L'élément clé pour l'avenir du Québec

Publié le 10/03/2014 à 10:44

L'élément clé pour l'avenir du Québec

Publié le 10/03/2014 à 10:44

Dans les prochains jours, vous entendrez bien des déclarations, des promesses et des affirmations concernant le Québec et ses problèmes dans le cadre de la campagne électorale. Un élément ne sera jamais mentionné, même s’il est le plus important selon moi.

Cet élément s’est imposé à moi en lisant un commentaire de Louis Audet, président de Cogeco, dans une récente édition du Journal Les Affaires.

M. Audet mentionne que la moitié des Québécois sont cyniques relativement à l’entreprise privée. Il tire cette affirmation d’un sondage qu’il a lui-même commandé. Piqué au vif par cette affirmation, j’ai communiqué avec son bureau pour qu’on m’envoie une copie de ce sondage.

Et les résultats de ce sondage sont renversants, profondément troublants.

Voici des exemples:

Ainsi, 48% des Québécois sont d’accord avec cet énoncé: «Les entreprises nuisent beaucoup plus à la société qu’elles ne l’enrichissent.» C’est deux fois plus que je l’aurais cru intuitivement.

Aussi, 44% des Québécois se retrouvent dans l’énoncé : «Ultimement, quand les entreprises et les entrepreneurs créent beaucoup de richesse, très peu en rejaillit sur la société.»

Également, 59% des Québécois se retrouvent dans l’énoncé: «Des richesses, il y en a suffisamment chez nous; ce qu’il nous faut, c’est de prendre les moyens pour mieux les répartir.»

Il est facile d’en conclure que dans notre Québec moderne, une personne sur deux croit que l’entreprise privée ne sert pas nos intérêts. Ce qui signifie qu’intuitivement ou par conviction, la moitié des Québécois se tournera vers le gouvernement et l’État pour régler tous les problèmes.

Maintenant, les politiciens vous parleront de long en large des problèmes comme le déficit, la dette, le chômage, les soins de santé déficients et également de leurs solutions. Mais il faut d’abord et avant tout se poser cette question fondamentale: quelle est la cause de nos problèmes?

Car nos déficits chroniques, pour ne prendre que cet exemple, ne sont qu’un symptôme, qu’un résultat de nos valeurs, de notre vision de la société, de notre façon de pensée. Rien de plus. Pour vraiment arriver à une solution, il faut s’attaquer à cette cause fondamentale.

Or, peut-on vraiment y arriver lorsqu’on sait que la moitié de la population ne croit pas à l’entreprise privée? Difficile d’y croire, à mon avis.

L’histoire a démontré la supériorité d’une société basée sur l’entreprise privée. Plus on s’éloigne de ce modèle, plus on descent vers la pauvreté et la misère.

Difficile d’être optimiste à long terme quand aux perspectives québécoise s’il n’y a pas un virage majeur dans nos valeurs.

Y a-t-il un politicien assez courageux pour s’attaquer directement à cet élément clé pour notre avenir? Permettez-moi d’en douter.

Bernard Mooney

P.S. M. Audet propose dans son commentaire d’instaurer un cours d’économie domestique, obligatoire au niveau secondaire dans toutes les écoles du Québec. C’est une très bonne idée, mais est-ce suffisant? BM

 

À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney

Blogues similaires

Canada Goose : le coup de froid

Édition du 26 Janvier 2019 | François Pouliot

CHRONIQUE. Le Canada a bon nom à l'étranger. Utilisons-le pour tenter de donner du levier à nos produits. Bonne ...

Retarder la gratification immédiate en Bourse

BLOGUE INVITÉ. En ces temps de gratification instantanée, l'art de retarder la gratification se perd tranquillement.

Un rebond technique prévu après une cassure aussi violente

BLOGUE. Certains signaux extrêmes pointent vers un rebond-réflexe, selon un analyste.