La recette secrète de la stratégie d'innovation de RSW : les crédits d'impôt

Publié le 14/03/2009 à 00:00

La recette secrète de la stratégie d'innovation de RSW : les crédits d'impôt

Publié le 14/03/2009 à 00:00

Georges Dick carbure à l'innovation. "La recherche-développement est au coeur de nos préoccupations. L'innovation a toujours fait partie de notre culture. On veut être à la fine pointe des technologies dans nos domaines d'expertise. C'est ce qui nous permet de réaliser des projets plus innovateurs et de nous démarquer sur l'échiquier mondial", explique le pdg de RSW, une firme de génie-conseil spécialisée dans l'hydroélectricité et dans les systèmes de transport d'énergie.

M. Dick était toutefois loin de se douter que ses projets de recherche pour améliorer les méthodes de travail étaient admissibles au programme de crédits d'impôt. C'est sa conseillère en fiscalité, Lucie Bélanger, associée déléguée, services fiscaux, chez PricewaterhouseCoopers, qui lui a mis la puce à l'oreille, au début des années 1990. Comme beaucoup d'autres, M. Dick croyait qu'il fallait avoir un laboratoire ou être une entreprise de haute technologie pour avoir droit au crédit d'impôt. "Mme Bélanger nous a fait réaliser que certaines parties de nos projets répondaient aux critères d'admissibilité. On essayait d'améliorer des connaissances avec des solutions technologiques qui n'avaient jamais été utilisées auparavant."

Essaimage

RSW a d'ailleurs développé, il y a une dizaine d'année, des produits novateurs qui utilisent des diodes électroluminescentes pour faire de la signalisation routière. C'est ainsi qu'est née Ecolux, une filiale de RSW, pour fabriquer et commercialiser ces nouveaux produits. Ecolux a vendu pour 50 millions de dollars de ces produits aux États-Unis.

RSW a exploité l'entreprise de 1995 à 2001. "On a eu une offre d'achat qu'on ne pouvait refuser. Ce fut une belle expérience : on a appris les étapes qui conduisent de l'intuition à la réalisation commerciale. Nous avons appris à naviguer dans les méandres du financement d'entreprise en démarrage et des réseaux de distribution. On s'est également intéressé à des aspects de commercialisation et de marketing."

RSW est d'ailleurs en train de répéter l'expérience. Elle compte mettre sur le marché, en 2010, un nouveau produit dans le domaine des énergies renouvelables. RSW y travaille depuis 2003. M. Dick estime qu'à terme, 10 millions de dollars auront été investis dans le projet.

Le programme de crédits d'impôt est très important pour RSW. "Ces crédits influent sur nos décisions d'affaires. Si on cherche à aller plus loin, à trouver des solutions innovantes pour nos clients, c'est parce qu'on sait qu'une partie des coûts est récupérée grâce aux crédits d'impôt. Ce programme nous permet d'être plus audacieux dans le développement de solutions technologiques. Si le gouvernement devait réviser ce programme, ça changerait notre façon de faire des affaires", dit le dirigeant.

Rentabiliser la R-D en exportant

M. Dick souligne qu'il est cependant impensable d'investir dans les technologies et de rentabiliser les projets sur un marché aussi petit que le Canada. "Il faut placer le développement de l'entreprise dans le cadre des marchés mondiaux. Il faut voir comment on peut répondre à ces marchés. C'est de là que vient la croissance. Il est donc important de sortir pour aller voir ce qui se passe ailleurs et réaliser ce qu'on pourrait faire de mieux pour saisir les occasions."

"La décision la plus importante que j'ai eue à prendre lorsque j'ai pris la direction de l'entreprise, en 1997, fut celle d'exporter notre expertise sur la scène internationale. Jusqu'en 2000, l'essentiel de notre chiffre d'affaires était réalisé au Québec. J'ai misé sur le marché international pour assurer la croissance de l'entreprise", souligne l'ingénieur électricien de 49 ans.

L'entreprise de Montréal, fondée en 1970 par quatre ingénieurs, dont Jean-Paul Dick, le père de Georges, exerce aujourd'hui ses activités dans une cinquantaine de pays, dont le Canada, l'Inde, l'Algérie, le Sénégal, le Guatemala et le Viêtnam. Elle réalise 90 % de son chiffre d'affaires à l'extérieur du Canada.

Doubler les ventes

RSW compte 550 employés, dont 250 ingénieurs, et elle embauche. Elle compte six nouveaux employés (ingénieurs et techniciens) depuis janvier.

La société de génie-conseil a participé à plusieurs projets d'envergure. Elle a notamment réalisé l'ingénierie de la centrale hydroélectrique Robert-Bourassa (LG-2), et a contribué à la réalisation de deux autres centrales, Eastmain-1 et Toulnustouc. À l'étranger, RSW s'est illustrée dans le projet de la centrale hydroélectrique de Malana, en Inde, ainsi que dans plusieurs projets de barrages en Algérie.

RSW a doublé son chiffre d'affaires au cours des cinq dernières années, à 50 millions de dollars. Cette croissance enviable découle de la vigueur du secteur de l'hydroélectricité. Facteur auquel Richard Dick ajoute la compétence, l'expérience, la créativité et le professionnalisme de ses employés, la qualité des ouvrages, la maîtrise des technologies, le recrutement des meilleurs ingénieurs et techniciens, la formation continue.

M. Dick prévoit encore doubler la taille de l'entreprise d'ici cinq ans en consolidant sa présence dans ses marchés actuels et en en conquérant de nouveaux. "L'innovation sera le moteur de cette croissance."

Le défi

Poursuivre l'amélioration continue des capacités technologiques et des méthodes de travail, et assurer le développement des ressources humaines pour pouvoir réaliser des projets encore plus complexes.

dossiers@transcontinental.ca

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