Le comportement saisonnier de la Bourse canadienne

Publié le 14/09/2006 à 16:21

Le comportement saisonnier de la Bourse canadienne

Publié le 14/09/2006 à 16:21

Personne ne sait avec certitude ce que la Bourse va faire au cours des prochaines semaines, des prochains mois, ou même des prochaines années. Il est quand même intéressant d'analyser le comportement passé des marchés boursiers pour tenter d'identifier des tendances qui ont des chances de se répéter dans l'avenir.


De prime abord, rappelons que les investisseurs détiennent des actions dans leur portefeuille malgré leur grande volatilité, parce qu'ils savent qu'à long terme les actions ont eu un meilleur rendement que les obligations ou l'immobilier.


En économie, la plupart des séries statistiques affichent un comportement saisonnier plus ou moins fort. On aurait pu penser que la Bourse ne suivrait pas des fluctuations saisonnières puisque, si c'était le cas, les investisseurs s'empresseraient de tirer parti de ces fluctuations, ce qui aurait pour effet de les faire disparaître.


Mais, contre toute attente, la Bourse canadienne a effectivement encore un comportement saisonnier.


Le vieil adage "Sell in May and go away" s'avère tout à fait pertinent. Au cours des 25 dernières années, un investisseur qui aurait détenu des actions canadiennes seulement six mois entre mai et octobre aurait eu un rendement de 1 %. Mais celui qui aurait détenu les mêmes actions canadiennes pendant les autres six mois, soit de novembre à avril, aurait obtenu un rendement de 10 %, soit neuf points de pourcentage de plus par période de six mois.


Ce comportement saisonnier pourrait être dû à la forte proportion de titres liés aux ressources naturelles cotés à la Bourse canadienne, puisque l'on sait que les prix des matières premières ont un comportement saisonnier.


Si l'on creuse un peu plus loin toutefois, on s'aperçoit qu'une bonne partie du rendement annuel de la Bourse canadienne depuis 25 ans se trouve concentré sur une période de trois mois seulement : janvier, novembre et décembre.


L'effet de janvier est bien connu pour les titres de petite capitalisation boursière : les petits titres ont tendance à très bien faire en janvier pour des raisons qui sont toujours demeurées un peu mystérieuses. Pour ce qui est de novembre et décembre, bien des analystes expliquent les hausses de ces deux mois par le comportement des gestionnaires institutionnels. Ces derniers auraient tendance à acheter les titres qui ont bien fait durant l'année pour réconforter leurs clients et aussi peut-être pour augmenter leurs chances d'obtenir une prime à la fin de l'année.


Ma propre recherche valide aussi cette hypothèse. J'ai observé qu'un petit nombre de titres très populaires affiche un momentum beaucoup plus puissant en novembre et pendant une partie du mois de décembre.


On se souviendra que le mois de janvier a été le meilleur mois pour la bourse canadienne jusqu'ici cette année. Parions que novembre et décembre seront aussi de bons mois.


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