La R-D doit prendre de l'altitude

Publié le 13/11/2010 à 00:00

La R-D doit prendre de l'altitude

Publié le 13/11/2010 à 00:00

L'aérospatiale canadienne a conquis une place enviable : cinquième puissance mondiale pour l'ensemble de son industrie (civile, militaire et espace) et troisième, si on ne tient compte que du secteur civil. Cependant, pour se maintenir dans le cercle des meneurs mondiaux, aux côtés des États-Unis, de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni, le Canada devra investir davantage dans la R-D.

" Et il faudra le faire massivement ", ajoute Jacques Saada, président-directeur général de l'Association aérospatiale du Québec et vice-président de l'Association des industries aérospatiales du Canada. " Notre position concurrentielle dépendra de notre capacité à innover. Si nous voulons que cette industrie demeure forte au Canada, c'est par la recherche qu'elle gagnera sa valeur ajoutée. "

De 1994 à 2003, l'industrie canadienne de l'aérospatiale a investi environ 873 millions en moyenne par année dans la R-D, ce qui représentait 8 % de ses ventes. L'an dernier, elle a investi 1,4 milliard de dollars (G$) en R-D, soit environ 6 % de son chiffre d'affaires de 22 G$.

Cela reste insuffisant. Il faudrait envisager des investissements supplémentaires de l'ordre de 4,7 G$ pour rejoindre l'Allemagne ou la France d'ici 2020, selon une étude de Deloitte Canada publiée récemment par l'Association des industries aérospatiales du Canada.

L'industrie employait 78 965 personnes en 2009; elle aurait le potentiel de doubler l'effectif à condition d'investir dans l'innovation et la R-D. Selon les projections généreuses de Deloitte Canada, l'industrie canadienne de l'aérospatiale pourrait procurer de l'emploi à 158 000 personnes, pourvu qu'elle y engage suffisamment de fonds.

" Les efforts doivent provenir tant du public que du privé, dit M. Saada. Le plus gros problème de l'investissement en R-D se situe à l'étape de la démonstration, qui représente la partie la plus coûteuse d'un projet d'innovation, mais la moins bien servie en matière de financement. Il y a un trou noir. "

Environ 70 % des dépenses de l'aérospatiale canadienne en R-D s'effectuent au Québec. Bombardier Aéronautique, Pratt & Whitney Canada et CAE Electronics comptent parmi la vingtaine de firmes canadiennes qui investissent 100 M$ et plus par an dans des programmes de recherche.

Miser sur le personnel scientifique

La dernière enquête annuelle du Comité sectoriel de la main-d'oeuvre en aérospatiale fait état d'une croissance de 2,1 % de l'effectif cette année dans la catégorie du personnel scientifique, qui regroupe, entre autres, les ingénieurs et les informaticiens. Dans cette catégorie, l'emploi devrait croître de 3 % l'an prochain, ce qui portera à près de 10 000 le personnel dans ce domaine, soit un peu moins du quart de l'effectif total de l'industrie québécoise de l'aérospatiale.

Plusieurs projets contribuent à renforcer la position du Québec dans l'espace canadien : le programme de l'avion CSeries de Bombardier, le travail du Consortium de recherche et d'innovation en aérospatiale au Québec, le développement d'un avion vert financé par des fonds publics et privés ainsi que l'activité d'une bonne dizaine de centres publics de recherche et de laboratoires d'essais.

Aux yeux de Serge Tremblay, directeur du Comité sectoriel, le développement de la capacité de recherche et d'innovation constitue la meilleure défense contre l'émergence des pays manufacturiers dans le marché. " Sur le plan de l'assemblage d'aéronefs, nous aurons de plus en plus de difficulté à concurrencer le Mexique et d'autres pays où la main-d'oeuvre est moins chère. Il faudra donc être capable de garder ici la valeur ajoutée en maintenant des équipes d'ingénieurs et de chercheurs à la fine pointe ", dit-il. C'est déjà une réalité. En 2013, Bombardier emploiera jusqu'à 2 000 personnes au Mexique, dans les quatre usines où l'entreprise montréalaise construit des pièces et des composants pour ses avions d'affaires.

70 %

Pourcentage des dépenses de l'aérospatiale canadienne en R-D qui sont effectuées au Québec. Bombardier Aéronautique, Pratt & Whitney Canada et CAE Electronics comptent parmi la vingtaine de firmes canadiennes qui investissent 100 M$ et plus par an dans des programmes de recherche.

dossiers@transcontinental.ca

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