«On devrait offrir une carotte pour stimuler le capital de risque» - Sean Brownlee , de Rho Canada

Publié le 10/11/2012 à 00:00

«On devrait offrir une carotte pour stimuler le capital de risque» - Sean Brownlee , de Rho Canada

Publié le 10/11/2012 à 00:00

Selon vous, le taux d'imposition sur le gain en capital en vigueur au Québec est-il un frein à l'investissement en capital de risque ?

Je m'interroge surtout sur les raisons qui expliquent que les fonds en capital de risque américains attirent des investissements en provenance des grandes entreprises, alors qu'au Canada, c'est rarement le cas. Personnellement, je crois qu'on devrait leur offrir une carotte. Par exemple, les gouvernements pourraient offrir des incitatifs aux entreprises. Pour un fonds, compter Bombardier ou CGI, par exemple, parmi ses investisseurs pourrait être un atout précieux. Le fonds peut avoir accès à l'expertise et au réseau de contacts à l'international de l'entreprise qui, en échange, obtient un accès privilégié à des start-ups qui développent des technologies dont elle pourrait avoir besoin.

Lorsque vous étiez à Boston, vous investissiez personnellement dans des entreprises en démarrage. Qu'est-ce qui empêche les associés comme vous de faire de même à Montréal ?

Les risques associés à ce type d'investissement sont très élevés. Par exemple, sur 20 investissements que fait un fonds comme Rho, il y en a à peine deux qui réussiront. Avec les 18 autres, il faudra se contenter de ne pas perdre d'argent. Dans le cas d'un particulier, les risques sont encore plus élevés. Je ne sais pas s'il y a un lien direct, mais c'est vrai que les associés dans les fonds américains ont tendance à investir davantage personnellement. On peut dire la même chose des anges financiers, qui sont beaucoup moins nombreux au Canada. Selon moi, l'idéal serait de ne pas imposer les gains en capitaux issus d'investissements en capital de risque.

Les gouvernements du Québec et du Canada ont investi dans des fonds en capital de risque afin de stimuler la création de start-ups. Pourquoi nombre d'entre elles s'en vont malgré tout aux États-Unis ?

Chez Rho Canada, nous préférons garder près de nous les dirigeants des entreprises dans lesquelles on investit. Cette préférence est d'ailleurs généralisée parmi les fonds. Là où il y a peut-être un manque, c'est pour les tours de financement B et C, lorsqu'une entreprise a des revenus de trois ou quatre millions de dollars et qu'elle a besoin de financement pour passer à la prochaine étape. Ce vide fait en sorte qu'on doit travailler avec des fonds américains, comme Kleiner Perkins, avec qui on collabore afin de soutenir la croissance de nos start-ups. Ces collaborations sont positives pour les start-ups canadiennes, mais c'est sûr que nous aimerions aussi travailler avec des fonds canadiens prêts à occuper ce créneau.

CV

Nom : Sean Brownlee

Titre : Associé général chez Rho Canada

Âge : 42 ans

Titulaire d'un MBA de l'Université Carleton, M. Brownlee a 15 ans d'expérience dans l'industrie du capital de risque, dont 10 ans à Boston, où il a notamment été vice-président de JMH Capital. Il a également occupé le poste d'investisseur chez Exportation et développement Canada, à Ottawa.

2,27 G$

Les entreprises américaines, en excluant les investisseurs institutionnels, ont investi plus de deux milliards de dollars américains en capital de risque en 2011. C'est 7,7 % du capital de risque investi cette année-là.

Source : National Venture Capital Association

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