-ils choisis?


Les aliments secs proposés auront une date de péremption de 10 jours ou moins. Quant aux aliments frais, ils afficheront une date de péremption de moins de 48 heures.


L’application proposera aussi des sacs de fruits et légumes : un sac de fruit, un sac de légumes et un sac mixte. Des sacs de cinq livres au coût de 5$ chacun.


Flashfood n’a pas d’entente exclusive avec Maxi. Il est donc possible de voir d’autres enseignes alimentaires adopter la même pratique.


Ce programme d’écoulement des denrées périssables suppose un changement d’habitude chez les consommateurs. Il exige, entre autres, davantage de spontanéité dans la planification des repas. Certains pourraient trouver cette pratique exigeante. Par contre, les économies à la clé pourraient inciter de nombreux foyers à davantage de spontanéité alimentaire!


Alors Bob, en consommation, la spontanéité n'est pas toujours synonyme de gaspillage. ;-)

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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