Crise ou pas, il reste de bonnes occasions d'affaires

Publié le 28/02/2009 à 00:00

Crise ou pas, il reste de bonnes occasions d'affaires

Publié le 28/02/2009 à 00:00

Le temps n'est pas aux réjouissances, ce qui ne veut pas dire que tout le monde a le visage long.

J'en ai eu un bel exemple à Vision PDG, une rencontre annuelle organisée par l'Association québécoise des technologies, qui réunissait du 19 au 21 février une centaine de dirigeants de PME québécoises oeuvrant en technologies de l'information et des communications (TIC).

Évidemment, ils sont inquiets. Tous les gens d'affaires le sont. Ce genre de crise survient une fois par siècle, et il faudrait être bien présomptueux pour se croire à l'abri de la tourmente.

Mais les pdg d'entreprises en TIC sont d'une race à part. Leur marché est souvent planétaire et ils ont la couenne dure, ayant survécu au début des années 2000 à l'éclatement de la bulle techno, qui a soufflé bien des illusions. Ceux qui ont survécu sont plus aguerris.

C'est pourquoi ils écoutaient attentivement Jean-Paul David, associé chez Raymond Chabot Grant Thornton, qui présentait un guide pratique en cette période de resserrement du crédit. Il rappelait que, plus que jamais, les liquidités sont reines, et qu'il convient de bien cultiver les liens avec son banquier pour éviter d'être pris au dépourvu.

C'est clair. Les rappels de marge sont devenus fréquents et la planète est en train de se diviser en deux camps : ceux qui sont très endettés et ceux qui le sont moins. L'octroi de nouveaux prêts se raréfie, tout comme les refinancements.C'est d'autant plus frustrant que les banques centrales ont sabré dans leurs taux directeurs, les abaissant à des niveaux records, pour relancer le crédit. Mais si le banquier ne veut rien savoir...

De là l'avantage des entreprises qui ont pu maintenir un bilan solide. Or, les PME souffrent de sous-capitalisation chronique... à moins d'avoir tiré des leçons du passé. Dans le secteur des technologies, la débâcle du début des années 2000 a peut-être contribué à aiguiser la prudence des dirigeants. Certains ont su conserver un bon trésor de guerre.

Ils sont alors bien placés pour tirer profit d'un des conseils de Jean-Paul David : "Restez à l'affût des bonnes affaires."

Deux facteurs rendent la période actuelle avantageuse pour ceux qui ont les dents longues. Des entreprises vulnérables apparaissent sur le marché et le manque de liquidités restreint la concurrence, puisque les difficultés de financement contraignent certains soupirants à rester sur les lignes de côté.

Parallèlement, le secteur des TIC souffre depuis quelques années d'une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée. Le malheur des uns fait le bonheur des autres : les travailleurs compétents victimes des fermetures d'entreprises peuvent donner un bon coup de pouce aux employeurs qui doivent garnir leur effectif. En haute technologie, la compétition est mondiale et une percée significative peut faire le tour de la planète. Or, ce sont les cerveaux, alliés à un plan de match efficace, qui font la différence.

Combien des dirigeants présents à Vision PDG seront encore en poste l'an prochain ? Impossible à prédire. Mais si l'attitude augmente au départ les chances de succès, je suis prêt à parier que la plupart d'entre eux seront en mesure de se retrouver pour discuter de leur métier et des occasions nouvelles dans une économie en progression...

La Caisse : l'heure des comptes

Maintenant qu'on vient de confirmer l'ampleur de la perte subie par la Caisse de dépôt et placement, l'heure est venue de faire le ménage : pas tant parmi les dirigeants que dans les pratiques et les mandats.

Au nombre des questions à poser :

> Faut-il maintenir la double mission de la Caisse, équivoque et difficile à remplir ?

> Est-il possible d'éliminer la culture de la prime au rendement sans perdre par ricochet les incitatifs à se surpasser ?

> Comment peut-on raffermir la composition et l'influence du conseil d'administration ?

> Comment devrait-on encadrer la gestion du risque ?

> Quel blâme doit-on adresser aux anciens dirigeants, à supposer qu'on en arrive là ?

> Quel sera le sort des régimes touchés et faudra-t-il envisager des hausses de cotisation ?

> Est-il temps de revoir le monopole de la Caisse face à ses déposants ?

> Et comment s'assurer que les gouvernements lui fichent la paix tout en veillant aux intérêts des Québécois ?

À mon avis, cette dernière questions est capitale. La Caisse est un actif trop précieux pour servir des volontés politiques partisanes. En même temps, il est risqué de laisser le champ libre aux seuls financiers.

De beaux débats en perspective...

rene.vezina@transcontinental.ca

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