Un centre de traitement de données en vue, annonce le ministre Marceau

Publié le 01/12/2012 à 00:00, mis à jour le 29/11/2012 à 09:17

Un centre de traitement de données en vue, annonce le ministre Marceau

Publié le 01/12/2012 à 00:00, mis à jour le 29/11/2012 à 09:17

En plus du projet IFFCO pour l'usine d'engrais d'un milliard de dollars à Bécancour, un projet géant de centre de traitement de données pourrait se concrétiser grâce au nouveau congé fiscal de 10 ans (C2I) créé par le gouvernement Marois pour attirer des investissements majeurs.

À l'échelle mondiale, très rares sont les investissements de 300 millions de dollars et plus dans ce secteur d'activité, mais le nouvel environnement fiscal pourrait aider le Québec à marquer des points.

«Oui, il y a des projets de cette nature dans le collimateur, a confirmé avec un sourire entendu le ministre Marceau, en entrevue avec Les Affaires. En tant que tel, un lieu de stockage de données, c'est beaucoup de capital à investir et pas tant d'emplois, mais une fois que vous l'avez, ça devient très attirant pour d'autres acteurs.»

Le ministre Marceau a bon espoir d'ici trois ans d'obtenir des résultats aussi bons que dans la première version du congé fiscal. Offert de 2001 à 2003 sous le précédent gouvernement péquiste, ce congé fiscal avait fait débloquer 14 projets d'envergure et généré 7 700 emplois.

Pour créer davantage de richesse au Québec, le titulaire de l'Économie et des Finances compte par ailleurs sur l'apport de la future Banque de développement économique du Québec (BDEQ), qui doit redonner du pouvoir aux régions.

«On veut une vision régionale du développement, a précisé le député de Rousseau, dans Lanaudière. Chaque région pourra décider de l'attribution des fonds qui lui sont dévolus, et ce sont les acteurs économiques de la région qui vont s'assurer des grandes orientations.»

La BDEQ, qui regroupera le réseau de l'ancien MDEIE et Investissement Québec, gérera un fonds d'au moins 500 M$ annuellement. Les Centres locaux de développement, qui sont aussi nombreux que les MRC dans chaque région, seront arrimés à la nouvelle banque, mais l'information détaillée reste à venir dans le projet de loi qui doit la constituer.

Le mandat de la Caisse de dépôt et placement, que le programme du Parti québécois prévoyait réviser pour rehausser son rôle de soutien au développement, fait actuellement l'objet de discussions avec le président Michael Sabia. Nicolas Marceau dit ne pas vouloir imposer de quotas d'investissements dans les entreprises québécoises, mais clairement, il souhaite que la Caisse soit un outil de développement, ce avec quoi M. Sabia est parfaitement à l'aise, dit le ministre.

«La façon dont ça va s'articuler à la Caisse, nous sommes en train d'y travailler [...] Quand la discussion sera terminée, je serai prêt à en parler publiquement, mais je n'en suis pas là.»

BUDGET : DÉGONFLER LES «BALLOUNES»

Pour combler le trou anticipé de 1,6 G$ dans les finances de l'État québécois, pour l'exercice en cours, Nicolas Marceau a exigé le respect des cibles de dépenses prévues par le précédent gouvernement. La Santé et l'Éducation, surtout, s'en éloignaient.

«Il y en a qui étaient partis sur des "ballounes" dans les dépenses de programmes. Il y avait eu un relâchement», dit le ministre, déterminé à ne pas gonfler le déficit.

Les crédits pour le budget 2013-2014 seront déposés le 6 décembre, avant le vote sur le budget.

Si le PQ estimait auparavant plus pertinent de rembourser une part de la dette annuellement que de garnir le Fonds des générations, Nicolas Marceau s'est ravisé.

«On emprunte à des taux d'intérêt plus faibles en ce moment que les rendements qu'on peut obtenir sur les fonds. Mais si les taux d'intérêt augmentent, ça pourra devenir plus avantageux de décaisser le Fonds», note-t-il.

En faveur de l'indexation de presque tous les tarifs

L'alimentation du Fonds sera diversifiée, notamment par la hausse de taxes sur les boissons alcooliques, qui servira à compenser une augmentation moins lourde des tarifs d'électricité. Au lieu d'un cent du kilowattheure, le prix sera indexé de 0,3 cent sur une période de cinq ans.

«Je n'ai pas de gêne à le dire : je suis favorable à l'indexation de tous les tarifs des services fournis aux citoyens. Il y a une exception pour l'instant, ce sont les garderies. Mme Marois dit qu'on pourra envisager l'indexation des tarifs quand le réseau des CPE sera complété.»

En ce qui concerne les mesures fiscales destinées à retenir les travailleurs âgés au travail, un enjeu important face aux pénuries de main-d'oeuvre liées au vieillissement de la population, le ministre des Finances aurait aimé donner suite aux bonifications des crédits d'impôt prévues par son prédécesseur Raymond Bachand.

«Si j'étais dans un monde d'abondance, je le ferais», souligne M. Marceau, ajoutant qu'il a dû limiter à 1,8% la croissance des dépenses gouvernementales pour boucler le budget 2013-2014.

valerie.lesage@tc.tc

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