«Nous n'avons pas les moyens de nous payer une rente de longévité»- Christian Bélair, du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec

Publié le 17/08/2013 à 00:00

«Nous n'avons pas les moyens de nous payer une rente de longévité»- Christian Bélair, du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec

Publié le 17/08/2013 à 00:00

Le 20 août, vous présenterez la position de votre organisation en ce qui concerne le rapport D'Amours sur l'avenir de notre système de retraite. Sur quels points allez-vous insister ?

D'abord, sur les clauses orphelin. Nous sommes étonnés et déçus que le rapport D'Amours n'en fasse pas mention. Ces clauses peuvent faire en sorte, par exemple, qu'à partir d'une date donnée, les nouveaux employés, souvent des jeunes, qui seront embauchés dans une entreprise auront un régime de retraite différent - forcément moins généreux - que les employés comptant plus d'ancienneté. On voit de plus en plus souvent de telles clauses lorsqu'un régime à prestations déterminées est transformé en régime à cotisations déterminées. Ces clauses sont inéquitables; il faut clarifier la Loi sur les normes du travail pour les interdire.

Est-ce le seul point du rapport D'Amours avec lequel vous êtes en désaccord ?

Non, le fait que le document n'aborde pas l'âge de la retraite nous déplaît également. Dans la plupart des pays occidentaux, le report de l'âge officiel de la retraite, de 65 à 67 ans par exemple, fait l'objet de débats. C'est logique compte tenu de l'augmentation de l'espérance de vie. D'ailleurs, le Canada a déjà adopté cette mesure. Elle a trop d'impact sur les finances des régimes de retraite pour qu'on n'en parle pas.

Quelles autres questions clés abordez-vous dans votre présentation ?

La question de la capitalisation des régimes nous préoccupe aussi. Le rapport D'Amours dit que toute nouvelle mesure devrait être capitalisée, ce avec quoi nous sommes entièrement d'accord. Il dit aussi qu'il faudrait étudier d'autres mesures, comme mettre fin à l'indexation de la rente de retraite. Là aussi on est d'accord. Mais selon nous, il faudrait aller plus loin et s'inspirer du modèle hollandais des prestations cibles. Ce modèle présente un meilleur partage du risque entre employeurs et employés, car une partie de la rente est garantie, alors que l'autre partie est établie en fonction des rendements des placements.

Le clou du rapport D'Amours est la rente de longévité pour les personnes âgées de 75 ans et plus. Qu'en pensez-vous ?

Cette rente aurait un impact de 0,6 à 0,8 point de pourcentage sur le PIB. Elle aurait donc un impact important sur la croissance économique. C'est pourquoi je ne pense pas que nous ayons les moyens de nous la payer.

CV

Nom : Christian Bélair

Âge : 32 ans

Titre : Président

Organisation : Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec

M. Bélair a été secrétaire général de la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal et président de la Fédération étudiante universitaire du Québec. Il est ensuite devenu président de la plus importante jeune organisation patronale au Québec.

100 G$

Le déficit des régimes de retraite publics du Québec dépasse les 100 milliards de dollars.

(Recherche : Dominique Froment/LesAffaires.com)

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