Votre ménage du printemps... en trois coups de balai

Publié le 05/05/2012 à 00:00

Votre ménage du printemps... en trois coups de balai

Publié le 05/05/2012 à 00:00

Par Dominique Beauchamp

La fièvre du printemps vous donne envie d'entreprendre de grands travaux ? Le moment est propice pour rafraîchir votre portefeuille de fonds. Pas question de tout chambouler en fonction de la conjoncture. Quelques ajustements peuvent être judicieux. Voici les suggestions de sept experts.

1. Privilégiez les actions, allégez les obligations

Après 30 ans de marché haussier pour les obligations et des taux à des niveaux plancher historiques, le moment est bien choisi de réduire la part qu'occupent les obligations en portefeuille, au profit des actions. «Il est temps d'encaisser des bénéfices dans les obligations», affirme Fabien Major, président de Major Gestion d'actifs.

«Les investisseurs recherchent encore la sécurité des fonds d'obligations, parce que les souvenirs de la crise de 2008 sont encore frais. Leurs rendements passés les sécurisent. Le danger est là», dit Raphaël Hainault, conseiller à la Financière des professionnels.

Michel Marcoux, président d'Avantages Services financiers, sensibilise ses clients aux risques méconnus des obligations. «Non seulement le rendement que procurent les intérêts versés par ces obligations est anémique, mais la valeur du capital investi dans les obligations pourrait aussi baisser si les taux remontent éventuellement.»

Pas question de tourner le dos complètement aux obligations, nuance toutefois Dan Hallett, vice-président, de HighView Financial Group. Selon lui, tout portefeuille diversifié devrait en contenir.

Les obligations peuvent encore jouer un rôle de stabilisateur de portefeuille, car elles procurent une source de revenu stable et leur valeur fluctue dans le sens inverse des actions, explique M. Hallett. Depuis la crise, les obligations s'apprécient lorsque l'économie vacille ou lorsque les actions reculent.

«Il y a néanmoins plusieurs raisons de réduire leur poids en portefeuille à long terme. Cette catégorie d'actif fait très bien depuis très longtemps, et les chances sont élevées que les taux remontent un jour et affaiblissent la valeur marchande des obligations», souligne M. Hallett. Sans aucune hausse des taux, les intérêts anémiques que versent actuellement les obligations sont insuffisants pour satisfaire les objectifs de rendement et préserver le pouvoir d'achat des investisseurs. Après inflation et impôts, elles procurent un rendement négatif.

Guy Daigneault, gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale, réduit la part des fonds d'obligations d'une proportion qui varie de 5 à 10 %. Il transfère ensuite ce poids aux actions, en fonction de la tolérance au risque de chaque investisseur. Ainsi, un investisseur qui aurait pour balise 45 % dans les fonds à revenu fixe passe à 40 %.

2. Faites plus de place aux fonds américains et mondiaux

En plus d'accorder davantage de place aux fonds d'actions, plusieurs conseillers allouent aussi plus de capital aux fonds d'actions américaines ou mondiales.

«En raison de notre dollar fort, qui augmente le pouvoir d'achat de l'investisseur canadien, ça vaut la peine d'aller voir à l'étranger avec des fonds d'actions américaines ou mondiales», fait valoir M. Marcoux.

Raphaël Hainault abonde dans le même sens. «La vigueur du huard nous incite à consacrer la moitié des actions aux fonds d'actions étrangères, en particulier américaines.»

La Bourse américaine a doublé depuis son creux historique de mars 2009, mais elle en a arraché longtemps avant de rebondir après 2009, note-t-il. «Il ne faut pas attendre que tout soit déjà rose pour acheter. Il y a encore plein de secteurs à la traîne dans ce marché», observe M. Marcoux.

M. Daigneault accroît aussi la part qu'occupent les fonds d'actions américaines, et ce, de deux façons. Si un investisseur a de 30 à 35 % de son portefeuille dans les fonds d'actions canadiennes, le gestionnaire diminue cette pondération à 25 % et redistribue ce capital aux fonds d'actions américaines.

Si un investisseur a déjà la part souhaitée de 25 % de son portefeuille en fonds d'actions canadiennes, M. Daigneault n'y touche pas. Par contre, il augmente de 12,5 % à 20 % la proportion qu'occupent les actions américaines en réduisant la part qu'occupent les fonds des pays émergents.

Le reste du portefeuille d'actions, soit 12,5 %, se compose de fonds d'actions internationales (qui investissent hors de l'Amérique du Nord). «On peut voir cet ajustement comme un moyen d'encaisser ses gains au Canada, après une décennie de rendements supérieurs», explique M. Daigneault.

Si un investisseur n'est pas à l'aise d'accorder une plus grande place aux actions, M. Daigneault suggère d'investir de 5 à 10 % du portefeuille dans des fonds américains d'obligations de sociétés de qualité. «Ces fonds à revenu fixe sont une façon de profiter de la croissance américaine, avec moins de volatilité que les actions, dit-il.

Pour les investisseurs qui ne veulent pas avoir à gérer la répartition géographique de leurs fonds d'actions entre le Canada, les États-Unis et les autres marchés, M. Marcoux préconise les fonds mondiaux. «J'aime laisser au gestionnaire toute la latitude de choisir où il veut investir en fonction des occasions qu'il y trouve.»

Pour sa part, M. Hallett a toujours une préférence pour les fonds mondiaux. «Plutôt que de tenter de répartir lui-même ses fonds géographiquement, l'investisseur moyen devrait faire appel aux fonds d'actions les plus diversifiés, gérés par des chasseurs de titres. Il sera ainsi nettement mieux servi.»

