Un million de paires d'espadrilles dans cinq ans

Publié le 12/01/2013 à 00:00, mis à jour le 19/09/2013 à 14:19

Un million de paires d'espadrilles dans cinq ans

Publié le 12/01/2013 à 00:00, mis à jour le 19/09/2013 à 14:19

Avec les chaussures qu'il veut commercialiser, Mathieu Raymond se battra contre les Adidas, Nike et New Balance de ce monde. Qu'à cela ne tienne, le jeune homme de 25 ans est convaincu qu'une fois la première paire achetée, le client lui sera gagné.

«Comme il aura le choix de tout et sera sûr d'être à l'aise, il ne voudra plus autre chose et reviendra.» L'argument de ce spécialiste du 800 mètres : offrir une chaussure à la fois personnalisée et sur mesure.

Personnalisée, parce que le client aura le choix du modèle, de la couleur, de l'épaisseur et du fini de la semelle, ainsi que de la couleur des lacets, pour un total de plus de 250 combinaisons possibles. Sur mesure, parce qu'une semelle intérieure, moulée selon l'empreinte du client, y sera glissée.

Fraîchement diplômé en administration de l'Université Laval, qu'il a représentée lors des quatre derniers championnats nationaux universitaires, Mathieu Raymond multiplie les rencontres depuis qu'il a choisi de se consacrer à temps plein à son projet, à la fin de septembre. «Je crois qu'on n'a pas le choix d'y aller par contacts [pour se lancer en affaires]. Je rencontre donc le plus possible de gens en mesure de me mettre en relation avec des partenaires ou de me donner des trucs.»

En ce moment, il finalise une entente pour le développement des semelles sur mesure avec la montréalaise Vis Motus, spécialiste des orthèses ; la production devrait être possible dès le printemps. Il a aussi ciblé une firme de design industriel, mais préfère attendre encore un peu avant d'entamer des discussions sérieuses.

Pour l'heure, il fait surtout des pieds et des mains pour trouver un entrepreneur établi désireux de le guider dans les méandres de la sous-traitance à l'étranger (pour les pièces des chaussures, assemblées ensuite localement). «Je n'ai pas la prétention d'avoir les contacts et les connaissances pour importer d'Asie, mais j'ai bien l'intention de les trouver.» Il espère trouver de l'aide dans son réseau de contacts élargi, comme auprès du dirigeant d'une entreprise de vêtements avec qui il avait rendez-vous le jour de notre rencontre, ou Louis Garneau, qu'il espère atteindre grâce à une relation. «J'ai des gens prêts à passer une commande. Tout ce qui me manque, c'est un sous-traitant pour les pièces.»

Outre la production, le plus grand défi de l'entreprise, estime son fondateur, sera de changer les moeurs des consommateurs. Plutôt que de repartir immédiatement avec leurs chaussures, les clients devront attendre cinq jours ouvrables. «Mais je crois que les gens sont prêts à attendre pour un produit de qualité.» Quant aux marchands, ajoute-t-il, ils y gagneront, puisque le client viendra deux fois.

Conscient des défis

Il reste que, s'il entend déployer tous les efforts possibles, Mathieu n'entend pas s'acharner inutilement. «Si je ne suis pas plus avancé ou très peu dans un an, je me trouverai un emploi ou ferai autre chose. J'ai assez confiance, par contre, que ça n'arrivera pas.»

Le coureur de 25 ans en est déjà à sa troisième aventure entrepreneuriale. À 16 ans, il reprenait l'entreprise de récupération de palettes de bois de son père - «qui aurait été un excellent entrepreneur s'il n'avait pas été salarié par ailleurs.» Constatant le potentiel limité de croissance, il a cessé ces activités quatre ans plus tard.

Quelque temps plus tard, encore étudiant, il a créé le Défi des Kings. Cette course à obstacles, tenue au mont Sainte-Anne à l'automne, comptaient 200 participants en 2011, puis 600 en 2012. «Je ne me suis jamais demandé ce que je voulais faire dans la vie, mais quand je regarde tous les projets et les événements que j'ai organisés par le passé, je pense que je suis fait pour être entrepreneur.»

En plus, dit-il, le moment est idéal pour concrétiser ce projet auquel il réfléchit depuis quatre ans. En couple avec une fille qui l'appuie totalement, il n'a pas d'enfant et est habitué à un train de vie modeste. «Ce qui m'inquiète le plus, c'est le temps que ça prendra pour développer tout ça. J'aimerais tellement vendre ma chaussure demain matin !»

SES OBJECTIFS

Fin 2013

«Au moins 5 000 personnes porteront mes produits. Cela me permettra de vérifier que leur qualité répond aux attentes avant de vendre à plus grande échelle.»

Dans 5 ans

«Mes chaussures de sport seront vendues partout en Amérique du Nord, certainement. Mon entreprise devrait alors compter trois usines, pour une production annuelle d'un million de paires.»

À lire, également:

Page d'accueil de notre dossier «En 2013, ils entreprennent »

Nous ferons le point sur les projets de nos entrepreneurs cet hiver.

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