Et si Air Canada disparaissait?

Publié le 04/05/2012 à 10:19, mis à jour le 04/05/2012 à 10:19

Et si Air Canada disparaissait?

Publié le 04/05/2012 à 10:19, mis à jour le 04/05/2012 à 10:19

(Article publié à l'origine dans l'édition papier du journal Les Affaires du 24 mars 2012)

Et si, de guerre lasse, le gouvernement tournait le dos à Air Canada et la laissait, pour une fois, se dépatouiller seule avec les soubresauts de son industrie... Le transporteur aérien disparaîtrait, conviennent les spécialistes du secteur à qui nous avons posé la question. Qu'adviendrait-il alors ?

Selon Jacques Roy, professeur spécialisé en transport et logistique à HEC Montréal, pas grand-chose. «Le Canada n'a pas nécessairement besoin d'Air Canada», admet-il d'emblée.

Air Canada occupe actuellement 55 % de l'offre de sièges sur le marché des vols intérieurs (au Canada), 36 % sur celui des vols transfrontaliers (vers les États-Unis) et 37 % sur celui des vols internationaux (toutes autres destinations). 

«Sa part est grande, il n'y a pas de doute. Mais dans le lot, il y a certainement des liaisons rentables. Il n'y a pas de raison qu'en cas de faillite d'Air Canada, un autre transporteur bien géré ne parvienne pas à tirer des profits de la reprise de ces liaisons.» 

Une disparition «inévitable» 

L'ex-analyste financier Jacques Kavafian est du même avis, convaincu qu'avec ou sans l'aide du gouvernement, Air Canada est appelée à disparaître. «C'est inévitable.»

En théorie, c'est peut-être vrai. En pratique, par contre, c'est une tout autre histoire, prévient avec force Barry Prentice, professeur spécialisé en transport aérien de l'Université du Manitoba.

«Si une faillite survenait aujourd'hui, le pays serait plongé dans un chaos économique, dit-il. Avec plus de 50 % des liaisons intérieures, Air Canada est trop important pour que l'arrêt soudain de ses activités n'ait pas de conséquences importantes.»

Ce dernier explique que les choses seraient différentes si les portes étaient ouvertes à la concurrence internationale, comme l'Australie l'a fait en permettant à certaines sociétés étrangères d'offrir des liaisons intérieures.

«Mais dans le contexte réglementaire actuel, où le gouvernement a protégé le marché intérieur, on se retrouve avec un transporteur dominant (Air Canada). [Il est] comme certaines banques, devenu trop gros pour les laisser tomber.»

À moins que la disparition de cet acteur se fasse graduellement, au cours d'une période de transition, ce qui est à peu près irréaliste. «Il est surtout là le problème : la nécessaire transition, dit le professeur. C'est comme tenter de procéder à une opération cardiaque sur un marathonien sans l'interrompre dans sa course. Comment s'y prend-on, sans rien casser ? [On comprend facilement] que les gouvernements préfèrent toujours accommoder Air Canada, plutôt que déclencher sa mort.» MARTIN JOLICOEUR

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