3. Armez vos obligations

Les conseillers ne font pas que réduire la part qu'occupent les obligations au minimum des bornes de chaque client, mais ils complètent un noyau de fonds d'obligations à court terme avec d'autres fonds.

Ces deux stratégies ont un double objectif : atténuer l'impact d'une éventuelle remontée des taux d'intérêt et relever un peu le rendement de cette portion du portefeuille. Par exemple, à l'intérieur de la part de 40 % consacrée aux fonds à revenu fixe, M. Daigneault consacre de 5 à 10 % aux fonds d'obligations à haut rendement, à l'aide notamment du Fonds Fidelity titres américains à rendement élevé.

Fabien Major, de Major Gestion d'actifs, consacre la moitié de la part des obligations aux fonds d'obligations de sociétés, pour les investisseurs qui placent leur capital à long terme.

«L'investisseur obtient un rendement de 2 à 3 % de plus sur ses obligations, sans s'exposer à de grands risques», fait valoir M. Major.

Les sociétés ont de meilleurs bilans que bien des gouvernements. Les risques de défaillance sont donc modestes.

De plus, le rendement supérieur que procurent les intérêts versés par les obligations de sociétés rend ces fonds un peu moins sensibles à une hausse des taux.

Pour sa part, Michel Marcoux fait appel aux fonds d'actions privilégiées et aux fonds hypothécaires pour améliorer les revenus des clients qui doivent conserver une part plus importante de leur portefeuille en obligations. Ces fonds complètent le coeur des obligations qui est investi dans les fonds d'obligations à court terme de TD et de Fidelity.

«Pour les clients qui détiennent des fonds hors de leur régime d'épargne-retraite, les dividendes privilégiés versés par les grandes sociétés canadiennes sont une source de revenus moins imposés», explique-t-il.

Le Fonds Omega actions privilégiées, le préféré de M. Marcoux dans cette catégorie, a procuré un rendement de dividende de 5 % au cours des 12 derniers mois.

Quant au Fonds d'hypothèques Banque Nationale, il procure un revenu courant de 3,5 %, soit 1 % de plus que l'indice obligataire canadien DEX. Les titres de ce fonds ont une échéance de 3,5 ans, plus courte que celle de 6,1 ans de l'indice Revenu fixe canadien Morningstar, représentant la catégorie des fonds d'obligations.

POURQUOI RÉÉQUILIBRER ?

Rééquilibrez votre portefeuille de fonds périodiquement plutôt que de régler vos placements en fonction de l'humeur des marchés. Voilà ce que de nombreux experts recommandent aux investisseurs.

Pour la plupart, un remaniement une fois l'an convient. Autre raison d'intervenir ? Lorsque des mouvements brusques de marché déséquilibrent le portefeuille par rapport au plan de match initial ou encore lorsque la situation financière personnelle change.

«Rien ne sert de bouger pour bouger. Faire en sorte que le portefeuille respecte ses balises tous les 9 à 15 mois suffit amplement», recommande Ian Gascon, président de Placements Idema.

Ainsi, si une chute de la Bourse diminue la part qu'occupent les actions en portefeuille par rapport au barème établi dans la politique de placement, il convient de redonner aux fonds d'actions leur proportion d'origine. De cette façon, le portefeuille retrouve la répartition initiale établie en fonction des objectifs financiers et de la tolérance au risque de l'investisseur.

«Le rééquilibrage impose à l'investisseur la discipline de vendre ce qui s'est apprécié fortement et d'acheter ce qui a chuté», dit David Paterson, président de Paterson & Associates et éditeur de la lettre Top Funds Report.

Cette pratique diminue aussi les fluctuations du portefeuille à long terme et peut en améliorer les rendements, ajoute-t-il. L'investisseur évite ainsi le piège d'investir sous le coup de l'émotion, c'est-à-dire de fuir les actions quand elles baissent et d'en acheter lorsque la Bourse a déjà grimpé. Le rééquilibrage est également préférable au fait de tenter de prévoir quel placement procurera le meilleur rendement futur.

C'est aussi un outil de gestion du risque. Des réajustements annuels peuvent aplanir les hauts et les bas d'un portefeuille au fil du temps, en limitant l'influence d'un fonds ou d'une catégorie de fonds sur les rendements.

Quand bouger

Lorsqu'un fonds, une catégorie de fonds ou une catégorie d'actif dévie de 30 % de ses balises, préconise M. Paterson. Ainsi, si les fonds d'actions comptent pour 35 % du portefeuille, alors que leur pondération à l'origine était de 50 %, l'investisseur comble la différence en achetant des parts de fonds d'actions ou encore en se déplaçant vers des fonds d'autres catégories d'un même fournisseur.

Raphaël Hainault, conseiller à la Financière des professionnels, effectue des modifications lorsque la répartition des différentes catégories de fonds en portefeuille dévie de 10 % des balises d'origine. Ainsi, si la part des obligations est passée de 40 à 50 % d'un portefeuille au fil des rendements des dernières années et que le plan de match prévoit une répartition de 40 %, l'investisseur recalibre le portefeuille en ramenant la part des obligations à 40 %.

«Parfois, les mouvements de marchés rééquilibrent le portefeuille d'eux-mêmes», note pour sa part Ian Gascon, d'Idema. La Bourse américaine a doublé depuis le creux de mars 2009, mais les obligations ont aussi procuré de bons rendements depuis la crise.

«Il faut éviter les transactions inutiles qui déclenchent des gains en capital imposables ou des commissions», dit Raymond Kerzérho, directeur de la recherche de PWL Capital, qui bâtit des portefeuilles à l'aide de fonds négociés en Bourse. Dans le cas des FNB, chaque achat ou vente de parts suscite des commissions de courtage. D.B.

dominique.beauchamp@tc.tc

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